Percé, l’île Bonaventure et son incroyable colonie de fous de Bassan

Percé, l’île Bonaventure et son incroyable colonie de fous de Bassan. À l’extrémité de la péninsule gaspésienne, Percé et l’île Bonaventure forment l’un des paysages les plus emblématiques du Québec.

Face au village de Percé, le célèbre rocher Percé semble émerger du golfe du Saint-Laurent tandis que, quelques kilomètres plus loin, l’île Bonaventure abrite l’une des plus grandes colonies de fous de Bassan au monde. Pour un voyage naturaliste, le secteur est absolument incontournable.

On vient ici pour les paysages, bien sûr, mais surtout pour cette expérience assez extraordinaire : marcher au milieu de dizaines de milliers d’oiseaux marins, observer leurs comportements à quelques mètres seulement et entendre leurs cris résonner sur les falaises.

Le site associe également une histoire humaine riche, une géologie spectaculaire et une biodiversité marine exceptionnelle.

Percé et l’île Bonaventure : un territoire façonné par la mer

Le parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé protège un territoire à la fois terrestre et marin à l’extrémité de la Gaspésie. Son paysage est le résultat de millions d’années d’évolution géologique et de l’action incessante de la mer.

Le rocher Percé, emblème de la région, est constitué de calcaire datant du Dévonien, il y a environ 400 millions d’années. Il renferme notamment de nombreux fossiles.

L’île Bonaventure est quant à elle constituée de conglomérat datant du Carbonifère, soit environ 310 millions d’années. Ces deux formations géologiques très anciennes se trouvent ainsi face à face dans un paysage spectaculaire.

Mais la véritable particularité du site est peut-être la manière dont la géologie, la mer et les oiseaux se sont associés pour créer un écosystème aussi exceptionnel.

Le rocher Percé, symbole de la Gaspésie

Impossible d’arriver à Percé sans être immédiatement attiré par le gigantesque rocher qui se dresse au large. Long d’environ 400 mètres, ce monolithe calcaire possède une arche naturelle spectaculaire, façonnée par l’érosion marine.

Le rocher est aujourd’hui un site important pour les oiseaux marins. Pour cette raison, l’accès au pied du rocher est interdit et il est également interdit de circuler sur ses parois. Cette réglementation vise notamment à protéger les colonies d’oiseaux qui y nichent. Le meilleur moyen de découvrir le rocher est donc de l’observer depuis Percé ou depuis la mer. Et c’est justement depuis le bateau que l’on comprend le mieux son immensité.

L’île Bonaventure et ses 200 000 oiseaux marins

L’île Bonaventure est probablement surtout connue pour sa spectaculaire concentration d’oiseaux marins.

Le parc accueille plus de 200 000 oiseaux nicheurs appartenant à 11 espèces différentes, ce qui en fait un site majeur pour la reproduction des oiseaux marins en Amérique du Nord.

On peut notamment y observer :

  • le fou de Bassan ;
  • le guillemot de Troil (appelé ici le guillemot marmette) ;
  • le guillemot à miroir ;
  • le pingouin torda ;
  • le cormoran à aigrettes ;
  • le goéland argenté ;
  • le goéland marin ;
  • la mouette tridactyle

La diversité est remarquable, mais une espèce domine véritablement le paysage : le fou de Bassan.

Mon carnet de terrain

Après avoir quitté le parc national de Gaspésie, nous arrivons en fin d’après-midi à Percé et installons notre tente au camping du phare. Très bon choix d’ailleurs ! l’accueil est top, la vue sur le rocher percé imprenable, des jeux pour les enfants, et de nombreux oiseaux. Parfait. Nous profitons de la lumière du soir pour admirer la silhouette du fameux rocher qui a fait la célébrité de ce site.

Journée de pluie

Malheureusement, la météo a tourné durant la nuit et c’est sous un ciel bien chargé que nous nous réveillons. Nous gagnons la ville. Mais toutes les sorties en bateau sont annulées aujourd’hui. Il ne nous reste qu’à patienter. Alors on flâne sur la plage en observant les oiseaux marins. Ils sont d’ailleurs nombreux : goélands argentés, goélands marins et goélands à bec cerclés se rapprochent de la plage à la recherche de nourriture.

Un cormoran à aigrettes vient également à proximité pour sa partie de pêche matinale. Le Cormoran à aigrettes (Nannopterum auritum) se distingue du Grand Cormoran (Nannopterum carbo) notamment par sa taille plus petite, son bec plus court et sa gorge jaune-orangé bien visible. En plumage nuptial, de fines aigrettes blanches apparaissent de part et d’autre de la tête. Au Québec, l’espèce a connu une forte expansion depuis les années 1970 : les effectifs nicheurs de l’estuaire et du golfe sont passés d’environ 22 000 couples en 1988-1990 à près de 28 000 en 2016. Cette progression s’explique notamment par une meilleure protection de l’espèce et une diminution des contaminants. À l’échelle canadienne, la population continue d’être considérée en forte augmentation.

Un peu plus loin, se tient un petit groupe d’arlequins plongeurs, ces canards marins qui se reproduisent dans les cours d’eau à l’intérieur des terres. J’avais d’ailleurs observé une femelle dans le parc de Gaspésie. Une fois la saison de reproduction terminée, ces oiseaux regagnent la mer où il passeront l’hiver. On peut alors les observer dans les baies et les ports. Je me rappelle d’ailleurs en avoir observé un grand nombre dans les petits ports de pêche du nord est d’Hokkaido en janvier.

Bref, on s’occupe comme on peut. Mais on ne verra pas le soleil de la journée. Il n’y a plus qu’à patienter jusqu’au lendemain.

Excursion en bateau au rocher percé et à l’île de Bonaventure.

Par chance, le lendemain matin, le soleil est au beau fixe et nous nous hâtons de gagner le kioske pour acheter les billets pour visiter l’île de Bonaventure.

💡Mes conseils pour organiser votre visite du rocher percé et l’île de Bonaventure

  • Pas de réservation à l’avance : la première chose à savoir est qu’il est impossible de réserver à l’avance l’excursion en bateau sur l’île de Bonaventure. Il faut se présenter le jour même pour acheter les billets. Il en va de même pour les sorties d’observation des baleines au départ de Percé. Elles sont assurées par les mêmes compagnies.
  • Essayez de vous présenter dès l’ouverture du kioske pour pouvoir prendre le premier bateau.
  • Seules deux compagnies assurent les trajets et elles fonctionnent ensemble : Les croisières Julien Cloutier et Les bateliers de Percé
  • Quelle formule choisir ? Plusieurs formules sont proposées : tour des îles en bateau sans débarquement, navette simple pour débarquer sans faire le tour de lîle en bateau et enfin, mon coup de cœur : tour guidé des île en bateau puis débarquement.
  • Droits d’accès au parc national. Si vous souhaitez débarquer, pensez à réserver à l’avance vos droits d’accès au parc national, bien distinct du billet de la navette. Vous pouvez réserver votre accès sur le site de la Sepaq.

Même si vous prévoyez de débarquer sur l’île, je recommande vivement de faire également le tour de l’île Bonaventure et du rocher Percé en bateau. Depuis la mer, on découvre les immenses falaises de l’île et les colonies d’oiseaux qui les occupent. La perspective est complètement différente. Le bateau permet également d’observer les oiseaux marins depuis leur milieu de vie et parfois différents mammifères marins.

Bateau ou randonnée sur l’île ?

Les deux expériences sont complémentaires.

Le bateau permet de comprendre le paysage dans son ensemble et d’observer les falaises et les oiseaux depuis la mer.

La randonnée sur l’île permet de vivre l’expérience de la colonie de l’intérieur et d’observer les comportements des oiseaux à une distance étonnamment courte.

Si vous n’avez qu’une journée, je privilégierais une excursion permettant de débarquer sur l’île puis de revenir en bateau, plutôt qu’une simple croisière.

Le tour des îles en bateau

Nous partons donc avec le premier bateau pour une journée dans ce site exceptionnel. La météo s’est nettement améliorée mais la houle est encore bien formée. La balade commence par le rocher percé. Les oiseaux marins, guillemots, cormorans et mouettes, tournoient autour de ses falaises abruptes.

Nous prenons ensuite la direction de l’île de Bonaventure. Le bateau longe les impressionnantes falaises qui abritent les colonies d’oiseaux marins : guillemots de Troil, mouettes tridactyles et bien entendu les fous.

De temps en temps, un pygargue à tête blanche vient semer la pagaille dans ce petit monde. J’observerai 3 individus différents, seulement des immatures.

Au pied des falaises, de nombreux guillemots forment des radeaux. Il s’agit essentiellement du guillemot de Troil mais quelques guillemots à miroir naviguent à proximité. Côté mammifères marins, nous n’aurons pas la chance d’observer de cétacés. En revanche, plusieurs phoque gris se font sécher au soleil ou nagent à proximité des rochers.

Nous finissons le tour et débarquons au petit port de l’île de Bonaventure.

Les randonnées sur l’île de Bonaventure

A l’arrivée du bateau, nous sommes accueillis par les agents du parc national. Après une brève présentation de l’île et des différents sentiers, ils vérifient les droits d’accès du parc. D’où l’intérêt de les réserver à l’avance car la file pour les acheter sur place est longue !

L’île possède quatre sentiers totalisant environ 15 kilomètres. Ils traversent différents milieux, notamment des prairies, des champs et des forêts de conifères, avant de rejoindre la spectaculaire colonie de fous de Bassan. Le parcours vers la colonie est l’objectif principal de la plupart des visiteurs. Mais je conseille de ne pas simplement marcher jusqu’aux fous de Bassan puis repartir.

Prenez le temps d’observer la forêt, les fleurs, les oiseaux terrestres et les traces de l’ancienne occupation humaine. L’île possède en effet un patrimoine historique particulièrement intéressant.

Pour ma part, j’ai opté pour le sentier des mousses à l’aller et le chemin du Roy au retour. Cette option permet de faire tout le tour de l’île pour profiter des différents points de vue sur les falaises.

💡 Conseil : Gardez le sentier du Roy pour le retour car il est fait d’un long escalier qu’il est bien plus simple de descendre que de monter !

Une biodiversité qui ne s’arrête pas aux falaises

On pense naturellement aux oiseaux marins lorsque l’on évoque Bonaventure. Pourtant, les milieux terrestres de l’île accueillent également une faune intéressante. Les forêts et les clairières abritent de nombreux oiseaux terrestres. La Sépaq indique que 224 espèces d’oiseaux forestiers ont été recensées sur l’île, dont une soixantaine d’espèces nicheuses. Il est donc intéressant de garder ses jumelles à portée de main pendant toute la randonnée. La flore mérite également une attention particulière, notamment dans les prairies et les secteurs forestiers.

A peine partis nous observons par exemple une sittelle à poitrine rousse. Plus loin, c’est une paruline triste qui pousse son chant au sommet d’un arbre mort. Les bruants familiers sont également nombreux.

Le point de vue de l’anse chatouilleuse nous offre un magnifique panorama sur les falaises et les colonies d’oiseaux marins.

C’est un super spot pour faire les photos des fous en vol. Ils passent en effet juste sous nos yeux à notre hauteur ! On peut même faire un petit exercice : tenter d’estimer l’âge des oiseaux en fonction de leur plumage.

Le fou de Bassan : l’emblème naturaliste de l’île Bonaventure

Nous reprenons le chemin et finissons par arriver à la colonie. On commence par entendre les oiseaux. Puis apparaissent quelques individus. Et soudain, la forêt s’ouvre sur une immense falaise entièrement occupée par les fous de Bassan. Des milliers d’oiseaux volent au-dessus de la colonie, se posent, se disputent une place, nourrissent leur poussin ou partent en mer à la recherche de poissons. L’odeur est forte, le bruit est assourdissant et l’impression d’être au cœur d’un immense organisme vivant est assez difficile à décrire.

Colonie de fou de Bassan de l'île de Bonaventure

Avec une colonie comptant environ 116 000 individus, le fou de Bassan est la véritable vedette de l’île. La colonie de Bonaventure est considérée par la Sépaq comme la colonie de fous de Bassan la plus accessible au monde et elle est la plus grande d’Amérique du Nord. Si vous désirez en savoir plus sur l’observation du fou de Bassan en France, je vous invite à lire mon article sur les sept îles.

Observer les comportements des fous de Bassan

La proximité avec les oiseaux permet de dépasser la simple observation esthétique. Chez les Fous de Bassan (Morus bassanus), le « tapotement » du bec entre partenaires fait partie des comportements de reconnaissance et de renforcement du lien du couple. Ce rituel, appelé billing, est particulièrement fréquent lors des retrouvailles au nid. Les deux oiseaux se font face, relèvent la tête et entrechoquent rapidement leurs becs. Ces interactions permettent notamment de maintenir la cohésion du couple et de synchroniser les comportements reproducteurs, une étape importante chez cette espèce qui forme des couples durables.

On peut également observer les comportements territoriaux, les parades, les interactions entre voisins, les nourrissages et les soins apportés aux jeunes. Chez cette espèce, chaque couple élève un seul poussin. L’incubation dure environ 43 jours et est assurée par les deux parents. Après l’éclosion, le jeune reste dépendant de ses parents pendant plusieurs semaines avant de pouvoir prendre son envol.

Les fous de Bassan sont également particulièrement intéressants à observer lors de leurs départs en mer. Ils peuvent parcourir de grandes distances pour rechercher les poissons dont ils nourrissent leur jeune, avant de revenir directement vers la colonie. Sur l’île Bonaventure, la colonie de Fous de Bassan est si dense que chaque centimètre carré de nid est âprement défendu. Lorsqu’un oiseau se pose par erreur sur le nid d’un voisin, il est immédiatement accueilli par une violente charge et rapidement éjecté !

Pourquoi les fous de Bassan sont-ils si nombreux ici ?

La localisation de l’île est particulièrement favorable. Les eaux riches du golfe du Saint-Laurent offrent des ressources alimentaires importantes tandis que les falaises de l’île constituent des sites de nidification adaptés. La colonie est également installée depuis très longtemps et les oiseaux reviennent chaque année se reproduire sur l’île. À l’automne, adultes et jeunes quittent la Gaspésie pour rejoindre leurs zones d’hivernage dans les eaux plus chaudes, notamment dans le secteur du golfe du Mexique.

Une colonie à observer avec respect

La proximité avec les fous de Bassan est exceptionnelle, mais elle impose une certaine responsabilité. Il ne faut pas chercher à s’approcher davantage des oiseaux ni sortir des espaces prévus pour l’observation.

Même lorsqu’ils semblent indifférents à notre présence, les oiseaux doivent pouvoir se nourrir, se reproduire et s’occuper de leur jeune sans être dérangés. L’un des grands intérêts du site est justement de pouvoir observer les animaux sans avoir besoin de les approcher.

Retour par le chemin du Roy

Il y a des endroits comme ça que l’on a du mal à quitter … Je serais, je suis restée des heures … mais elles m’ont semblé bien courtes … devant cette colonie ! Mais il faut finir le tour de l’île. Nous attaquons le sentier du Roy et ses escaliers que je suis contente de descendre plutôt que de monter !

Le sentier offre quelques points de vue sur les baies et les falaises qui abritent à nouveau quelques couples de pingouins et de guillemots à miroir.

Un phoque gris profite des ces eaux abritées pour faire un petit somme.

Mais les animaux marins ne sont pas les seuls à fréquenter cette île qui accueille également quelques mammifères terrestres. L’île Bonaventure abrite sept espèces de mammifères terrestres qui se partagent ce territoire insulaire forestier. Le renard roux, principal prédateur de l’île, y côtoie deux petits carnivores vifs et discrets, l’hermine et la belette à longue queue. Ces prédateurs chassent une population active de petits rongeurs, composée du campagnol à dos roux de Gapper et de la souris à pattes blanches. Les zones boisées et les sentiers de l’île sont également le refuge du lièvre d’Amérique, particulièrement commun sur place. Enfin, la petite chauve-souris brune, unique mammifère volant de l’île, complète ce portrait de la faune terrestre locale.

Nous croisons d’ailleurs une petite famille de campagnols. Attention où vous mettez les pieds !

Une île autrefois habitée

Alors que nous revenons vers le port, les maisons se font plus nombreuses. Avant de devenir un territoire protégé, Bonaventure était une véritable communauté insulaire. Au XIXe et au début du XXe siècle, plusieurs familles vivaient sur l’île et dépendaient principalement de la pêche à la morue. Aujourd’hui, plusieurs bâtiments historiques témoignent encore de cette époque.

La Maison Le Boutillier, notamment, permet de découvrir l’histoire de la pêche et des habitants de l’île.

Le sentier Le chemin du Roy permet ainsi de découvrir les anciennes maisons restaurées et de mieux comprendre la vie des insulaires.Cette dimension historique donne au site une profondeur supplémentaire : l’île Bonaventure n’est pas seulement un sanctuaire d’oiseaux, c’est aussi un territoire façonné par plusieurs générations d’humains.

Tous mes conseils pour découvrir Percé et l’île de Bonaventure

Quand visiter Percé et l’île Bonaventure ?

La période d’ouverture du parc correspond principalement à la belle saison.

En 2026, le parc est ouvert du 31 mai au 12 octobre, avec une période de traversées en bateau durant cette même période.

Juin : le réveil de la colonie

Le début de saison est particulièrement intéressant pour observer les oiseaux au moment où la reproduction bat son plein. Les colonies sont déjà très actives et les adultes s’affairent autour des nids.

Juillet : l’expérience la plus spectaculaire

C’est probablement la période que je privilégierais pour une première visite. La colonie est extrêmement active, les jeunes grandissent et les adultes effectuent de nombreux allers-retours entre la colonie et la mer.

Les longues journées permettent également de profiter pleinement de Percé et de ses paysages.

Août : jeunes oiseaux et grande activité

En août, la colonie reste très animée. Les jeunes sont de plus en plus grands et certains commencent à se préparer à leur premier départ. Pour un photographe animalier, c’est une période particulièrement intéressante.

Septembre-début octobre : une autre ambiance

L’activité de la colonie diminue progressivement avec le départ des oiseaux vers leurs quartiers d’hivernage.En revanche, la fréquentation touristique baisse et les paysages prennent une tout autre atmosphère. C’est une période intéressante pour profiter davantage de la tranquillité du site.

Combien de temps prévoir à Percé ?

Je recommande au minimum une journée complète pour découvrir l’île Bonaventure. Mais si vous voyagez dans une optique naturaliste, deux jours à Percé sont nettement préférables.

Cela permet de consacrer une journée à l’île et aux oiseaux, puis une autre au secteur de Percé, au rocher, à la côte et éventuellement à une excursion en mer. Et surtout, cela laisse une marge en cas de mauvaise météo ou de traversée annulée. J’étais bien contente d’avoir prévu 2 jours sur place avec une journée de mauvais temps. Si la météo avait été plus propice, j’aurais fait une excursion whalewatching la deuxième journée.

Où dormir à Percé ?

Le plus simple est de dormir directement à Percé.

Le village offre de nombreux hôtels, auberges, gîtes, campings et locations saisonnières à proximité du quai. La Sépaq précise qu’il n’y a pas d’hébergement directement dans le parc, mais que plusieurs possibilités sont disponibles à quelques minutes à pied.

Pour un voyage naturaliste, dormir à Percé présente un autre avantage : vous pouvez facilement consacrer une journée entière au parc sans avoir à reprendre la route après la visite. En haute saison, je conseille fortement de réserver à l’avance.

Pour ma part j’avais réservé à l’avance le camping du phare. Je vous le conseille vivement et il est aussi très bien pour l’observation des oiseaux.

Tamia rayé au camping du phare à Percé

Observer les baleines à Percé

En raison de la météo, je n’ai pas pu faire de sortie whalewatching à Percé. La zone est pourtant très propice et de nombreuses espèces peuvent être observées. Les eaux côtières et pélagiques ceinturant l’île Bonaventure constituent un corridor d’alimentation majeur pour sept espèces de cétacés, attirées par la forte productivité biologique du golfe du Saint-Laurent. Parmi les mysticètes (baleines à fanons), le secteur est fréquenté par d’immenses rorquals, notamment le rorqual bleu (Balaenoptera musculus), le rorqual commun (Balaenoptera physalus) et le rorqual à bosse (Megaptera novaeangliae). Ces grands migrateurs partagent l’aire marine avec le petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata) et la baleine franche de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis), une espèce en danger critique d’extinction.

Du côté des odontocètes (cétacés à dents), les observations naturalistes recensent régulièrement le marsouin commun (Phocoena phocoena) dans les zones peu profondes, le vif dauphin à flancs blancs (Lagenorhynchus acutus), ainsi que des individus issus de la population résidente de bélugas (Delphinapterus leucas).

Mes conseils pour une découverte naturaliste réussie

Réservez votre traversée. L’île Bonaventure est uniquement accessible par bateau depuis Percé.

Prévoyez suffisamment de temps. Il faut intégrer la traversée et la randonnée sur l’île dans votre journée.

Emportez des jumelles. Elles seront utiles aussi bien pour les oiseaux marins que pour les oiseaux forestiers. Préférez des stabilisées, très utiles pour observer les animaux depuis la mer. Je vous en dis plus ici sur le modèle que j’utilise.

Prenez un téléobjectif. La colonie est proche, mais la photographie doit toujours se faire depuis les zones autorisées.

Prévoyez des vêtements chauds. Même en été, le vent peut être frais sur le bateau et au sommet des falaises.

Prévoyez une protection contre la pluie. La météo gaspésienne peut changer rapidement. (J’en ai fait l’expérience !!)

Ne nourrissez jamais les animaux.

Respectez les sentiers et les zones d’observation.

Ne cherchez pas à approcher les oiseaux. La proximité naturelle de la colonie est déjà exceptionnelle.

Prévoyez une marge en cas de météo défavorable. Les conditions maritimes peuvent influencer les traversées.

Percé et Bonaventure : une rencontre avec le sauvage

Il y a des lieux que l’on visite pour leur beauté. Et puis il y a ceux où l’on ressent véritablement la puissance du vivant. L’île Bonaventure appartient clairement à cette deuxième catégorie.

Lorsque l’on arrive devant la colonie de fous de Bassan, ce n’est plus seulement un paysage que l’on regarde. C’est un écosystème entier qui se déploie devant soi : des milliers d’oiseaux, des cris, des odeurs, des départs vers la mer, des retrouvailles sur les nids et des jeunes qui grandissent au milieu de cette incroyable concentration de vie.

Face à eux, le rocher Percé rappelle une autre temporalité : celle de la géologie, des millions d’années nécessaires pour façonner ces falaises et ces îles.

Entre les deux, l’être humain n’est finalement qu’un visiteur.

Et c’est peut-être cela qui rend Percé et l’île Bonaventure si fascinants : en quelques heures, on peut passer de l’histoire des pêcheurs gaspésiens à la géologie du Dévonien, puis observer des milliers d’oiseaux marins dont la vie est intimement liée au rythme du Saint-Laurent.

Pour un voyage naturaliste au Québec, Percé et l’île Bonaventure sont donc une étape incontournable.


📌 Informations pratiques

Localisation : Percé, Gaspésie, Québec, Canada

Parc : Parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé

Accès à l’île : uniquement par bateau depuis le quai de Percé

Période d’ouverture 2026 : du 31 mai au 12 octobre

Randonnée : 4 sentiers, environ 15 km au total

Faune emblématique : fou de Bassan, guillemot marmette, guillemot à miroir, petit pingouin, pingouin torda, cormorans, goélands et autres oiseaux marins

Colonie de fous de Bassan : environ 116 000 individus

Oiseaux nicheurs : plus de 200 000 oiseaux de 11 espèces différentes

Meilleure période pour les fous de Bassan : juin à août

Durée conseillée : 1 journée minimum, 2 jours pour une découverte naturaliste complète

À prévoir : jumelles, téléobjectif, vêtements chauds et imperméables, chaussures adaptées à la randonnée et protection contre le soleil.

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