Observer les vautours dans les Baronnies. Les Baronnies provençales constituent aujourd’hui l’un des meilleurs territoires de France pour l’observation des vautours en milieu naturel. Situé entre Drôme et Hautes-Alpes, ce territoire de moyenne montagne, alternant falaises calcaires, gorges, plateaux et vallées ouvertes, offre des conditions idéales pour ces grands rapaces nécrophages. Grâce aux programmes de réintroduction menés depuis les années 1990, plusieurs espèces de vautours y sont désormais bien installées, faisant des Baronnies un site de référence pour l’ornithologie.

Pourquoi les Baronnies sont favorables aux vautours

Les paysages des Baronnies présentent une combinaison rare :

  • falaises et barres rocheuses propices à la nidification,
  • espaces ouverts favorables aux déplacements et au repérage des carcasses,
  • activité pastorale encore bien présente, garantissant une ressource alimentaire naturelle,
  • conditions aérologiques idéales pour le vol plané.

Ce contexte permet aux vautours de se reproduire, de s’alimenter et de circuler librement sur de vastes territoires.

Quelles espèces de vautours observer dans les Baronnies ?

Le vautour fauve (Gyps fulvus)

C’est l’espèce la plus facile à observer et la plus abondante. Les Vautours fauves ont été réintroduits dans les Baronnies dès 1996. Le programme est géré par l’association « Vautours en Baronnies ». Le vautour fauve est de loin l’espèce la plus abondante dans les Baronnies. Les estimations indiquent qu’il existe une colonie solidement implantée, avec environ 300 couples nicheurs dans le massif. Ces chiffres sont cohérents avec les suivis nationaux qui comptent plusieurs centaines de couples répartis entre les Baronnies, le Vercors et le Verdon, et montrent une dynamique en croissance depuis les programmes de réintroduction.

  • Envergure : jusqu’à 2,80 m
  • Comportement : très grégaire, souvent en groupes
  • Effectifs : plusieurs centaines d’individus fréquentent régulièrement le massif
  • Observation : quasiment toute l’année
Le vautour moine (Aegypius monachus)
Vautour moine

Plus rare et plus impressionnant par sa taille. Le vautour moine, réintroduit dans les Baronnies depuis 2004, est beaucoup plus rare que le vautour fauve mais il y a une présence confirmée de l’espèce qui se reproduit localement. Des sources récentes indiquent environ 14 couples dans la région d’après les comptages les plus récents disponibles

  • Envergure : jusqu’à 3 m
  • Silhouette sombre, massive
  • Effectifs : quelques dizaines d’individus présents dans le secteur élargi
  • Observation : possible toute l’année, mais plus discrète
Le percnoptère d’Égypte (Neophron percnopterus)
Vautour percnoptère

Espèce migratrice et la plus menacée. Malheureusement, le dernier couple avait disparu du massif en 1981. Cependant, l’installation de la colonie de Vautour fauve a favorisé le retour du vautour égyptien. Le percnoptère d’Égypte est cependant présent de manière plus pionnière et marginale, avec quelques couples nicheurs observés (souvent autour d’un unique couple confirmé ces dernières années). Cette espèce est migratrice et son effectif est faible localement, bien que stable au niveau régional.

  • Taille plus petite, plumage clair contrasté
  • Présence : mars à septembre
  • Effectifs : quelques couples nicheurs dans les Baronnies
  • Observation délicate, mais possible près des falaises au printemps
Gypaète barbu (Gypaetus barbatus)

Le gypaète barbu a fait l’objet d’un programme de réintroduction plus récent (à partir de 2016). Il n’a pas encore de colonie de reproduction stable bien établie dans les Baronnies, mais des sorties et des vols d’individus réintroduits sont signalés régulièrement dans le secteur.

Gypaète barbu
Gypaète barbu

Où observer les vautours dans les Baronnies ?

Les secteurs rocheux sont les plus favorables :

  • gorges de l’Eygues
  • gorges de l’Ouvèze
  • falaises autour de Rémuzat, Sahune, Buis-les-Baronnies

Les vautours y nichent ou les survolent régulièrement. Les crêtes offrent des points d’observation idéaux pour voir les vautours exploiter les ascendances thermiques.

Baronnies

Quand observer les vautours dans les Baronnies ?

Printemps (mars à mai) – période idéale
  • Retour du percnoptère d’Égypte
  • Parades nuptiales
  • Activité aérienne intense
Été (juin à août) – vols spectaculaires
  • Conditions thermiques optimales
  • Vautours très actifs en milieu de journée
  • Observation facile depuis les sentiers
Automne (septembre à octobre)
  • Activité encore soutenue
  • Départ des percnoptères
  • Lumières idéales pour l’observation et la photographie
Hiver (novembre à février)
  • Principalement vautour fauve et vautour moine
  • Activité dépendante des conditions météo

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus, consultez le site de l’association Vautours en Baronnies. Vous pouvez également visiter la maison du Vautour à Rémuzat.

Deux jours sur les hauteur de Rémuzat

Nous consacrons nos deux journées du samedi 8 et dimanche 9 mars à tenter de photographier les vautours et à balader sur le plateau. Ce n’est pas encore la meilleur période pour découvrir le site. Les migrateurs ne sont pas encore là et … pas encore de cerises ! Mais les oiseaux commencent malgré tout à s’activer : les Fauvettes pitchou sont nombreuses à chanter, perchées sur une branche de buis, végétation omniprésente sur le plateau. Mais le spectacle des vautours … vaut le détour … Les rapaces passent le long de la falaise, sans se soucier des visiteurs qu’ils frôlent de leurs rémiges. Nous faisons de super obs aussi bien des moines que des fauves, mais nous n’aurons malheureusement pas la chance de croiser le briseur d’os !

Pour découvrir le plateau, il suffit de suivre la petite route depuis Saint-May qui monte jusqu’à un parking. De là, une sentier permet de découvrir le plateau en dessinant une boucle dont une grand partie longe les falaises. Pour observer les vautours, il suffit donc de suivre ce chemin !

Liste des espèces observées : Bruant fou, Bruant zizi, Alouette des champs, Alouette lulu, Pinson des arbres, Merle noir, Linotte mélodieuse, Tarier pâtre, Corneille noire, Pic vert, Étourneau sansonnet, Fauvette pitchou, Pigeon ramier, Grive draine, Hirondelle de rochers, Grand corbeau, Tarin des aulnes, Accenteur mouchet, Mésange charbonnière, Serin cini, Pie bavarde, Grue cendrée (vol en migration), Vautour fauve, Vautour moine, Buse variable (1), Faucon crécerelle (1), Épervier d’Europe (1)

Où voir les vautours en France ?

Au cours du XXᵉ siècle, les vautours ont presque totalement disparu de France, ne subsistant plus alors que dans les Pyrénées, dernier refuge de ces grands rapaces nécrophages. Victimes de la persécution directe, de l’empoisonnement et de la raréfaction du pastoralisme, ils avaient déserté la majorité des massifs français. Leur retour spectaculaire est le fruit de programmes de réintroduction engagés à partir des années 1980, notamment dans les Grands Causses, puis dans le Verdon, les Baronnies provençales et les Alpes.

Le vautour fauve, réintroduit en premier, a joué un rôle clé dans cette reconquête et compte aujourd’hui plusieurs milliers d’individus en France. Le vautour moine, plus rare, a ensuite été réintroduit dans certains territoires, tandis que le vautour percnoptère, migrateur et très menacé, bénéficie de plans de conservation spécifiques.

Le gypaète barbu, emblématique mangeur d’os, a quant à lui été réintroduit dans les Alpes. Ces réussites reposent sur un suivi scientifique rigoureux, la protection des falaises de nidification et le maintien du pastoralisme, ressource alimentaire essentielle. La France est désormais devenue un territoire majeur pour la conservation des vautours en Europe occidentale.

Pour aller plus loin, RDV sur mon article Où voir les vautours dans le Verdon ?

Gardons le contact !

Inscrivez-vous pour recevoir les derniers conseils pour explorer la nature mois après mois !

1 Commentaire

  • Tom
    Posted 23 mars 2014

    De très belles photos, surtout du moine, à défaut de gypa. Ce n’est que partie remise!!

Laissez un commentaire