Situé à environ 24 kilomètres au large de Nouméa, l’îlot Amédée est l’un des sites naturels les plus emblématiques de la province Sud de Nouvelle-Calédonie. Facilement accessible à la journée, il offre une immersion privilégiée dans le lagon calédonien, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, et constitue un lieu idéal pour découvrir la richesse des écosystèmes marins tropicaux.

Posé sur un banc de sable blanc bordé de récifs coralliens, l’îlot séduit autant par son paysage de carte postale que par la biodiversité exceptionnelle qui l’entoure.

Un îlot façonné par le lagon

L’îlot Amédée est un îlot sableux de petite taille, formé par l’accumulation de sédiments coralliens. Sa végétation basse, composée essentiellement de cocotiers et d’espèces littorales adaptées au sel et au vent, contraste avec l’intensité des bleus du lagon.
Son célèbre phare métallique, construit à la fin du XIXᵉ siècle, domine le paysage et constitue un repère visible depuis le large, mais aussi un point d’observation privilégié sur le récif et le lagon sud.

Informations pratiques : se rendre au phare Amédée

  • Accès : excursions en bateau depuis Nouméa (environ 45 minutes de traversée)
  • Durée conseillée : demi-journée à journée complète
  • Équipements recommandés : masque et tuba, chaussures d’eau, chapeau, eau, protection solaire
  • Aménagements : zones ombragées, tables de pique-nique, sanitaires selon les excursions
  • Meilleure période : toute l’année, avec des conditions souvent plus calmes entre avril et novembre

L’îlot est très fréquenté, en particulier les week-ends et pendant les vacances scolaires.

Quel prestataire choisir ?

Plusieurs prestataires y proposent des excursions, le plus connu étant le Mary D qui propose repas et activités sur la journée.

Mais cette ambiance est un peu trop touristique à mon goût. J’ai donc préféré réserver un taxi boat avec Dalocean Charter. Le départ s’effectue à 9h sur la plage du Méridien et le retour sur Nouméa vers 16h. La traversée dure environ 45 mn. Avec cette formule, pensez à apporter votre pique-nique et boissons. L’équipe s’est montrée ponctuelle et accueillante et nous a donné tous les conseils nécessaires pour profiter au mieux de la journée. Réservations obligatoires !

Pendant la traversée, ouvrez l’œil, il n’est par rare de croiser un dugong ou un grand dauphin.

Grand dauphin

Une journée de septembre au phare Amédée

Lundi 24 septembre. Aujourd’hui c’est férié, c’est le jour de la Calédonie et nous avons de la chance, le vent qui sévissait ces jours derniers est tombé. Les conditions sont optimales pour partir découvrir l’îlot Amédée.

Nous arrivons vers 10h sur l’île sous un beau soleil. Alors que la marée commence à descendre, les tricots rayés se rassemblent sur terre, cherchant des endroits où se mettre à l’abri comme des creux de rochers ou sous les souche. Ils sont particulièrement nombreux ici, faites donc attention à où vous posez les pieds !

Tricot rayé, Ilot Amédée
Tricot rayé sur l’îlot Amédée
Faire le tour de l’îlot Amédée : à la rencontre des oiseaux marins

Il ne faut pas plus de 5 mn pour faire le tour. Je longe la partie classée en réserve abritant une colonie de sterne néréis, espérant apercevoir quelques retardataires. La saison de reproduction s’étend en effet de juin à septembre. Mais ces petites sternes semblent avoir déjà déserté la zone.

Colonie de sterne néreis

En revanche, au bout de la digue, un petit reposoir de laro-limocoles s’est formé : essentiellement des chevaliers solitaires, 2 sternes diamant, 2 sternes huppées et 1 tournepierre à collier, c’est vrai que la migration postnuptiale est déjà bien entamée dans le Paléarctique !

Sternes huppées, sternes diamant et chevaliers solitaires, Ilot Amédée

Le phare Amédée : un repère historique du lagon

Érigé en 1865, le phare Amédée est l’un des monuments les plus emblématiques de la Nouvelle-Calédonie. Entièrement construit en structure métallique, il a été fabriqué à Paris avant d’être démonté, transporté par bateau puis remonté sur l’îlot, une prouesse technique pour l’époque. Haut d’environ 56 mètres, il avait pour rôle de sécuriser l’accès à la rade de Nouméa et aux routes maritimes du sud de la Grande Terre.

Toujours en activité, le phare reste aujourd’hui un repère majeur de navigation et un témoignage du passé maritime et colonial du territoire. Son sommet offre une vue panoramique exceptionnelle sur le lagon, les récifs et l’îlot, permettant de mieux appréhender l’organisation naturelle de cet environnement marin.

Du haut de ses 56m, le phare domine le lagon et marque l’entrée de la passe de Boulari depuis 1865. Il est possible d’y monter, mais seulement les jours de passage du Mary D. Aujourd’hui nous aurons la tranquillité, mais pour monter au phare il faudra revenir.

Phare Amédée
Montée au sommet du phare

J’aurai cependant l’occasion de revenir, et cette fois je peux accéder au sommet. Certes les marches sont nombreuses mais la vue sur le lagon et l’îlot est grandiose.

Une observation atypique : un acalypte péron

En finissant le tour, je tombe sur une autre espèce de serpent marin, bien plus rare à observer sur la terre ferme que le tricot rayé : l’Acalypte péron, Horned sea snake (Acalyptophis peronii). Il est vrai qu’ici tout le monde connaît le tricot rayé, mais il y a environ une dizaine d’espèces (le chiffre varie entre 10 et 15 selon les classifications) de serpents marins observables dans les eaux calédoniennes.

Acalypte péron, Horned sea snake, Ilot Amédée

Ce serpent à la tête de dragon peut mesurer jusqu’à 1m10. Il est facilement reconnaissable à ses épines dressées sur la tête et à ses tubercules sur les écailles dorsales. Son venin est très toxique mais est injecté en petite quantité. Il est vraiment exceptionnel de l’observer sur la terre ferme, j’en profite donc pour faire une série de clichés.

Mais sa présence est mauvais signe pour lui, probablement en fin de vie.

Acalypte péron, Horned sea snake, Ilot Amédée
Acalypte péron, Horned sea snake, Ilot Amédée

Snorkeling autour de l’îlot Amédée

Il ne reste plus qu’à enfiler le matos de PMT et c’est parti pour un petit bain. La marée est à présent basse, le coef fort et l’eau assez trouble, ce qui n’empêche pas d’observer les nombreuses tortues vertes, escortées de leurs rémoras, s’alimentant dans l’herbier de cette zone protégée.

En longeant le récif je tombe nez à nez avec une énorme carangue puis un petit pointe blanche.

Une biodiversité marine remarquable

Le lagon autour de l’îlot Amédée est particulièrement riche grâce à la présence conjointe de récifs coralliens, herbiers marins et fonds sableux. Cette diversité d’habitats favorise une grande variété d’espèces :

  • poissons de récif tropicaux (poissons-papillons, chirurgiens, perroquets)
  • bénitiers géants
  • étoiles de mer et holothuries
  • tortues vertes, fréquemment observées dans les herbiers
  • coraux durs et mous formant un récif bien développé

Ces milieux jouent un rôle fondamental dans l’équilibre écologique du lagon, servant de zones d’alimentation, de reproduction et de refuge pour de nombreuses espèces.

Snorkeling et observation naturaliste

L’îlot Amédée est l’un des meilleurs sites de snorkeling autour de Nouméa, notamment grâce à la faible profondeur de l’eau et à la bonne visibilité. L’observation peut se faire directement depuis la plage, sans embarcation, ce qui en fait un site accessible à tous.

Pour une approche naturaliste respectueuse :

  • éviter tout contact avec les coraux
  • ne pas nourrir les poissons
  • privilégier une crème solaire respectueuse des milieux marins
  • rester attentif aux courants, parfois présents autour de l’îlot
Une étoile de mer invasive

Voici l’acanthaster planci, appelée également l’étoile de mer épineuse. Cette espèce invasive et carnassière représente un véritable danger pour le récif qu’elle détruit. Elle peut mesurer jusqu’à 70 cm de diamètre et peser 3kg ! En 2015 avait été lancé un programme de surveillance de cette espèce en Nouvelle-Calédonue, au Vanuatu et à Fidji : OREANET « Oceania Regional Acanthaster Network ». Basé sur les sciences participatives, ce projet devait permettre de déterminer les espaces prioritaires pour des campagnes de lutte et de définir des méthodes de gestion.

Ce programme, piloté par l’IRD est toujours d’actualité et chacun peut communiquer ses observations.

Acanthaster planci, Ilot Amédée
Un site fragile à préserver

La popularité de l’îlot Amédée implique une vigilance particulière quant à la préservation des milieux naturels. Le piétinement, les ancrages non contrôlés et le contact avec les coraux peuvent fragiliser durablement les récifs.

Adopter une attitude responsable permet de contribuer à la protection de ce site emblématique, tout en profitant pleinement de sa richesse naturelle.

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