Nichées entre les communes de Callas et du Muy, dans l’arrière-pays varois, les Gorges de Pennafort figurent parmi les plus beaux sites naturels du département du Var. Avec leurs impressionnantes falaises de roche rouge, leurs vasques d’eau claire et leur ambiance sauvage, elles offrent une randonnée accessible qui séduit aussi bien les familles que les amateurs de paysages spectaculaires.

Découverte des Gorges de Pennafort

Situées au nord-est de Draguignan, les Gorges de Pennafort ont été creusées au fil des millénaires par le Rioufreid, un petit cours d’eau qui serpente entre les parois rocheuses. Le site est particulièrement connu pour ses falaises aux teintes rougeâtres qui contrastent avec la végétation méditerranéenne composée de pins, de chênes verts et de maquis.

Ce canyon étroit offre un décor étonnant où alternent passages rocheux, petites cascades, bassins naturels et zones ombragées particulièrement appréciables durant les chaudes journées d’été. Les gorges présentent également un réel intérêt géologique grâce à leurs formations rocheuses caractéristiques de l’Estérel et de la Provence cristalline.

Gorges de Pennafort
Une randonnée rafraîchissante dans un décor spectaculaire

La balade principale longe le cours du Rioufreid sur environ 2,5 kilomètres aller-retour. Le sentier serpente au fond des gorges et permet de découvrir plusieurs vasques naturelles où l’eau prend des reflets émeraude.

Selon la saison et le niveau de l’eau, certains passages peuvent nécessiter de marcher les pieds dans l’eau ou de franchir quelques rochers. La randonnée reste toutefois accessible à toute personne en bonne condition physique, à condition d’être équipée de chaussures adaptées.

Au bout du parcours, les visiteurs peuvent admirer la cascade de Pennafort, particulièrement spectaculaire après les épisodes pluvieux ou au printemps.

Un site idéal pour se rafraîchir en été

Les Gorges de Pennafort constituent l’une des escapades nature les plus appréciées du Var durant la période estivale. Les nombreuses vasques naturelles permettent de tremper les pieds ou de profiter d’une pause rafraîchissante dans un environnement préservé.

L’atmosphère y est souvent plus fraîche que sur le littoral grâce à l’ombre des falaises et à la présence permanente de l’eau. Cette combinaison en fait une destination très recherchée lors des fortes chaleurs.

Conseils pratiques

Le départ s’effectue depuis le parking situé le long de la route départementale D25 reliant Callas au Muy.

Accès
  • Depuis Callas : environ 5 km en direction du Muy.
  • Depuis Draguignan : environ 20 minutes en voiture.
  • Depuis Fréjus ou Saint-Raphaël : environ 40 minutes.

Le parking principal, gratuit mais non aménagé, se trouve à proximité immédiate des gorges. Il suffit ensuite de passer sous le pont et de suivre le cours d’eau pour rejoindre le sentier.

📏 Distance : Environ 2,5 à 5 km selon les variantes empruntées.
⛰️ Dénivelé : Faible à modéré.
⏱️ Durée : Entre 1 heure et 2 heures.
⚠️ Prévoyez des chaussures aquatiques.
💡 Conseil : Faîtes une pause au point de vue le long de la route avant d’arriver au parking pour profiter d’un panorama sur les gorges.

Meilleure période

Le printemps et le début de l’été offrent généralement les meilleures conditions avec un débit d’eau agréable et une végétation particulièrement verdoyante.

Carnet naturaliste

C’est au petit matin que nous arrivons dans les gorges encore à l’ombre des falaises. D’ailleurs, nous sommes les premiers sur place et apprécions ainsi la quiétude du site. Un monticole bleu perché au sommet des rochers pousse son chant matinal. Plus loin, c’est une bergeronnette des ruisseaux qui sautille de rochers en rochers.

Nous longeons ainsi le cours de la rivière, admirant les vasques et les innombrables petites cascades. Une colonie d’hirondelle de rocher s’active. Elles semble s’être installée dans les grottes qui dominent le vallon.

Les hirondelles de rocher

Les oiseaux s’affairent, se pourchassent en vol et se posent au bord de l’eau. C’est en effet ici que les hirondelles viennent s’approvisionner en boue et autres matériaux de construction.

L’Hirondelle de rochers se distingue par son plumage brun-gris uniforme, plus sobre que celui des autres hirondelles européennes. Sa queue relativement courte présente de petites taches blanches visibles lorsque l’oiseau est en vol. Avec son envergure d’environ 30 centimètres, elle effectue ainsi des évolutions rapides et élégantes le long des falaises, capturant au passage les insectes volants dont elle se nourrit.

Comme de nombreuses espèces d’hirondelles, l’Hirondelle de rochers construit son nid à partir de petites boulettes de boue qu’elle collecte sur les berges humides, les flaques ou les zones boueuses situées à proximité de son territoire. À l’aide de son bec, elle transporte ces matériaux qu’elle mélange à de la salive afin de former une structure solide et résistante.

Le nid prend la forme d’une coupe ouverte, solidement fixée contre une paroi rocheuse, sous un surplomb ou dans une cavité qui le protège des intempéries et des prédateurs. L’intérieur est ensuite garni de matériaux plus souples tels que des herbes sèches, des plumes ou de fines racines afin d’assurer le confort des poussins.

La construction demande plusieurs centaines d’allers-retours entre la zone de collecte et le site de nidification. Dans les gorges et les falaises du sud de la France, la présence de petits cours d’eau et de zones humides est donc essentielle à la reproduction de l’espèce, car elle lui fournit la matière première nécessaire à l’édification de son nid.

La couleuvre helvétique

La matinée avance et les heures chaudes commencent ainsi à arriver en même temps que les autres visiteurs. Les oiseaux se font donc plus discrets. Mais c’est au tour d’autres espèces de faire leur apparition. C’est en effet le meilleur moment pour observer les serpents. D’ailleurs, une jeune couleuvre helvétqiue déguerpit à mes pieds.

Couleuvre hélvétique dans les gorges de Pennafort

Excellente nageuse, elle fréquente ainsi les ruisseaux, mares et vasques où elle chasse principalement les amphibiens et les petits poissons.

Longtemps considérée comme une simple sous-espèce de la Couleuvre à collier (Natrix natrix), la Couleuvre helvétique a été finalement reconnue comme une espèce à part entière en 2017 à la suite d’études génétiques et morphologiques approfondies. Cette révision taxonomique a ainsi permis de distinguer les populations d’Europe occidentale, dont celles présentes en France, de la véritable Couleuvre à collier que l’on rencontre plus à l’est et au nord de l’Europe.

La Couleuvre helvétique se reconnaît notamment à son collier clair bordé de noir situé derrière la tête, bien visible chez les jeunes individus. Les adultes peuvent atteindre plus d’un mètre de longueur. Bien que son apparence puisse impressionner, elle est totalement inoffensive pour l’homme. Lorsqu’elle se sent menacée, elle préfère fuir ou simuler la mort plutôt que d’attaquer.

La Couleuvre vipérine

Alors que je tente de repérer où ma couleuvre s’est cachée, je tombe sur un autre serpent en pleine dégustation. : la Couleuvre vipérine (Natrix maura). Ce serpent est également étroitement lié aux milieux aquatiques méditerranéens. On la rencontre fréquemment le long des ruisseaux, des mares et des berges ensoleillées où elle chasse principalement les poissons, les têtards et les amphibiens.

Son nom provient de sa ressemblance avec les vipères : son corps trapu, sa tête triangulaire et les motifs sombres en zigzag qui parcourent son dos peuvent facilement induire les observateurs en erreur. Pourtant, la Couleuvre vipérine est totalement inoffensive pour l’homme et dépourvue de venin dangereux. Lorsqu’elle se sent menacée, elle adopte souvent un comportement d’intimidation en aplatissant sa tête ou en simulant une attaque afin de décourager ses prédateurs.

Couleuvre vipérine

Excellente nageuse, elle passe une grande partie de son temps dans l’eau ou à proximité immédiate des berges. On peut ainsi l’observer prenant le soleil sur les rochers avant de plonger rapidement à la moindre alerte. Les adultes mesurent généralement entre 60 et 90 centimètres, les femelles étant souvent plus grandes que les mâles.

Les libellules

Mais les serpents ne sont pas les seuls animaux à m’occuper pendant ces heures chaudes. En effet, je prends le temps de faire des images des libellules. Je m’y étais mise il y a quelques années … Dur de se remettre à identifier ces espèces mais cela fait un bon exercice.

L’Onychogomphe à pinces

Parmi les insectes remarquables que l’on peut observer dans les Gorges de Pennafort figure l’Onychogomphe à pinces (Onychogomphus forcipatus), une élégante libellule appartenant à la famille des Gomphidés. Cette espèce affectionne les rivières et ruisseaux bien oxygénés, aux eaux claires et aux fonds graveleux.

L’Onychogomphe à pinces est une espèce de taille moyenne, mesurant entre 5 et 6 centimètres de longueur. Son corps noir est marqué de taches jaunes bien visibles. Ses yeux, largement séparés, constituent un critère caractéristique des Gomphidés.

Comment l’identifier ?

L’identification de l’Onychogomphe à pinces repose sur plusieurs critères distinctifs :

  • Les yeux sont nettement séparés et ne se touchent pas au sommet de la tête. Contrairement à de nombreuses autres libellules.
  • L’abdomen est fin et allongé, noir avec des marques jaunes.
  • Chez le mâle, les appendices situés à l’extrémité de l’abdomen forment de véritables « pinces », à l’origine de son nom commun.
  • Les derniers segments de l’abdomen présentent un léger élargissement en forme de massue.
  • Lorsqu’elle est posée, cette libellule adopte souvent une position caractéristique sur les galets ou les branches proches de l’eau.

Les adultes sont généralement visibles de mai à septembre. Ils effectuent de rapides allers-retours au-dessus de l’eau avant de se poser au soleil sur les pierres du lit de la rivière.

La présence de l’Onychogomphe à pinces constitue un excellent indicateur de la qualité écologique des milieux aquatiques. Ses larves vivent plusieurs années enfouies dans les sédiments du fond des cours d’eau avant leur émergence, ce qui rend l’espèce particulièrement sensible aux perturbations et à la pollution des rivières.

L’Orthétrum brun

Parmi les nombreuses libellules qui fréquentent les Gorges de Pennafort, l’Orthétrum brun (Orthetrum brunneum) est l’une des espèces les plus caractéristiques des petits cours d’eau ensoleillés. Cette libellule affectionne les ruisseaux à faible courant, les suintements et les zones humides où l’eau reste présente une grande partie de l’année.

Le mâle adulte est facilement reconnaissable à son abdomen recouvert d’une pruinosité bleu clair qui lui donne une apparence bleu-gris. Les femelles et les jeunes individus présentent quant à eux une coloration brun jaunâtre parcourue de fines lignes sombres. Ses ptérostigmas sont bruns et relativement petits.

Cette espèce aime se percher sur les pierres, les branches basses ou directement sur le sol nu à proximité de l’eau. Depuis son poste d’observation, elle effectue de courts vols rapides pour capturer les petits insectes dont elle se nourrit avant de revenir se poser au même endroit.

Visible de mai à septembre, l’Orthétrum brun est particulièrement bien adapté aux milieux méditerranéens où il supporte des conditions parfois très chaudes. Ses larves se développent dans les zones peu profondes et bien exposées au soleil, ce qui explique sa présence dans les petits cours d’eau préservés du Var.

J’avoue avoir hésité avec l’orthétrum bleuissant qui lui ressemble beaucoup. N’hésitez par à laisser votre avis en commentaire !

Mais il commence à y avoir bien trop de monde dans ce petit coin de paradis et la lumière n’est plus vraiment propice aux photos. Il est temps pour moi de remonter à la surface !

La chapelle Notre-Dame de Pennafort

Pour prolonger la balade, il est possible de rejoindre la chapelle Notre-Dame de Pennafort, perchée au-dessus des gorges. Cet édifice du XIXe siècle domine les vallons environnants et offre un magnifique panorama sur les paysages du Haut-Var.

Le sentier qui y mène traverse une agréable forêt méditerranéenne et ajoute une dimension patrimoniale à cette sortie nature.

Pourquoi visiter les Gorges de Pennafort ?

Les Gorges de Pennafort séduisent par leur caractère sauvage et leur accessibilité. Contrairement à certains grands canyons provençaux plus fréquentés, elles conservent une atmosphère intimiste où la nature reste omniprésente.

Entre les falaises rouges sculptées par l’érosion, les eaux limpides du Rioufreid, les petites cascades et les zones de baignade naturelles, cette randonnée constitue une excellente idée de sortie pour découvrir un visage plus confidentiel du Var.

Que vous soyez amateur de randonnée, passionné de photographie ou simplement à la recherche d’un lieu frais pour une promenade estivale, les Gorges de Pennafort méritent largement une place parmi les plus belles balades naturelles de Provence.

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