ASTURIES

Les Asturies côté nature : entre océan Atlantique et montagnes sauvages

À l’extrémité nord de l’Espagne, les Asturies offrent un visage bien différent de celui que l’on associe habituellement à la péninsule Ibérique. Ici, les paysages sont verts, les falaises plongent dans l’Atlantique et les montagnes s’élèvent presque directement depuis la mer.

Entre côte sauvage, forêts atlantiques, estuaires, landes et hauts sommets, la Principauté des Asturies constitue l’une des régions les plus intéressantes d’Espagne pour qui aime observer la nature.

C’est aussi un territoire où subsistent certaines des espèces les plus emblématiques de la faune ibérique, notamment l’ours brun, le loup ibérique, le chamois des Cantabriques et le gypaète barbu, tandis que le littoral accueille une remarquable diversité d’oiseaux marins.

Mes carnes de voyage dans les Asturies

Observer les ours dans les Asturies

Situées sur la côte nord de l’Espagne, les Asturies constituent l’une des régions les plus préservées de la péninsule Ibérique. Entre les sommets escarpés de la cordillère Cantabrique, les profondes vallées boisées et les vastes landes d’altitude, ce territoire offre des paysages d’une remarquable diversité. Son climat océanique, plus humide que dans le reste de […]

Une nature façonnée par l’Atlantique

La première impression, lorsqu’on découvre les Asturies, est celle d’une région étonnamment verdoyante. Le climat océanique apporte des précipitations régulières qui favorisent le développement de vastes forêts, de prairies et d’une végétation particulièrement luxuriante. Le paysage est marqué par une succession de vallées encaissées, de collines boisées et de montagnes.

Cette influence atlantique se retrouve jusque sur le littoral. La côte asturienne alterne falaises, plages, criques, landes côtières et estuaires, créant une grande diversité de milieux naturels sur une distance relativement courte.

Pour un naturaliste, cette mosaïque d’habitats est particulièrement intéressante : en quelques jours, il est possible de passer de l’observation des oiseaux marins sur les falaises à celle des grands mammifères dans les montagnes.

Les Picos de Europa : le royaume des montagnes

À l’est des Asturies se dressent les Picos de Europa, l’un des ensembles montagneux les plus spectaculaires de la péninsule Ibérique. Le relief y est particulièrement accidenté : falaises calcaires, gorges profondes, sommets dépassant les 2 000 mètres et pâturages d’altitude composent un paysage spectaculaire.

Le secteur fait partie du Parc national des Picos de Europa, partagé entre les Asturies, la Cantabrie et la Castille-et-León.

C’est notamment le territoire du chamois des Cantabriques (Rupicapra pyrenaica parva), une sous-espèce adaptée aux reliefs escarpés de la cordillère Cantabrique. Avec un peu de patience, les secteurs rocheux peuvent également réserver de belles observations de rapaces. Le vautour fauve, l’aigle royal, le faucon pèlerin ou encore le gypaète barbu font partie des espèces recherchées par les observateurs.

Les Picos de Europa sont aussi un formidable terrain de randonnée. Les sentiers traversent des paysages très différents selon l’altitude, des forêts de feuillus aux pelouses montagnardes et aux falaises calcaires.

L’ours brun cantabrique, symbole de la montagne asturienne

S’il existe une rencontre qui fait rêver les naturalistes dans les Asturies, c’est bien celle de l’ours brun cantabrique.

Les Asturies constituent l’un des principaux bastions de cette population d’ours bruns, qui vit dans les montagnes de la cordillère Cantabrique.

L’ours y fréquente une grande variété de milieux : forêts, landes, prairies et versants montagneux. Son régime alimentaire est très diversifié et varie selon les saisons : fruits, végétaux, insectes, petits animaux ou charognes peuvent entrer dans son alimentation.

Le parc naturel de Somiedo est notamment réputé pour ses possibilités d’observation.

Mais observer un ours demande beaucoup de discrétion et surtout de la patience. Les animaux sont généralement actifs à distance et il est préférable de faire appel à un guide spécialisé plutôt que de chercher à les approcher soi-même.

L’observation responsable est essentielle : l’objectif n’est pas seulement de voir l’animal, mais de pouvoir le regarder sans modifier son comportement.

Le loup ibérique, autre grand prédateur

Autre grand prédateur de la cordillère Cantabrique : le loup ibérique (Canis lupus signatus). Les Asturies constituent l’un des territoires importants pour cette population de loups. L’espèce y occupe principalement les secteurs montagneux et forestiers.

Contrairement à l’ours, le loup est particulièrement difficile à observer. Son comportement discret, ses vastes territoires et son activité souvent crépusculaire ou nocturne rendent les rencontres aléatoires. Sa présence est pourtant essentielle dans les écosystèmes montagnards.

Le loup joue en effet un rôle de prédateur supérieur et participe à la régulation des populations d’ongulés. Sa présence témoigne également du caractère encore relativement sauvage de certains secteurs de la cordillère Cantabrique.

Les forêts atlantiques : une biodiversité discrète

Les Asturies possèdent également de remarquables forêts de feuillus. Hêtres, chênes, bouleaux et châtaigniers composent des paysages très différents des forêts méditerranéennes que l’on rencontre dans le sud de l’Espagne. Ces forêts sont particulièrement intéressantes au printemps et en automne, lorsque l’activité animale est importante.

On peut notamment y rechercher différentes espèces de pics, passereaux forestiers et rapaces, mais aussi de nombreux insectes et champignons.

Les forêts constituent également un habitat essentiel pour les grands mammifères de la cordillère Cantabrique. Le parc naturel de Somiedo, mais aussi les secteurs montagneux de Fuentes del Narcea, Degaña e Ibias, comptent parmi les territoires les plus intéressants pour découvrir cette nature forestière.

Une côte exceptionnelle pour les oiseaux marins

Les Asturies ne se résument évidemment pas à leurs montagnes. Le littoral atlantique constitue un autre terrain d’exploration particulièrement intéressant. Les falaises offrent des sites de reproduction à plusieurs espèces d’oiseaux marins tandis que les estuaires et zones humides constituent des haltes importantes pour les oiseaux migrateurs.

Le cap Peñas, point le plus septentrional des Asturies, est notamment un excellent secteur pour découvrir la côte sauvage et observer les oiseaux fréquentant les falaises et le large.

Selon la saison, il est possible d’y rechercher différents goélands, cormorans, sternes, fous de Bassan ou encore des espèces migratrices de passage.

L’observation en mer peut également réserver de belles surprises : dauphins, marsouins ou autres cétacés fréquentent les eaux du golfe de Gascogne.

Les estuaires : des refuges pour les oiseaux migrateurs

Les estuaires asturiens sont parmi les milieux les plus intéressants pour l’observation ornithologique. La ría de Villaviciosa, notamment, constitue une importante zone humide sur le littoral asturien. Ces espaces à l’interface entre eau douce et eau salée concentrent une grande diversité d’oiseaux. À marée basse, les vasières deviennent de véritables garde-manger pour les limicoles qui viennent y chercher vers, mollusques et petits crustacés.

Selon la période de l’année, on peut notamment rechercher des courlis, chevaliers, bécasseaux, aigrettes, hérons et cormorans.

Pour observer les oiseaux des zones humides, la marée est un élément à prendre en compte : les moments où les oiseaux se concentrent sur les zones encore découvertes sont souvent les plus intéressants.

Une région particulièrement riche en espaces protégés

Les Asturies possèdent un réseau important d’espaces naturels protégés.

Parmi les secteurs incontournables pour un voyage naturaliste :

  • Parc national des Picos de Europa : haute montagne, chamois, rapaces et paysages calcaires.
  • Parc naturel de Somiedo : montagnes, forêts et territoire majeur de l’ours cantabrique.
  • Parc naturel de Fuentes del Narcea, Degaña e Ibias : vastes espaces forestiers et présence de grands carnivores.
  • Parc naturel de Redes : montagnes, forêts et vallées préservées.
  • Ría de Villaviciosa : zone humide majeure pour les oiseaux.
  • Cap Peñas : falaises, landes côtières et observation des oiseaux marins.

Cette diversité permet de construire un séjour très varié, en alternant randonnée, observation des oiseaux, recherche de mammifères et découverte des paysages.

Quand partir dans les Asturies pour observer la nature ?

Les Asturies peuvent se découvrir toute l’année, mais chaque saison possède ses avantages.

Le printemps est particulièrement intéressant pour les oiseaux, les fleurs et l’activité de la faune. Les températures restent généralement agréables pour la randonnée et la végétation est particulièrement spectaculaire.

L’été est la période la plus confortable pour les randonnées en montagne. C’est aussi une bonne période pour explorer les différents milieux naturels, même si les secteurs les plus fréquentés peuvent être très touristiques.

L’automne est probablement l’une des saisons les plus intéressantes pour un naturaliste. Les forêts se parent de couleurs, les fruits sauvages sont nombreux et l’activité des grands mammifères peut être particulièrement intéressante. C’est également la période du brame du cerf.

L’hiver transforme les montagnes asturiennes et permet de découvrir un tout autre visage de la région. Les conditions peuvent cependant devenir difficiles en altitude.

Conseils pour un voyage naturaliste dans les Asturies

Les Asturies se prêtent particulièrement bien à un voyage itinérant.

Pour profiter pleinement de la diversité de la région, il est intéressant de combiner littoral et montagne, plutôt que de rester uniquement autour des principales villes.

Une paire de jumelles est indispensable, notamment pour l’observation des oiseaux marins et des rapaces. Une longue-vue peut être particulièrement utile dans les zones humides et pour rechercher les grands mammifères à distance.

Pour l’ours et le loup, privilégiez les sorties avec des guides naturalistes locaux. Leur connaissance du terrain permet d’augmenter considérablement les chances d’observation tout en respectant les animaux.

Enfin, dans les espaces protégés, restez sur les sentiers lorsque cela est demandé, gardez vos distances avec la faune et évitez toute forme de nourrissage ou d’approche.

Les Asturies, une destination pour les amoureux du sauvage

Ce qui rend les Asturies si fascinantes est finalement moins la présence d’une espèce spectaculaire que la cohabitation d’une multitude de milieux naturels sur un territoire relativement restreint.

En quelques kilomètres, on passe de l’Atlantique aux forêts, puis aux grandes vallées et aux sommets de la cordillère Cantabrique.

C’est cette diversité qui permet d’y observer à la fois des oiseaux marins, des rapaces, des mammifères forestiers et les grands prédateurs ibériques.

Les Asturies offrent ainsi une autre vision de l’Espagne : une Espagne verte, humide et montagneuse, où subsistent encore de vastes espaces sauvages.

Pour qui aime marcher, observer et comprendre la nature, c’est une destination qui mérite largement sa place dans un carnet de voyage naturaliste.