Le parc du Mugel : une fenêtre sur la mer. Si vous êtes de passage dans la région, vous ne pouvez pas manquer ce site d’une incroyable beauté. À l’entrée ouest de La Ciotat, blotti au fond d’une calanque discrète, le jardin du Mugel est un lieu à part. Poussez le portail, et pénétrez dans ce jardin extraordinaire. À la fois jardin botanique, espace naturel protégé et porte d’entrée du parc national des Calanques, il offre une immersion unique entre mer, falaises calcaires et végétation méditerranéenne. Ce site singulier séduit autant par sa richesse botanique que par son atmosphère paisible, loin de l’agitation du littoral.
- Le Mugel, porte d’entrée du parc national des Calanques
- Un site naturel exceptionnel entre mer et falaises
- Le belvédère
- L’impluvium
- Point de vue sur l’anse du sec
- Au bord de la calanque
- L’anse du grand Mugel : un projet imaginé par les enfants
- Un écosystème méditerranéen d’une grande richesse
- Infos pratiques – Visiter le jardin du Mugel
- Un rôle écologique et pédagogique essentiel
- Pour aller plus loin
Le Mugel, porte d’entrée du parc national des Calanques
Intégré au parc national des Calanques, le jardin du Mugel joue un rôle important dans la sensibilisation à la protection des milieux naturels méditerranéens. Il offre une approche douce et accessible de ce territoire protégé. C’est l’idéal pour comprendre les enjeux liés à la biodiversité, à l’érosion des falaises et à la pression touristique sur le littoral. Depuis le jardin, plusieurs sentiers permettent de rejoindre le bord de mer ou de prendre de la hauteur. Il ne nous reste qu’à admirer les paysages emblématiques des Calanques.
Un site naturel exceptionnel entre mer et falaises
Le jardin du Mugel s’étend au fond de la calanque du Mugel. Elle est dominée par les hautes falaises du Bec de l’Aigle, emblème géologique de La Ciotat. Protégé des vents par ce relief abrupt, le site bénéficie d’un microclimat particulièrement doux. Ce climat favorise le développement d’une végétation variée, parfois d’origine subtropicale. Cette situation géographique exceptionnelle explique la diversité des essences présentes. Il règne ici une sensation de fraîcheur, même en plein été.

Le Mugel est avant tout un jardin botanique, structuré autour de différentes zones thématiques. On y découvre des espèces méditerranéennes typiques – pins, chênes verts, lentisques, arbousiers – mais aussi des plantes venues d’autres régions du monde, comme des palmiers, des bambous, des agaves ou des plantes d’Amérique du Sud, d’Afrique ou d’Australie. Cette diversité végétale s’intègre harmonieusement au paysage naturel et permet une lecture pédagogique des adaptations des plantes aux climats secs et ensoleillés.
Le belvédère
Commencez par suivre le sentier pavé en direction du belvédère. Après avoir longé un petit boisement de bambou, on pénètre dans le sous-bois au pied des falaises de poudingue.

Les falaises de poudingue qui dominent le jardin du Mugel constituent l’un des paysages géologiques les plus spectaculaires du site. Cette roche singulière, composée de galets anciens soudés par un ciment naturel, témoigne de l’histoire géologique mouvementée du littoral provençal. En suivant le sentier qui serpente à flanc de falaise vers le belvédère, le visiteur chemine au pied de parois abruptes aux teintes ocre et rougeâtres, caractéristiques du poudingue du Bec de l’Aigle.

Le chemin, parfois escarpé mais accessible, offre une montée progressive entre végétation méditerranéenne, pins, lentisques et falaises nues, où nichent oiseaux et insectes thermophiles.
Un regard vers le large

Arrivé au belvédère, le regard s’ouvre sur un panorama remarquable, embrassant la baie de La Ciotat, les îles voisines et l’immensité de la Méditerranée, donnant tout son sens à cette ascension où géologie, paysage et nature se rencontrent intimement. Prenez le temps de regarder en mer avec des jumelles. Avec un peu de chance vous pourrez apercevoir à l’aide de jumelles un groupe de Grand dauphin qui arpente parfois la zone. Quelques oiseaux marins peuvent aussi être observés. Bien entendu, les omniprésents goélands leucophées que l’on appelle ici les gabians. Mais plus au large, vous pouvez également voir filer les puffins de Scopoli et yelkouan, lointains cousins des albatros.

C’est aussi un bon spot pour l’observation des espèces rupestres. En hiver, il est possible d’apercevoir le discret tichodrome et l’accenteur alpin. L’été admirez les ballet des martinets pâles et à ventre blanc. Cherchez le discret monticole bleu et son prédateur le Faucon pèlerin, présents tout au long de l’année. Enfin, le cadre est si beau que même lorsqu’il y peu d’oiseaux on peut juste profiter du paysage et en prendre plein les yeux !

L’impluvium
Après avoir bien profitez de la terrasse, je redescends sur mes pas et suis ensuite le sentier en direction de l’impluvium. Le sentier grimpe progressivement le long de la falaise au milieu des plantes odorantes.

L’impluvium du jardin du Mugel est un élément paysager et écologique central, conçu pour collecter et valoriser les eaux de pluie dans un contexte méditerranéen marqué par la sécheresse estivale. Inspiré des bassins antiques, il recueille naturellement l’eau ruisselant depuis les pentes environnantes, créant un espace frais et ombragé. Cette présence de l’eau favorise le développement d’une végétation plus luxuriante, composée de plantes hygrophiles, de fougères et d’espèces exotiques acclimatées, contrastant fortement avec la garrigue sèche alentour. Véritable îlot de fraîcheur et de biodiversité, l’impluvium attire insectes, oiseaux et petits reptiles, tout en illustrant une gestion intelligente et durable de l’eau, essentielle dans les milieux méditerranéens.
L’impluvium, un héritage de l’Antiquité
Le terme impluvium trouve son origine dans l’architecture romaine antique. Dans les maisons romaines traditionnelles, l’impluvium était un bassin aménagé au centre de l’atrium, destiné à recueillir l’eau de pluie tombant par l’ouverture du toit, le compluvium. Cette eau, précieuse dans les régions au climat sec, servait aux usages domestiques et symbolisait à la fois l’ingéniosité romaine et le lien étroit entre l’habitat et les éléments naturels.
un jardin d’eau au cœur du Mugel
Au jardin du Mugel, ce principe ancien est réinterprété dans un contexte paysager et écologique moderne. L’impluvium ne se limite plus à une fonction utilitaire, mais devient un élément structurant du jardin, à la fois esthétique, climatique et symbolique. Il rappelle que la gestion raisonnée de l’eau, aujourd’hui au cœur des enjeux environnementaux, était déjà une préoccupation majeure des civilisations méditerranéennes antiques. Ce clin d’œil à l’histoire donne au Mugel une dimension culturelle supplémentaire, où patrimoine, nature et écologie se rencontrent harmonieusement.

L’impluvium du jardin du Mugel date du début du XIXᵉ siècle, période où le site était encore partagé entre plusieurs cabanons agricoles. Il a été aménagé à cette époque pour recueillir et canaliser les eaux de pluie qui ruissellent le long de la roche imperméable du Bec de l’Aigle vers des bassins, ce qui a permis d’irriguer les cultures de vigne, de légumes et d’oliviers avant l’arrivée du canal de Marseille à La Ciotat en 1883 . Ce système traditionnel de gestion de l’eau continue de fonctionner aujourd’hui, témoignant des savoir-faire anciens en matière de hydraulique paysagère méditerranéenne : la pluie était littéralement collectée pour être utilisée là où elle était la plus précieuse dans un climat souvent sec.
Point de vue sur l’anse du sec
A nouveau, il convient de faire demi-tour pour redescendre vers un autre point de vue qui domine l’anse du sec. Le sentier traverse une végétation typiquement méditerranéenne : ciste de Montpellier, ciste cotonneux, ciste à feuille de sauge, pistachiers lentisques ou encore euphorbes arborescentes. Ici commence le royaume des fauvettes, essentiellement mélanocéphale, mais il est également possible de croiser la pitchou.

Les roches orangées du poudingue s’évanouissent ici dans le bleu turquoise de la calanque. Vers le nord, le massif de la Sainte-Baume s’étire en direction de l’Est. On devine la silhouette des monts toulonnais et plus au sud, le cap Sicié. Face à nous, l’ile verte se dresse fièrement hors de l’eau, sauvage et préservée,

Au bord de la calanque
Le sentier continue de descendre et nous conduit au pied des falaises. Si vous êtes à la bonne saison, vous pouvez piquer une tête (testé l’an dernier et approuvé !). Mais aujourd’hui que j’écris cet article au retour de ma balade, nous sommes le 1er février et j’avoue ne pas avoir eu envie d’aller à l’eau ! Pourtant le cadre et ces eaux claires sont une vraie invitation à la baignade. Attention cependant, il n’est pas si simple de remonter sur les rochers. Si vous voulez un endroit plus facile pour vous baigner, rendez-vous sur la plage de l’anse de grand Mugel ou de la calanque de Figuerolles.

L’anse du grand Mugel : un projet imaginé par les enfants
Et voilà, nous avons fait le tour du parc. Mais avant de partir, faites une halte sur l’anse du grand Mugel pour en apprendre plus sur la biodiversité marine. Au pied du jardin du Mugel, la mer prolonge en effet naturellement l’expérience de découverte. Le littoral de La Ciotat fait pleinement partie du cœur marin du parc national des Calanques, premier parc national périurbain d’Europe à intégrer à la fois des espaces terrestres et marins.

Dans l’anse du Grand Mugel, le parc marin prend aussi une dimension humaine et éducative grâce à une initiative portée par les enfants. Ce parc marin symbolique, imaginé et matérialisé avec l’aide d’animateurs et de partenaires locaux, vise à sensibiliser dès le plus jeune âge à la protection du milieu marin. En délimitant un espace dédié au respect de la faune et des habitats sous-marins, les enfants deviennent acteurs de la préservation de la Méditerranée. Ce projet ludique et pédagogique permet de comprendre l’importance des herbiers de posidonies, des poissons côtiers et des équilibres fragiles du littoral, tout en transmettant un message fort : la mer est un bien commun à protéger collectivement. À l’échelle du Mugel, cette initiative incarne parfaitement l’esprit du parc national des Calanques, où connaissance, transmission et protection vont de pair.
Un écosystème méditerranéen d’une grande richesse

Les eaux claires et bien oxygénées abritent des habitats emblématiques de la Méditerranée, à commencer par les herbiers de posidonies. Véritables forêts sous-marines, ces plantes marines jouent un rôle essentiel : elles produisent de l’oxygène, stabilisent les fonds, servent de nurserie à de nombreuses espèces et protègent le littoral de l’érosion.
Les fonds rocheux accueillent une faune diversifiée composée de girelles, sars, oblades, rougets, mais aussi de poulpes, seiches et oursins. Dans les zones plus profondes ou moins fréquentées, on peut également rencontrer des mérous bruns, espèce emblématique et longtemps menacée, aujourd’hui en recolonisation grâce aux mesures de protection.
Un sanctuaire pour la biodiversité marine
Le parc marin constitue un réservoir de biodiversité dans un secteur soumis à une forte pression humaine (navigation, plaisance, urbanisation). La réglementation du parc national – limitation des mouillages, protection des herbiers, encadrement de la pêche et des activités nautiques – permet le retour progressif d’espèces sensibles et le maintien d’équilibres écologiques fragiles.
Observer sans déranger
La calanque du Mugel est un site privilégié pour la découverte du milieu marin, notamment en snorkeling, à condition de respecter quelques règles essentielles : ne pas marcher sur les herbiers, ne rien prélever, garder ses distances avec la faune et utiliser des crèmes solaires respectueuses du milieu marin. Cette approche douce permet d’observer la vie sous-marine tout en contribuant à sa préservation.
Infos pratiques – Visiter le jardin du Mugel
📍 Localisation
Le jardin du Mugel se situe à l’ouest de La Ciotat (Bouches-du-Rhône), au fond de la calanque du Mugel, à proximité immédiate du parc national des Calanques.
🚶 Accès
- Accès à pied depuis le centre de La Ciotat ou par les quartiers ouest
- Parking à proximité, mais fréquentation élevée en période estivale
- Sentiers aménagés et accessibles, avec quelques zones en pente
🕒 Horaires et période de visite
- Ouvert toute l’année : Du 1ᵉʳ avril au 30 septembre, il est accessible de 8 h à 20 h. Cela permet de profiter pleinement des allées ombragées, des jardins et des vues sur la mer en journée estivale. En période plus fraîche, du 1ᵉʳ octobre au 31 mars, les heures d’ouverture sont généralement de 9 h à 18 h.
- Meilleure période : printemps et automne, pour la floraison et une fréquentation plus calme
- Été : privilégier le matin ou la fin de journée
- Attention. L’accès aux massifs environnants peut être temporairement restreint en cas de risque élevé d’incendie, sur décision préfectorale ou municipale, pour la sécurité des visiteurs et la préservation des milieux naturels.
🎒 Conseils de visite
- Prévoir de l’eau, surtout en été
- Chaussures adaptées pour les sentiers et belvédères
- Respecter la réglementation du parc national (pas de cueillette, feux interdits)
- Observer la faune discrètement, sans dérangement
Un rôle écologique et pédagogique essentiel

Le jardin du Mugel constitue donc un espace de transition entre milieu urbain, jardin botanique et espaces naturels du parc national des Calanques. Il joue un rôle important dans la sensibilisation à la biodiversité méditerranéenne. Le site permet de montrer la fragilité de ces écosystèmes face aux pressions climatiques et humaines. Il offre ainsi un lieu d’observation privilégié, accessible à tous.
Pour aller plus loin
Pour continuer la balade, pourquoi ne pas prendre la magnifique route des crêtes ? L’itinéraire permet de rejoindre Cassis en longeant les impressionnantes falaises du Cap Canaille ? Voilà un road-trip incontournable lors votre découverte du parc national des Calanques. Vous me suivez ? C’est => ici. Attention cette route est fermée tous les dimanches ! Elle est réservée aux piétons, cyclistes et mobilités douces. Cette mesure vise en effet à réduire les nuisances et à valoriser les modes de déplacement doux le long des panoramas du Cap Canaille entre Cassis et La Ciotat.