Road-trip autour du golfe du Morbihan. Le Golfe du Morbihan, situé en Bretagne sud, est l’un des trésors naturels les plus emblématiques de la région. Surnommé la “mer intérieure” en breton, il séduit les visiteurs par ses paysages variés, ses îles mystérieuses et sa richesse culturelle. Que vous soyez amateur de nature, de randonnée ou de patrimoine, le Golfe du Morbihan est une destination incontournable.

Découverte du Golfe du Morbihan

Le Golfe du Morbihan s’étend sur près de 100 km² et abrite plus de 40 îles, dont certaines sont accessibles à pied à marée basse ou en bateau. Son nom, qui signifie “petite mer” en breton, reflète parfaitement son caractère intime et protégé. Les eaux calmes du golfe, protégées des vents et des tempêtes, en font un site idéal pour la navigation de plaisance, le kayak ou l’observation de la faune.

Ma carte autour du Golfe du Morbihan

Combien de temps pour un road-trip autour du Golfe du Morbihan ?

Pour faire le tour du Golfe, je vous conseille de prendre deux jours si vous souhaitez vraiment profiter des sites. Vous pouvez bien entendu rester plus longtemps et rajouter une journée pour faire une île ou une visite du Golfe en catamaran. J’avais testé cette excursion et j’avais vraiment adoré prendre le temps de naviguer sur les eaux calmes de cette mer intérieure. Pour en savoir plus sur les sorties en catamaran sur le Golfe je vous renvoie à mon article Que faire dans le Morbihan en juillet ?

Où dormir lors de votre road-trip dans le Morbihan ? Je vous conseille de dormir à Vanes, idéalement situé sur le parcours. Vous pourrez également en profiter pour découvrir cette jolie ville fortifiée.

Lamor-Baden : à la recherche de la sterne de Dougall

On commence ce road trip sur la côte sud-ouest de la baie. Direction le port de Lamor-Baden d’où partent de nombreux bateaux pour les îles. Mais si je vous fais débuter par là, ce n’est pas pour rien. C’est l’un des points clés de votre virée naturaliste autour du Golfe du Morbihan car c’est ici que vous aurez le plus de chance d’observer la rare sterne de Dougall. En effet, il n’est pas rare, à la fin de l’été, entre la dernière quinzaine d’août et début septembre, d’observer quelques individus. Le meilleur spot est le passage pour l’île Berder.

La Sterne de Dougall est une espèce de petite sterne strictement côtière, qui niche principalement sur des îlots sablonneux et des plages isolées, souvent dans des zones de vasières et d’herbus littoraux. En Bretagne, les populations reproductrices sont limitées. Ce qui en fait un oiseau rare et particulièrement sensible au dérangement humain. L’espèce se caractérise par son plumage blanc immaculé, une calotte noire pendant la période nuptiale, un bec rouge vif à pointe noire, et des pattes rouges.

La Sterne de Dougall se nourrit principalement de petits poissons et crustacés, qu’elle capture en plongeant depuis le vol stationnaire. La nidification a lieu entre mai et juillet, avec des colonies souvent très réduites.

Si vous traînez de ce côté du Golfe, prenez le temps pour une pause culturelle et de faire un saut au site mégalithique de Locmariaquer.

Les marais de Séné : l’incontournable pour les ornithos

La Réserve naturelle nationale des marais de Séné constitue le spot incontournable pour les naturaliste. La zone couvre environ 410 hectares, dont près de la moitié en lagunes, vasières, prés salés et anciens marais salants. Ce site constitue ainsi l’un des espaces les plus importants pour l’avifaune en Bretagne sud. On y observe en effet plus de 300 espèces d’oiseaux au fil des saisons, avec une forte concentration d’anatidés, de limicoles et d’échassiers.

Le site est structuré autour de plusieurs itinéraires balisés totalisant environ 5 à 7 km de sentiers. Ils sont accessibles depuis la Maison de la Réserve.

Le circuit principal
Marais de Séné, Morbihan

Relativement plat, serpente entre les bassins et les roselières et dessert plusieurs affûts stratégiquement positionnés. C’est un bons spot pour l’observation discrète des avocettes élégantes, échasses blanches, tadornes de Belon, canards souchets, sarcelles d’hiver, ainsi que des limicoles en halte migratoire (bécasseaux, chevaliers, barges).

Aigrette garzette dans les marais de Séné dans le morbihan
Aigrette garzette

Peu d’oiseaux lors de mon passage. Nous nous postons dans l’un des observatoires. Un vanneau passe à proximité tandis qu’une aigrette garzette se livre à une partie de pêche.

Vanneau huppé dans les marais de Séné dans le morbihan
Vanneau huppé

À marée haute, les vasières périphériques concentrent les oiseaux vers les bassins internes, offrant des conditions d’observation particulièrement favorables. En période de reproduction, certaines zones sont strictement protégées afin de limiter le dérangement des espèces nicheuses. La mosaïque d’habitats — eau libre, vasière, roselière, prairie humide — fait de Séné un véritable laboratoire à ciel ouvert pour les ornithologues et photographes animaliers.

Marais de Séné
Deuxième itinéraire

Le second sentier conduit à un observatoire perché, au milieu de la forêt.

Marais de Séné

C’est une bonne zone pour les passereaux, les pics, et l’épervier d’Europe. Depuis la tout d’observation, on a un beau point de vue sur les marais. Pour les oiseaux, il vaut mieux prendre sa longue-vue car ils sont assez loin. Il y avait quelques spatules mais à bonne distance, trop pour espérer faire des images.

Marais de Séné

Comptez deux bonne heures pour visitez tout le site. Ensuite reprenez la voiture, on continue !

Les marais salants de Lasné et l’île de Tascon

Petit halte au marais salants de Lasé, un circuit permet de faire une balade dans le site. Ces anciens marais, aujourd’hui en partie remis en activité, forment une mosaïque de bassins peu profonds, vasières, diguettes et prés salés, offrant des habitats variés particulièrement favorables aux limicoles et aux échassiers. Aujourd’hui c’est tout un groupe de mouettes mélanocéphales qui ont pris possession du site.

On y observe régulièrement des avocettes élégantes, échasses blanches, chevaliers gambettes, bécasseaux variables, ainsi que le tadorne de Belon, espèce emblématique des milieux salés atlantiques. En période migratoire, le site joue un rôle de halte stratégique, tandis qu’au printemps certaines espèces y tentent la reproduction sur les îlots et levées de terre. La gestion hydraulique des bassins, liée à l’activité salicole, crée des niveaux d’eau différenciés particulièrement attractifs pour l’avifaune.

Le site se découvre à pied via des sentiers périphériques qui permettent une observation à distance respectueuse, notamment à marée haute lorsque les oiseaux se concentrent dans les bassins.

Après avoir fait un petit tour dans les salins, nous nous garons au bout de la route, en face de l’île de Tascon.

Ile tascon

La marée monte et il est impossible de se rendre sur l’île. L’aire de pique-nique est agréable. Un important groupe de courlis cendré prend alors son envol pour gagner des zones encore à sec.

Les marais du Duer : une zone humide discrète mais stratégique

Situés sur la commune de Sarzeau, en arrière du littoral du Golfe du Morbihan, les marais du Duer constituent un ensemble de prairies humides, roselières et anciens bassins salicoles connectés aux dynamiques de marée. Moins connus que Séné ou Lasné, ils jouent pourtant un rôle écologique important comme zone d’alimentation et de repos pour l’avifaune littorale.

Le site est particulièrement intéressant lors des migrations printanières et automnales, lorsque les niveaux d’eau variables concentrent limicoles et anatidés. On peut y observer chevaliers gambettes, bécasseaux variables, tadornes de Belon, aigrettes garzettes, ainsi que différentes espèces de canards selon la saison. Les roselières accueillent également des passereaux paludicoles (phragmites, rousserolles en période favorable).

C’est sous la pluie que j’ai découvert ces marais. Une piste interdite à la circulation permet de gagner une tourd d’observation. Les limicoles sont très nombreux : barge à queue noire, chevaliers gambette, aboyeur, combattants … Un groupe d’une centaine de spatules s’est également installé sur un îlot. Une belle richesse sur une petite zone !

Le marais est parcouru par des chemins périphériques relativement courts et plats, permettant une observation discrète sans pénétrer dans les zones sensibles. L’intérêt naturaliste du Duer réside dans sa mosaïque d’habitats à petite échelle, où alternent eau libre peu profonde, prairies inondables et végétation halophile. À marée haute, l’afflux d’oiseaux provenant des vasières voisines peut rendre le site particulièrement productif pour l’observation.

Mon coup de coeur : Les salines de Truscat

C’est un peu par hasard lors de mon road-trip que je suis tombée sur cette salines. Le propriétaire est un vrai amoureux de la nature et il a aménagé ce site superbe pour partager sa passion avec les visiteurs.

Un sentier permet de faire un boucle. Partout des panneaux et des activités ludiques pour les enfants expliquent les écosystèmes, les espèces, la culture du sel … Un vrai bonheur pour les petits et les grands !

Côté naturaliste, c’est aussi un site très riche. Des îlots accueillent la reproduction des sternes pierregarins.

Même si nous somme mi-août et que la reproduction touche à sa fin, les sternes alimentent encore leurs gros poussins déjà volants. Les adultes vont et viennent, poisson dans le bec, tandis que les jeunes attendent en piaillant.

Des observatoires ont été aménagés pour faciliter l’observation des oiseaux. C’est l’occasion de s’immerger véritablement dans l’ambiance de ces zones humides fragiles. Un tadorne de Belon, commençant déjà à muer passe juste devant mon objectif.

Plus loin c’est une jeune avocette qui parcourt la zone. Il s’agit d’un oiseau né au printemps, reconnaissables aux plumes brunes sur son dos. Le petit tour peut être très rapide, mais le site est si riche et attachant qu’il mérite qu’on y passe du temps.

Les marais de Suscinio : nature et culture

Voilà le dernier spot pour ce road-trip autour du Golfe du Morbihan : les marais de Suscinio.

Le Domaine de Suscinio, sur la presqu’île de Rhuys, est un site où l’histoire et la nature se rencontrent. Le château médiéval, ancienne résidence des ducs de Bretagne, se visite et dévoile tours, remparts et salles restaurées.

Autour, plus de 15 km de sentiers balisés serpentent à travers forêts, dunes et littoral sauvage. Les marais salants et zones humides qui entourent le domaine sont d’excellents points d’observation

Trois sentiers permettent de sillonner le domaine :

  • Le sentier merveilleux : 1, 5 km / 40 mn. ce parcours offre différents points de vue sur le château.
  • Le sentier des amourettes : 1 km / 20 mn. Permet de découvrir les abords du château en faisant le tour du hameau de Kermoisan
  • Le sentier nature : 2 km / 35 mn. Une belle boucle autour des marais jusqu’à la plage de Suscinio

A votre avis, quel itinéraire j’ai choisi ? Le sentier nature bien entendu. Depuis l’observatoire avant la plage, j’ai ainsi pu observer de nombreux limicoles comme cette barge à queue noire et ce combattant varié.

Conclusion : prendre le temps d’observer le Golfe du Morbihan

J’espère que cet itinéraire nature autour du golfe du Morbihan vous a plu. Bien entendu je n’avais pas ici pour ambition de dresser une liste exhaustive mais seulement de partager avec vous quelques tips et mes coups de coeur. Un road trip autour du Golfe du Morbihan ne se résume pas à enchaîner les étapes. C’est un voyage lent, rythmé par les marées, la lumière et les saisons. Des marais de Séné aux salines de Truscat, des îles confidentielles aux anciens marais salants de Lasné, chaque halte révèle un équilibre subtil entre activités humaines traditionnelles et biodiversité littorale.

Ici, la nature ne se donne pas immédiatement : elle se mérite. Elle demande de la patience, de la discrétion et une attention sincère. Une échasse en vol, une avocette en train de faucher l’eau, un groupe de limicoles concentrés sur une vasière à marée haute… Ce sont ces instants simples qui donnent tout son sens au voyage.

Explorer le Morbihan dans une démarche naturaliste, c’est aussi comprendre la fragilité de ces milieux et l’importance de les préserver. Prenez vos jumelles, ralentissez le pas, écoutez le vent dans les roselières… et laissez le Golfe vous révéler sa richesse, discrète mais infiniment précieuse.

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