Tour du Baou des quatre aures. Voici ma randonnée préférée dans les Monts toulonnais. Situé sur les hauteurs de Toulon, le Baou des Quatre Aures est un belvédère discret qui offre une lecture privilégiée du paysage provençal. Entre garrigue, pinèdes et affleurements calcaires, ce relief typique domine la rade de Toulon et les collines environnantes, offrant de larges panoramas sur la Méditerranée et l’arrière-pays varois. Peu fréquenté comparé à d’autres sites emblématiques, le baou séduit par son atmosphère sauvage et son intérêt naturaliste, où se mêlent flore méditerranéenne, avifaune et traces d’un patrimoine géologique façonné par le temps. C’est un lieu idéal pour une randonnée accessible, propice à l’observation et à la contemplation, à condition d’y évoluer avec respect et discrétion.

Itinéraire

Parking : Col de Garde

Temps : Entre 4 et 5h

Difficulté : Difficile. La descente depuis Cap Gros et particulièrement raide et la sentier au pied des falaises n’est pas toujours balisé et difficile à trouver. Vous pouvez cependant écourter la balade en coupant par le sentier balisé en jaune une fois arrivés sur le plateau pour rejoindre le pont.

Ascent/Descent:
640 m 641 m
Distance:
8.19 km
Les espèces remarquables

De nombreuses espèces d'oiseaux peuvent être observées le long de cet itinéraire. Les falaises accueillent toute l'année des espèces rupestres comme le Grand-duc d'Europe et le Monticole bleu. En hiver, vous aurez peut-être la chance de croiser quelques accenteurs alpins ou un groupe de crave à bec rouge. C'est aussi durant l'hiver que je vous conseille de scruter les parois des falaises à la recherche du tichodrome, ce petit oiseau rouge aux allures de papillon.

Craves à bec rouge

Les zones de garrigues sont le paradis des fauvettes méditerranéennes comme la fauvette pitchou et la fauvette mélanocéphale. Au printemps, vient s'ajouter la fauvette passerinette. Les zones de pinèdes accueillent le cortège des mésanges huppées, bleues charbonnière.

Départ du col de Garde

Le plus simple pour cet itinéraire est de se garer au col de Garde. c'est aussi d'ici que monte la route en direction du Mont Caume. Cette portion suit le GR au milieu de la pinède parsemée de quelques cistes cotonneux. Quelques zones dégagées permettent de découvrir un point de vue sur le mont Caume. Du haut des ses 804 mètres, il domine l'aire toulonnaise.

Je finis par arriver sur le plateau karstique aux roches blanches acérées. Un rougequeue noir décolle avant de se percher sur un bloc en hochant la queue. Le chemin surplombe les falaises et le panorama s'ouvre vers le sud. Le regard domine toute la rade de Toulon. Un panorama splendide.

Le Cap gros

Le chemin conduit jusqu'au Cap Gros à l'extrémité orientale du massif. Ce relief calcaire culmine à 380. Situé entre Ollioules et Le Revest-les-Eaux, il forme un promontoire discret mais bien individualisé. Il domine les vallons secs de l’ouest toulonnais. Il offre un point de vue imprenable sur le mont Faron.

Baou des quatre aures

Sur le plan naturaliste, le Cap Gros est représentatif des milieux méditerranéens secs : garrigue à cistes, romarins et chênes kermès sur les versants exposés, pinèdes clairsemées et zones rocheuses favorables à une flore xérophile spécialisée. Ce mosaïque d’habitats accueille quelques oiseaux comme les monticoles, les perdrix rouges et les rougequeues. C'est aussi un bon endroit pour chercher les reptiles au retour des beaux jours.

Descente au milieu des falaises

A partir de là le chemin se complique. Il se descend discrètement le long des falaises, au milieu d'anciennes terrasses aujourd'hui gagnées par les broussailles. Une petite colonie de choucas des tours a élu domicile ici. Ils longent les falaises avant de gagner les anfractuosités. J'aurais beau chercher, mais aujourd'hui, je ne trouverai ni tichodrome, ni crave. Mais c'est une zone intéressante à prospecter. La carte indique un sentier qui permettait de longer en contre-bas toutes les falaises mais il s'est aujourd'hui évanoui au milieu de la végétation.

L'itinéraire descend jusqu'à une citerne où il est aussi possible de se garer. D'ici, un sentier bien visible mais non balisé remonte en direction des falaises et des voies d'escalade. La première partie est bien dégagée mais au fur et à mesure que nous avançons, il se fait plus étroit et dévoile de jolis points de vue sur les roches calcaires.

Au milieu de la garrigue

Nous finissons par regagner un sentier balisé en jaune qui redescend en direction du parking et de la piste des quatre oures. Cette zone exposée au sud, ensoleillée, est particulièrement intéressante pour l'observation de la fauvette pitchou. Son le cri rauque retentit au cœur des buissons. Cette espèce se reconnaît à sa gorge couleur lie de vin ponctuée de blanc.

fauvette pitchou
Fauvette pitchou, Sainte-Victoire

Le parking est bien visible. Il n'y a plus qu'à suivre le sentier au milieu des chênes kermès. Veillez à bien rester sur le sentier et évitez de couper.

Ancienne piste de Marseille

Nous gagnons le parking à l'entrée de la piste carrossable mais fermée à la circulation. C'est une portion en partie pavée et utilisée autrefois pour rejoindre Marseille. L'itinéraire est maintenant très facile. La piste est large et offre de jolis points de vue sur les espaces encore ouverts. Les incendies d'il y a quelques années avaient en effet ouvert les milieux. Mais petit à petit les pins et les chênes kermès se densifient.

C'est une bonne zone de chasse pour les rapaces, circaètes au printemps, mais également le faucon crécerelle et l'épervier d'Europe. Le cri des perdrix rouges retentit mais elles restent invisibles. Bien camouflées.

Le pont du Baou des Quatre Aures

Sur cet ancien chemin d’accès au Baou des Quatre Aures se trouve un pont en pierre datant de 1878, discret mais chargé d’histoire. Construit par des bagnards, il permettait de franchir un vallon instable et de sécuriser le passage sur cet itinéraire autrefois emprunté pour relier les hauteurs toulonnaises aux axes de circulation vers l’ouest du Var. Aujourd’hui encore bien conservé, ce pont constitue un témoignage du patrimoine rural et utilitaire de la région. Il rappelle que ces sentiers, aujourd’hui parcourus pour la randonnée et l’observation de la nature, furent longtemps des voies de passage essentielles, façonnées par le travail humain autant que par le relief.

baou des quatre aures toulon
Fin du parcours

La piste longe le pied des falaises survolées par les hirondelles de rochers. Nous sommes fin janvier, et cette espèce est venue chercher le timide soleil. Toujours pas de tichodrome aujourd'hui mais ici aussi, la zone est intéressante et mérite de s'y attarder. Nous finissons le tout du massif en pénétrant à nouveau dans la pinède. On récupère alors le GR qui nous ramène au col de Garde.

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