Randonnée au sommet du massif des Monges. Dominant les paysages sauvages des Alpes-de-Haute-Provence, le Massif des Monges offre une immersion au cœur d’une montagne préservée, loin des itinéraires les plus fréquentés des Alpes du Sud. Entre vastes alpages, crêtes panoramiques et forêts clairsemées, l’ascension de ses sommets dévoile des points de vue spectaculaires sur les Préalpes, le massif des Écrins et, par temps clair, jusqu’aux reliefs méditerranéens. Cette randonnée séduit autant par la beauté brute de ses paysages que par sa richesse naturaliste : rapaces planant au-dessus des barres rocheuses, flore alpine adaptée aux conditions d’altitude et ambiance pastorale façonnée par des siècles d’élevage. Gravir le sommet des Monges, c’est ainsi partir à la découverte d’un territoire montagnard authentique où l’effort est largement récompensé par la sensation d’espace et de liberté.
Itinéraire
Ascent/Descent: | Distance: 18.02 km |
Informations pratiques

🅿️ Parking : Au bout de la route de Feissal
📏 Distance : 18 km
⛰️ Dénivelé : 1200 m
⏱️ Durée : 8h
⚠️ Prévoyez de bonnes chaussures, la route est longue
💡 Conseil : emportez une paire de jumelles, le site est très riche et vous pourrez observer de nombreuses espèces.
Départ dans la forêt
Nous partons au petit matin alors que la brume se lève à peine sur le massif des Monges. Le chorus matinal s'est déjà éteint mais les oiseaux s'activent toujours. Dans les prairies en basse altitude, nous entendons encore le pouillot de Bonelli. Au loin, une grive musicienne pousse son chant puissant. Un chevreuil aboie. Quel plaisir de pouvoir profiter d'un tel paysage sonore !
Le chemin attaque petit à petit la pente et traverse des forêt de conifères. Le roucoulement des tétras lyre berce notre ascension. Mais j'aurai beau scruter la zone, je ne parviendrai pas à voir ces galliformes emblématiques pour nous des espaces montagnards.

Le col de la Croix de Veyre
Le sentier nous conduit au col de Veyre. Changement d'ambiance avec des espaces ouverts et des tapis de primevères.


Un chant attire mon attention. C'est un bruant ortolan, espèce particulièrement sensible qu'il est toujours agréable d'observer. Je scrute la zone aux jumelles et finit par le trouver perché au sommet d'un rocher.

D'autres oiseaux fréquentent la zone : quelques pipits rousselines mais aussi des traquets motteux se chamaillant le territoire.
A partir du col, le sentier grimpe en direction d'un plateau. Des fleurs se démarquent dans les hautes herbes, il s'agit de la Fritillaire du Dauphiné, une espèce montagnarde présente dans les Alpes du Sud et notamment dans les pelouses alpines et subalpines sèches. Cette espèce fleurit généralement entre avril et juin selon l’altitude. Elle affectionne les alpages, les pelouses calcaires et les pentes bien exposées des Alpes françaises et italiennes. Comme beaucoup de fritillaires, elle reste localisée et sensible aux modifications des pratiques pastorales ou à la fréquentation excessive des milieux naturels.

Ascension du sommet des Monges
Le sentier longe des crêtes jusqu'au sommet. En contre-bas, un petit groupe de mouflons déguerpit à notre approche tandis que la silhouette de chamois se détachent sur de lointains sommets. Quelques névés subsistent encore, reliquat des dernières abondantes chutes de neige. Piège pour les randonneurs ! J'ai bien failli y laisser une cheville !

Alors que la température augmente, les thermiques se forment. C'est l'heure des rapaces. Plusieurs vautours commencent à pomper et gagnent vite de la hauteur. Mais ce ne sont pas les seuls à quadriller la zone. En effet, je finis par distinguer la silhouette d'un aigle royal qui file long des cimes et finit par passer au-dessus de nos têtes. Il est suivi par un deuxième individu que je suis à travers le viseur de l'appareil photo. Lui aussi prend ma direction et je fige ce joli moment furtif. Une marmotte au loin alarme. Elle aussi a repéré le prédateur !

Nous continuons le long de falaises rocheuses dominant les vastes pâtures.

Au sommet, un belvédère permet de mettre des noms sur les massifs que l'on découvre à 360°. En un clin d'oeil, c'est tout un panorama sur la Provence qui s'offre à nous, de la vallée de la Durance, la montagne de Lure jusqu'au Dévoluy et aux Ecrins. Chaque massif sonne comme une invitation à la découverte ! C'est précisément ce genre de vue qui me rappelle la chance de vivre dans une région si diversifiée aux paysages défendant farouchement leur caractère sauvage. Eux aussi sont des reliquats, les derniers refuges d'espèces à la fois emblématiques et fragiles.

Mais il est temps de redescendre et de m'extraire de cette contemplation. Nous décidons de faire le grand tour et attaquons la suite des crêtes.
Le long des crêtes
A présent il fait chaud. Les oiseaux se font silencieux. Seul un chamois en-dessous de nous nous surveille en coin.

De nombreux flambés décollent au fil de nos pas. Ils profitent du soleil pour émerger et voler en tous sens.

Le site est également propice aux vipères mais malheureusement je ne parviens pas à en observer. Mon regard a vraiment du mal à détecter les reptiles ! Si vous en voyez une sur la photo prévenez moi !

Le sentier ici ne présente aucune difficulté, il est juste long et fait le tour du massif qui dessine un arc de cercle. D'autres vautours dessinent de larges cercles, seule observation notable à cette heure avancée de la journée.

Retour en milieu méditerranéen
La fin du parcours quitte les crêtes pour redescendre au milieu d'une forêt de pins sylvestres. Au loin retentit le cri d'un pic vert et quelques mésanges huppées s'activent, mais l'ambiance est assez calme. L'itinéraire alterne entre sentier et piste pour finalement remonter un dernier raidillon ... dernier gros effort de la balade agrémenté par un passage sur le chemin d'un chamois qui se permet de nous couper la priorité sans même nous voir. Nous retrouvons les espèces sudistes comme le pouillot de Bonelli dont le trille marque la fin de cette longue et belle journée de marche.
Liste des oiseaux observés
- Bergeronnette des ruisseaux
- Pic noir
- Pic vert
- Faucon crécerelle
- Aigle royal
- Vautour fauve
- Busard cendré (une femelle en migration)
- Rougequeue noir
- Bruant ortolan 1
- Alouette des champs
- Alouette lulu
- Pipit spioncelle
- Pipit rousseline
- Traquet motteux
- Crave à bec rouge
- Grand corbeau
- Tétras lyre
- Grive draine
- Grive musicienne
- Merle noir
- Torcol fourmilier
- Pouillot de Bonelli
- Coucou gris
- Pinson des arbres
- Mésange noire
- Mésange bleue
- Mésange charbonnière
- Mésange huppée
- Mésange boréale
- Troglodyte mignon
- Grimpereau des jardins
- Rougegorge familier
- Pouillot véloce
- Roitelet à triple bandeau
- Serin cini
- Fauvette à tête noire
- Bruant fou
Autres espèces
- Chamois
- Mouflon
- Chevreuil
- Renard
- Lièvre
- Marmotte