Les oiseaux migrateurs de passage à Creek salé. Situé sur la côte ouest de la Grande Terre, près de la commune de Pouembout en Nouvelle-Calédonie, le Creek Salé est une zone humide littorale particulièrement favorable à l’accueil des oiseaux migrateurs. Composé de vasières, de lagunes peu profondes et de marais salés, ce site constitue une halte importante pour de nombreuses espèces qui parcourent chaque année des milliers de kilomètres le long de la voie de migration Asie–Pacifique.
Au fil des saisons, ces milieux riches en invertébrés attirent notamment des limicoles venus se reposer et se nourrir pendant leur migration. On peut ainsi y observer différentes espèces de bécasseaux, de pluviers ou encore de chevaliers, qui profitent des vasières découvertes à marée basse. Discret mais riche sur le plan écologique, le site de Creek Salé offre ainsi un point d’observation privilégié pour les amateurs d’ornithologie et illustre le rôle essentiel des zones humides de la côte ouest de la Nouvelle-Calédonie dans les grandes migrations d’oiseaux du Pacifique.
🔎 En savoir plus sur l’observation des oiseaux à Creek salé
18 février 2018.
Première sortie à Creek salé, mise à l’eau de Pouembout. Cette zone de marais et de mangrove est très intéressante pour les oiseaux.
Je découvre de nombreuses nouvelles espèces, les yeux tantôt rivés vers le paysage, tantôt plongés dans mon guide. Les hirondelles sont nombreuses, il s’agit d’hirondelles messagères. Mais une autre hirondelle, posée sur une branche présente des caractéristiques différentes : pas de longs filets, absence de gorge orangée, un croupion blanc, un début de collier (de loin ça m’a fait pensé à un tarier pâtre). Je prends une photo « document » question de chercher l’espèce plus tard dans le guide.
Il y a peu d’hirondelles visibles en Nouvelle-Calédonie : l’hirondelle de Tahiti, l’hirondelle messagère et l’hirondelle des arbres. Visiblement, la chance m’ a sourit pour ma première sortie, l’hirondelle des arbres (Petrochelidon nigricans) est une espèce très rare en Nouvelle-Calédonie quoiqu’elle soit répandue sur le continent australien. Bref, ça commence fort 🙂
Mardi 6 février.
En sortant des cours, nouvelle petite virée sur Creek salé en fin d’après-midi. 16h, les températures sont encore élevées … 38° … Heureusement, aujourd’hui nous avons droit à un peu de vent ! Le long de la piste, un busard de Gould se livre à une partie de chasse au-dessus des prairies. Je stoppe la voiture, l’appareil est à proximité, juste le temps de faire quelques images recto / verso avant que le rapace ne reprenne de la hauteur.
Je quitte l’oiseau des yeux et mon regard descend à mon niveau … je me retrouve juste face à une belle araignée !
Courlis de Sibérie
Je finis par arriver aux vasières, malheureusement avec le soleil de face. Je sors la longue-vue et scanne la zone. Les pluviers fauves sont toujours en grand nombre, près d’une quarantaine ainsi qu’un groupe de 13 tournepierres. Je continue mon tour d’horizon et tombe sur un courlis évoquant le courlis cendré mais avec un bec plus long. Il s’agit du Courlis de Sibérie.
Ce limicole niche en Mongolie, dans l’est de la Russie et la péninsule du Kamtchatka. En dehors de se période de reproduction il fréquente les milieux côtiers du Japon à la Nouvelle-Zélande mais il hiverne essentiellement sur le littoral australien. On peut ainsi observer en Calédonie quelques individus de façon sporadique mais l’espèce n’y est pas commune. La lumière n’est pas top, mais on ne va pas se plaindre, ce n’est pas tous les jours qu’on peut avoir la chance d’observer cet oiseau peu connu. Deux images « document ».
Pluviers à double collier
Dernier point d’observation de ma tournée, au bout de la piste. C’est un autre groupe de limicoles qui attire mon attention. Ils ressemblent à des gravelots, il s’agit de pluviers à double collier. Ils restent également à distance et je ne parviendrai pas à faire d’images correctes.
Ce gravelot niche exclusivement en Nouvelle-Zélande. Migrateur partiel, une partie de la population quitte ses sites de reproduction entre février-mars pour gagner leurs quartiers « d’hivernage » sur la côte Sud-Est de l’Australie. Ce sont donc ces oiseaux que nous pouvons observer durant cette période ici, sur le caillou. Les retours ont lieu entre octobre et novembre. En parlant de retour, les ombres s’étirant m’annoncent qu’il est temps de rentrer, 18h, la nuit tombe vite ici.
21 février 2018
Contente d’avoir découvert Creek salé quelques jours auparavant et d’y avoir observé une hirondelle des arbres, je retourne sur le site en sortant des cours en fin d’après-midi. Nous sommes en pleine saison des pluies et les orages de fin de journée commencent à gronder. Mais ils sont encore loin, j’ai un peu de marge avant qu’ils n’arrivent. De plus, avec ces conditions, les lumières sont magiques 🙂


Les zones agricoles
Les groupes de martins tristes se posent sur le bétail, gardes-manger ambulants, et ce soir ils ne sont pas loin de la piste !



La mangrove
Je finis par arriver le long du creek, un martin-chasseur se tient au bord de la piste, à l’affût du moindre insecte de passage.

Le ciel se fait de plus en plus sombre … Peu d’hirondelles cette fois-ci et plus de trace de l’hirondelle des arbres mais au loin, de nombreux limicoles. J’accélère le rythme pour avoir le temps de les observer …


Les vasières
C’est sous un léger grain que je commence l’observation. Il plane ici une petite ambiance de Camargue … de grands espaces, des odeurs de vase, des moustiques (bon ici il y a la dengue faut quand même faire attention) et des limis assez loin. Je n’avais pas pris ma longue-vue cela me servira de leçon, je reviendrai mieux équipée ! Par chance, certains oiseaux se tiennent à proximité ce qui permet de les identifier.
Des similitudes avec le delta du Rhône … des groupes de tournepierres à collier trouvant ici des conditions idéales pour fuir l’hiver de l’hémisphère nord avant de rejoindre leurs terres arctiques pour la reproduction, mais également des pluviers et des bécasseaux. Les pluviers ici ne sont pas dorés mais fauves, les bécasseaux minutes sont en réalité des bécasseaux à cou roux et ceux un peu plus hauts sur pattes avec une calotte roussâtre, des bécasseaux à queue pointue.




Mais l’orage finis par me rattraper, le grain commence à s’intensifier … je quitte la zone avant de rester bloquée … les inondations ne sont pas rares ici, mais satisfaite de découvrir ce magnifique terrain de jeu à proximité de chez moi, je reviendrai !! Arrivée chez moi, je me rends compte que la foudre a grillé la box … c’est beau l’orage, mais bon …
27 février 2018
Nouveau passage en fin de journée, après les cours, à Creek salé. Cette fois-ci pas d’orage, et un jolie lumière sur les paysages, ce qui permet de faire quelques images avec de nouvelles ambiances.
Cette fois-ci je suis venue équipée de ma longue-vue, mais les limicoles semblent être moins nombreux que la fois précédente. Plus un seul bécasseau. En revanche les pluviers fauves sont toujours aussi nombreux. Je ne contacte que 3 tournepierres contre une quinzaine quelques jours auparavant. La marée étant basse, et la vasière à sec ils ont peut-être gagné d’autres lieux de nourrissage.
Plus loin au milieu des salicornes, d’autres limicoles : 3 barges à queue rousse et un courlis corlieu … ils se réfugient ici en attendant que les conditions deviennent plus favorables dans l’hémisphère nord …
17h30, le soleil commence à décliner. C’est l’heure pour faire les photos, le créneau est court ici pour éviter les brumes de chaleur !
Un milan siffleur se dore au soleil.
Un pluvier fauve coopératif
Par chance, un pluvier fauve se montre particulièrement coopératif. Malheureusement celui-ci n’a pas encore commencé à muer alors que d’autres individus commencent à revêtir leur plumage nuptial. Avec un peu de chance, les photos avec plumage nuptial seront pour une prochaine fois ! Mais on va pas se plaindre, la lumière est quand même top.
Instant éphémère, le soleil ne tarde pas à passer sous la barre de nuages qui se dessine à l’horizon, c’est l’heure de rentrer, les moustiques se font voraces !
Mardi 3 avril.
Petit passage rapide après les cours à Creek salé. Après un week-end à la météo capricieuse, le ciel est encore un peu gris mais ça devrait passer … D’après les locaux, cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas eu une saison des pluies si marquée … Moi qui pensait qu’il faisait beau en Nouvelle-Calédonie ! Le long de la piste qui mène au ponton, les martins chasseurs sacrés se succèdent. L’un d’eux se montre plutôt coopératif !
Quelques limicoles
Je me poste pour observer les limicoles au milieu des vasières. Ils sont malheureusement trop loin pour la photo. La longue-vue, ici non plus, n’est pas du luxe ! Les pluviers fauves sont toujours en grand nombre, environ une centaines et revêtent un plumage de plus en plus marqué. L’heure du départ approche. J’aperçois d’autres oiseaux mais, entre temps, les nuages se sont accumulés et j’ai droit à une bonne averse, le temps de retourner à la voiture, me voilà trempée ! Autant que ce Vanneau soldat !
La pluie finit par passer et les hirondelles messagères se remettent à virevolter … On se croirait au printemps ! Je reprends mon comptage de limis. Au milieu des innombrables pluviers, il reste encore 6 tournepierres, 4 bécasseaux à collier roux, 2 bécasseaux à queue pointue et 1 chevalier de Sibérie. Tout ce petit monde aura bientôt déserté le caillou ! Les nuages se dissipent petit à petit pour laisser passer les rayons de soleil de fin de journée. Y a pas à dire, les lumières ici sont vraiment magiques !


























