Le parc naturel de Montfragüe. Situé en Estrémadure, au cœur de la province de Cáceres, le parc naturel de Monfragüe est l’un des sites les plus emblématiques d’Espagne pour l’observation des rapaces et de la biodiversité méditerranéenne. Classé réserve de biosphère par l’UNESCO, Monfragüe s’étend sur plus de 18 000 hectares de collines, vallées fluviales, gorges calcaires et forêts méditerranéennes, offrant un refuge sûr pour de nombreuses espèces rares et menacées. Les falaises abruptes et les rochers surplombant les rivières sont le théâtre d’un ballet aérien spectaculaire de vautours, aigles et autres rapaces.
Faune et oiseaux emblématiques
Monfragüe est surtout célèbre pour sa richesse ornithologique :
- Vautour fauve et vautour moine : populations importantes, visibles depuis les miradors aménagés.
- Aigle impérial ibérique (Aquila adalberti) : l’un des rapaces les plus menacés d’Europe, qui trouve ici un habitat sûr.
- Perdrix et outardes dans les zones steppiques environnantes.
- Hérons, martinets et martin-pêcheurs le long des rivières.
La richesse en mammifères et reptiles complète ce panorama : renards, sangliers, genettes et même loutres fréquentent les cours d’eau et les sous-bois.
Zones clés et points de vue
Le parc propose plusieurs miradors et sentiers balisés permettant d’observer la faune sans la déranger :
- Mirador del Castillo : vue panoramique sur la vallée et les nids de vautours.
- Salto del Gitano : lieu emblématique pour photographier les rapaces en vol.
- Castillo de Monfragüe : ruines surplombant le parc, point stratégique pour les observations.
Des sentiers de randonnée de différents niveaux permettent de parcourir gorges, forêts et rivières, en privilégiant la faune et la flore méditerranéennes.
Meilleures périodes d’observation
- Printemps et début de l’été : période de reproduction, les jeunes rapaces sont visibles dans les nids.
- Automne : migration des oiseaux, dont les aigles et vautours venus du nord.
- Hiver : certaines espèces aquatiques et oiseaux migrateurs viennent se réfugier dans les rivières et lagunes.
Conseils pratiques pour les naturalistes
- Matériel recommandé : jumelles puissantes, longue-vue, appareil photo avec téléobjectif.
- Guides locaux et excursions : disponibles pour maximiser les chances d’observation.
- Éthique : rester sur les sentiers balisés et respecter les zones de nidification.
- Prévoir chaussures de randonnée, eau et protection solaire : le climat peut être chaud et sec en été.
Mon carnet de voyage
Lundi 30 avril 2012 : Départ pour l’Estramadure
Nous récupérons l’autoroute et traçons en direction de Madrid. Près de 500 km nous séparent de notre destination que nous atteignons vers 16h. Nous installons nos affaires au camping de Monfragüe sur la route en direction de Plasencia. Nous sommes accueillis par un petit groupe de pies bleues !
La journée s’achève en parcourant l’unique route qui traverse le parc. Petite halte au belvédère de d’où nous pouvons observer nos premiers Aigles ibériques !
Quant aux cerfs élaphes, ils sont très nombreux dans le parc et il est assez facile de les observer depuis la route.

Le cerf élaphe ibérique, une sous-espèce d’Espagne
Le cerf élaphe (Cervus elaphus hispanicus), sous-espèce ibérique du cerf élaphe européen, est l’un des mammifères emblématiques du parc naturel de Monfragüe. Ces grands cervidés peuplent principalement les forêts de chênes, garrigues et zones vallonnées du parc, où ils trouvent abri et nourriture tout au long de l’année. La population locale est aujourd’hui stable et relativement dense, grâce à la protection stricte du parc et à l’absence de chasse. Au printemps et en été, les femelles et leurs faons restent souvent discrètes dans les zones boisées, tandis que l’automne marque la période du brame, moment où les mâles adultes s’affrontent par cris et luttes pour défendre leur territoire et attirer les femelles.
Le cerf ibérique se distingue par une taille légèrement plus compacte que ses cousins européens, un pelage brun-roux vif en été qui devient plus foncé et épais en hiver, et des andouillers impressionnants, souvent plus fins et élancés que ceux des populations du nord de l’Europe. La population de Monfragüe représente un exemple réussi de conservation de cette sous-espèce, et le parc reste un des meilleurs sites d’Europe pour observer le brame dans un environnement naturel préservé, à distance respectueuse.
Mardi 1er mai
Nous parcourons à nouveau la route du parc pour profiter de la lumière du matin.
Portilla del Tiétar : Vautour fauve, Vautour percnoptère (posé sur son aire), Aigle ibérique, Cigogne noire au nid, 2 jeunes grands-ducs.
Les rapaces sont très nombreux, nous observons également un Aigle de Bonelli, des Aigles bottés, Milans noirs et royaux.
Nous continuons la route en direction de Torrejon pour gagner le Salto del Gitano, rocher très connu où nichent de nombreux rapaces : Grand-duc, Faucon pèlerin, vautour fauve, Vautour percnoptère. Mais également Cigogne noire, Monticole bleu, Hirondelle rousseline
Nous aurons également la chance dobserver un Traquet rieur dans les éboulis près du rocher, notre unique traquet rieur du séjour.
Un sentier permet de décrire une boucle et de monter au Castillo d’où la vue sur le rocher et les méandres du Tage est superbe et super pour l’observation des rapaces.
Un ornitho du coin nous montre ainsi un Vautour moine sur son aire dans les collines qui nous font face.
Le chemin redescend ensuite jusquau fleuve que nous longeons pour retourner au salto del gitano.