Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Lagon sud de la Nouvelle-Calédonie fait partie des plus vastes et des plus spectaculaires lagons de la planète. Au départ de Nouméa, une croisière en catamaran permet d’explorer ce territoire marin d’exception, entre îlots coralliens, eaux turquoise et récifs parmi les mieux préservés du Pacifique. La navigation mène vers des sites emblématiques comme l’Îlot Maître, l’Îlot Amédée ou encore le Phare Amédée, entourés de jardins coralliens riches en poissons tropicaux et en tortues marines. Entre baignades, snorkeling et navigation au cœur d’un lagon classé, cette excursion offre une immersion unique dans l’un des joyaux naturels du Pacifique.
A l’aube du referendum
Et voilà le grand week-end approche, week-end prolongé certes, mais c’est surtout LE week-end du référendum. L’ambiance est plutôt sereine à l’approche de cet événement historique pour la Calédonie. Chacun semble retenir son souffle, le questionnement portant bien plus sur le déroulement du scrutin et sur la gestion des résultats que sur ces derniers eux-mêmes. Difficile de prévoir. Pour moi, grande débutante en matière calédonienne, l’une des choses que j’ai retenues au bout de cette première année de pratique, et oui, bientôt un an déjà !! c’est qu’il faut faire preuve d’humilité et garder en mémoire qu’il suffit de peu pour que tout bascule et que le pays s’embrase.
Quelle est la meilleure stratégie à adopter, rester chez soi en Province nord ? Descendre à Nouméa pour être moins isolée et risquer de prendre la route le jour J pour revenir à Pouembout le lundi ? L’internat du lycée sera d’ailleurs fermé le dimanche soir, et le service de bus scolaire de la province nord ne sera pas assuré lundi. Finalement nous décidons avec un groupe de collègues d’organiser un week-end en cata dans le grand lagon sud. Comme si nous, zoreilles fraîchement débarqués, nous nous tenions à l’écart, lointains spectateurs, pour laisser les calédoniens décider de leur destin. Quant au retour, nous aviserons dimanche au retour pour savoir ce qu’il est le plus sage de faire, remonter (ou descendre, comme on veut) en brousse, au-delà du mur.
Route pour Nouméa
Mercredi 31 octobre, nous quittons le lycée en début d’après-midi pour la capitale. C’est toujours l’occasion de faire quelques emplettes, fringues, chaussures … pas forcément facile de trouver ce que l’on souhaite à Koné ! Repas à la baie des citrons, enfin la BD, où nous embarquons sur notre logement du week, le cata d’un ami d’une des collègues de notre petite équipe. Nous sommes 6, répartis dans les 3 cabines du navire, fonctionnel et confortable. Demain nous lèverons l’ancre pour le grand sud.
Départ de Nouméa
Jeudi 1er novembre. Au petit matin, le ciel est gris et le vent se lève tandis que nous hissons les voiles.
Les alizés se renforcent en cette période de l’année, et nous avons le vent de face pour descendre vers le sud. Pas forcément facile de trouver la bonne allure avec ce catamaran qui ne parvient pas à remonter au vent. Nous tirons de larges bords, dessinant de vastes N sur le lagon tandis que nous suivent les fils de traîne. La chance nous sourit et c’est un thazard qui est remonté au bateau, il nous fera les repas du midi et du soir ! Nous finissons par atteindre les paysages du grand sud, terres sauvages rougeoyant à l’horizon.
Le canal Woodin
Nous entrons dans le canal Woodin, séparant la grande terre de l’île Ouen. C’est ici, dans la baie Iré, à l’abri du vent, que nous passerons la nuit. Tandis que la journée touche à sa fin, les brumes de chaleur se dissipent petit à petit sur les sols ultramaphiques de l’île mis à nus par l’érosion.
Réveil dans la baie d’Iré
Vendredi 2 novembre
Au petit matin, c’est reparti pour une petite série photos sur la baie, tandis que les lumières sont encore contrastées et les nuages de l’aube évaporés. Un couple de balbuzard australien se perche au sommet des pins, surveillant leur territoire. Les eaux calmes sont troublées un instant trahissant la présence d’un dugong qui se contentera de deux brèves apparitions.
Mais le calme ne durera pas bien longtemps, et déjà le vent venu de la mer s’engouffre dans le canal. Il est temps de reprendre la mer. Malheureusement il devrait continuer à se renforcer dans la journée. Naviguer dans ces conditions n’est pas l’idéal et nous n’affronterons pas le lagon. Direction la baie de Prony pour remonter dans la baie du Carénage où nous serons à l’abri. On fera du tourisme à défaut de PMT !
La baie du Carénage
C’est reparti pour remonter le vent en tirant de larges bords. Au loin se dessine la silhouette de l’îlot Cazi que nous dépassons pour pénétrer dans le défilé permettant d’atteindre la baie du carénage. Ici, nous sommes définitivement à l’abri et avons plus l’impression d’être sur un lac que sur le lagon. Nous sommes dans un estuaire, on ne se risquera pas de prendre un bain ! En fin d’après-midi nous embarquons à bord de l’annexe pour remonter la rivière.
Ce qu’il y a de fort avec la Calédonie, cette terre de contrastes, c’est que l’on passe en très peu de temps dans des ambiances très différentes. Ce caillou est une véritable invitation au voyage ! Nous voilà voguant au milieu de la mangrove, et l’imagination se trouve transportée en Guyane.
Cascades et sources chaudes de la baie de Prony
L’estuaire se réduit et nous touchons terre. Nos pas nous mènent au bord d’une cascade aux eaux claires qui invitent à la baignade, cadre idyllique sous une lumière du soir mystique, si propre à la Calédonie.
Nous finissons par rejoindre les sources chaudes de Prony, toute proches, tandis que le soleil frôle l’horizon. Il est temps de rentrer au navire.
Ici, à l’écart de toute pollution lumineuse, la nuit intense et illuminée semble se refléter dans les eaux où scintillent par nuages particules et invertébrés. Mais l’aventure ne s’arrête pas là, demain, direction le lagon et les îlots ! Mais ça, c’est « demain » 😉
Cap sur Mato
Samedi 3 novembre
Nous avons passé une nuit bien calme au fond de la baie du Carénage. Le vent n’est pas tombé, mais cette fois-ci nous affronterons les vagues pour gagner l’îlot Mato. Nous hissons les voiles en prenant un ris en précaution. Nous aurons le vent travers, et il risque d’être fort. La mer est déjà formée dans la baie de Prony dominée au loin par les éoliennes anti-cycloniques.
Un dauphin fait une très brève apparition, par chance, j’avais l’appareil dans les mains, suivant les très nombreux puffins fouquets.
Car oui, nous avons droit à un véritable festival de puffin ! Puff-un Puff-deux … ils sont des centaines à filer le long des vagues, profitant des conditions météorologiques favorables à ces habiles voiliers. Les figer sur l’image est un véritable défit ! De plus, la lumière est assez dure en cette matinée bien entamée ! mais cela m’occupera bien tout le trajet, entre deux virements de bord !
Dans de telles conditions, je ne vois pas le temps passer, et déjà, la silhouette de Mato se dessine tandis que des groupes de noddis noirs se mêlent aux puffins.
Snorkeling
Enfin !!! Nous enfilons le matériel de plonge et nous voilà arpentant un petit tombant abritant les poissons classiques, perroquets, loches … un petit pointe blanche, rien d’exceptionnel mais nous sommes « fins contents » d’être à l’eau !
Direction le phare Amédée
Dans l’eau, le temps passe d’autant plus vite. De retour sur le bateau, nous prenons notre repas avant de faire route à nouveau vers la dernière escale : le phare Amédée, question de se rapprocher de Nouméa. Il nous faut toute une après-midi de navigation durant laquelle les puffins ne nous quitteront pas. La lumière se fait moins dure et devient plus propice aux images. Je ne quitterai plus l’appareil jusqu’au coucher du soleil qui sera vraiment grandiose, la silhouette du phare Amédée se découpant dans le ciel orangé.
Nous nous amarrons à l’une des bouée dans la baie de l’îlot Amédée. La nuit tombe et je devine les ombres des puffins éclairés par intermittence par le phare regagner la terre ferme.
Escale au phare Amédée
Dimanche 4 novembre
Tandis que le soleil se lève, un groupe de sternes diamant accompagnées par quelques noddis noirs se livrent à une partie de pêche autour du bateau. La journée démarre avec une séance photo. On se sent assez loin des enjeux politiques du jour … Nouméa n’est pourtant qu’à quelques encablures !
Nager avec les tortues
Le passage d’un requin à pointe noire à proximité sonne le signal de la mise à l’eau ! En un clin d’œil me voilà prête et à l’eau, suivant quelques instant le squale majestueux. La pêche est interdite dans la zone et les poissons peu farouches. Perroquets et dawas passent à proximité sans prêter trop d’attention à notre présence. Mais ce sont surtout les tortues qui assurent le spectacle !
De poisson en poisson, nous finissons par gagner l’île, slalomant entre des méduses visiblement inoffensives … tandis que le reste de l’équipe nous rejoint avec l’annexe. Le Mary D est de sortie et les touristes affluent.
L’inconvénient est que le site perd un peu de son charme, mais l’avantage est que le phare est ouvert, ce que je n’avais pas pu faire la dernière fois. Les 300 Fr par personne payés, nous gravissons les escaliers qui s’enroulent tel un coquillage.
Depuis le sommet, la vue sur le lagon est magique, et par chance totalement dégagée ! On devine même les tortues par transparence ! Au loin se dessine dans des nuances de bleu la passe. A nouveau l’imagination s’évade et je rêve de tombant et grands requins. Faut vraiment que je teste la plongée !!
Nous retournons au bateau à nouveau à la nage au milieu des tortues.
Retour à la réalité
Nous reprenons la mer et filons cette fois-ci en ligne droite jusqu’à Nouméa où nous arrivons en fin d’après-midi. La décision est prise, nous redescendons en brousse ce soir. Nous suivons avec intérêt le déroulement de la fin des élections sur la radio. Finalement, nous passons le col de la Pirogue sans soucis, dépassons la Tontouta, et filons vers le nord.
Nous croisons des voitures bariolées, le plus souvent aux couleurs de Kanaky. Rien de surprenant, nous avons quitté Nouméa. Le trajet se fera finalement sans aucun problème tandis que les résultats sont annoncés commune par commune, plaçant les indépendantistes souvent en tête. Mais ce sont les résultats de Nouméa qui pèseront lourd dans la balance. Ce n’est qu’une fois arrivés à Koné que les résultats définitifs tombent : la Calédonie reste dans la France mais les scores sont plus serrés que prévus. Ce n’est que le lendemain que nous apprenons le déroulement d’affrontements violents à Saint-Louis au sud de Nouméa. La brousse quant à elle, reste pour l’instant calme. Bref, le cata dans le grand sud c’est comment ?? Ben c’est fin valable 🙂 à refaire avec plus d’îlots et de PMT 😉























































