Au cœur des paysages volcaniques spectaculaires de Lanzarote, les lacs verts comptent parmi les curiosités naturelles les plus fascinantes de l’île. Entre falaises sombres, sable ocre et eau émeraude, ces lagunes offrent un contraste saisissant qui attire autant les amateurs de photographie que les passionnés de géologie.
Mais pour vraiment apprécier ce site, il ne suffit pas d’y passer rapidement : comprendre son origine, choisir le bon moment et adopter une approche respectueuse font toute la différence.
Une lagune unique née du volcanisme
Le site le plus emblématique est la lagune de El Golfo, également appelée Charco de los Clicos.
Elle s’est formée dans un ancien cratère volcanique partiellement effondré, aujourd’hui ouvert sur l’océan.
Sa couleur verte intense intrigue souvent les visiteurs. Elle est en réalité due à la présence d’algues microscopiques qui se développent dans cette eau salée et stagnante. Ce phénomène, combiné à la roche noire issue des coulées de lave et au sable doré de la plage, crée un paysage presque irréel.
Cette formation remonte aux grandes éruptions de Timanfaya, qui ont profondément façonné le relief de l’île et donné naissance à certains de ses sites les plus emblématiques.

Un paysage façonné par le temps et les éléments
Observer le lac vert, c’est aussi lire l’histoire géologique de Lanzarote.
Le cratère, fragilisé par les éruptions, s’est partiellement effondré, laissant alors entrer l’eau de mer. Au fil du temps, l’action combinée du vent, des vagues et du soleil a modelé les contours du site.
Aujourd’hui, la lagune fait partie du Parc national de Timanfaya, un espace protégé où la nature évolue lentement, sans intervention humaine. Prendre quelques minutes pour observer les différentes couches de roches, les variations de couleurs et les textures volcaniques permet ainsi d’apprécier toute la richesse du lieu.
Les meilleurs moments pour observer les lacs verts
Pour profiter pleinement du site :
Le matin (idéal)
- Lumière douce
- Moins de visiteurs
- Couleurs plus naturelles
Fin de journée
- Lumière chaude sur les roches volcaniques
- Atmosphère plus photogénique
👉 Évite le milieu de journée : lumière dure et forte affluence.

Accès et organisation de la visite
Le lac vert est facilement accessible depuis le village de El Golfo, sur la côte ouest de l’île. Un parking permet de se garer à proximité, puis un sentier aménagé mène en quelques minutes à un point de vue sur la lagune. L’accès est simple, mais le terrain reste volcanique, parfois irrégulier.
⚠️ Il est important de noter que l’accès direct à la lagune est interdit. Cette mesure vise à préserver ce milieu fragile, particulièrement sensible aux perturbations humaines.
Le lac vert de la plage de Montana Bermeja

Mais la lagune de El Golfo n’est pas le seul lac vert de Timanfaya. Poussez la route un peu plus au sud jusqu’à la la plage de Montana Bermeja.
Plus discret que la célèbre lagune d’El Golfo, un petit lac vert se niche au sud de la plage de Montaña Bermeja, dans un environnement encore plus sauvage. Moins fréquenté, ce bassin secondaire se forme dans une dépression volcanique proche du littoral, où l’eau de mer s’infiltre et stagne temporairement. Sa teinte verdâtre, bien que souvent plus subtile que celle du Charco de los Clicos, résulte du même phénomène biologique lié aux micro-algues. Ce petit lac offre une ambiance plus intime, renforcée par l’absence d’aménagements et la rudesse du paysage volcanique environnant.

Les salines de Janubio
Pour terminer votre exploration de la côte au sud du Parc de Timanfaya, ne ratez pas les salines de Janubio.

Un site façonné par le volcan et l’océan
Les Salinas de Janubio occupent une vaste lagune côtière formée par les coulées volcaniques issues des éruptions de Timanfaya.
Au XVIIIe siècle, ces éruptions ont transformé le littoral en créant une dépression naturelle, ensuite exploitée par l’homme pour la production de sel.
Aujourd’hui, cette lagune est protégée de l’océan par une bande de sable et de roches volcaniques, permettant un fonctionnement idéal pour les marais salants.
Une tradition salicole encore vivante

Les salins de Janubio sont les plus grands des Canaries et restent encore partiellement en activité.
Le principe est simple mais ingénieux :
- l’eau de mer est captée dans la lagune
- elle circule dans différents bassins
- le soleil et le vent provoquent l’évaporation
- le sel cristallise progressivement
Ce savoir-faire traditionnel, transmis depuis des générations, participe à l’identité culturelle de Lanzarote.
Une lagune attractive pour les oiseaux

À côté des Salinas de Janubio s’étend une vaste lagune côtière, à l’origine même de l’exploitation salicole. Cette zone humide, alimentée par l’eau de mer et soumise à de fortes variations de salinité, constitue un habitat précieux pour de nombreuses espèces. On peut y observer des oiseaux typiques des milieux salins comme le Gravelot à collier interrompu, les Bécasseaux ou encore l’élégante Avocette élégante, qui viennent s’y nourrir sur les vasières. Cette biodiversité discrète mais riche renforce l’intérêt naturaliste du site, faisant des salins de Janubio un lieu d’observation à la fois paysager et écologique.

Le tadorne casarca

Parmi les espèces les plus remarquables pouvant être observées aux Salinas de Janubio, le Tadorne casarca attire particulièrement l’attention. Avec son plumage orange vif et sa silhouette élégante, il se distingue facilement des autres oiseaux présents sur les bassins salants. Originaire d’Asie et d’Europe de l’Est, cet oiseau est considéré comme rare aux Canaries, mais il est régulièrement observé à Lanzarote, où il trouve des conditions favorables dans les zones humides saumâtres. Aux salins de Janubio, il fréquente les eaux peu profondes et les berges calmes, souvent en petits groupes ou en couple. Son comportement discret et sa présence irrégulière en font une observation précieuse pour les amateurs d’ornithologie, renforçant encore l’intérêt naturaliste de ce site unique. Nous en apercevons deux lointains dans les salins, mais en baladant aux alentours, nous tombons sur un couple plutôt coopératif !

Le roselin githagine
D’autres oiseaux fréquentent le site, notamment des passereaux. Bien entendu, le pipit de Berthelot, omniprésent ici, mais également le roselin githagine.

Le roselin githagine (Bucanetes githagineus) est l’un des oiseaux les plus caractéristiques des paysages secs et minéraux de Lanzarote. Ce petit fringillidé, reconnaissable à son plumage sable rosé et à son bec robuste, est ainsi parfaitement adapté aux environnements désertiques et semi-désertiques. On le rencontre fréquemment dans les zones rocheuses, les plaines caillouteuses ou les reliefs volcaniques, où il se déplace souvent en petits groupes.
Principalement granivore, le roselin githagine se nourrit de graines qu’il trouve au sol, complétant son régime avec de petits insectes, notamment en période de reproduction. Son chant nasal et roulé, souvent émis depuis un perchoir rocheux, trahit sa présence dans des paysages pourtant silencieux. Bien adapté aux conditions arides, il dépend néanmoins de milieux ouverts peu perturbés, ce qui en fait une espèce intéressante pour suivre l’évolution des écosystèmes secs de l’île.
La plage de Janubio
Cette plage reste ainsi sauvage et préservée, offrant un cadre idéal pour les promenades, l’observation des oiseaux et la photographie de paysages atypiques. La combinaison du sable noir, des reflets des salines et de la lumière particulière de Lanzarote crée alors une ambiance unique, typique de l’île, où la nature volcanique se mêle à des vestiges d’activités humaines traditionnelles.

Accès et points de vue des salins de Janubio
Les salins sont facilement accessibles depuis la route côtière reliant Yaiza à El Golfo.
Plusieurs arrêts permettent d’admirer le site :
- belvédère en hauteur avec vue panoramique
- accès à proximité des bassins (sans entrer dans les zones de production)
💡 Le site est vaste : prendre le temps de s’arrêter à différents points de vue permet de varier les perspectives.
