L’orque (Orcinus orca), aussi appelée épaulard, est l’un des cétacés les plus connus et impressionnants de la planète. Réputée pour son intelligence, sa force et ses techniques de chasse sophistiquées, elle intrigue aussi bien les scientifiques que les passionnés de whale watching. Présente dans tous les océans, l’orque est un prédateur au sommet de la chaîne alimentaire, capable de s’adapter à de nombreux environnements, des mers polaires aux eaux tempérées et tropicales.
Description de l’orque

L’orque est un grand cétacé noir et blanc, reconnaissable à sa coloration contrastée : dos noir, ventre blanc et tache blanche derrière l’œil. Les mâles adultes peuvent atteindre 7 à 9 mètres pour un poids de 6 à 10 tonnes, tandis que les femelles mesurent 5 à 7 mètres et pèsent 3 à 6 tonnes.
Autres caractéristiques :
- Nageoire dorsale très haute et triangulaire chez les mâles (jusqu’à 2 mètres)

- Souffle puissant et vertical, atteignant 3 à 4 mètres, souvent visible de loin
- Corps robuste et fuselé, adapté à la chasse rapide et à la plongée
Les orques vivent en pods (groupes familiaux stables), dirigés par des femelles matriarches, et peuvent montrer des comportements sociaux complexes.

Alimentation
L’orque est un prédateur opportuniste et spécialisé selon les populations :
- Orques de type résident : se nourrissent principalement de poissons, comme le saumon et le hareng
- Orques de type offshore : privilégient les poissons et calamars
- Orques de type transitoire : se nourrissent de mammifères marins (phoques, dauphins, parfois même jeunes baleines)
Elles chassent souvent en groupe, utilisant des techniques sophistiquées comme l’encerclement, la coordination et le battage de vagues pour déloger les proies.
Où voir l’orque ? Distribution et observation
L’orque est présente dans tous les océans, de l’Arctique à l’Antarctique. Les meilleures périodes dépendent des populations. Voci quelques endroits pour partir observer les orques.
- Norvège : novembre à janvier. Rendez-vous à Tromso, au nord de la Norvège, pour observer les magnifiques rassemblements d’orques venus chasser les harengs. Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon article Observer les orques et les baleines à Tromso.

- Pacifique Nord : mai à septembre. Des sorties sont organisées par exemple à Hokkaido au nord du Japon. La Colombie-Britannique est une excellente zone pour observer les orques, en particulier depuis Telegraph Cove sur l’île de Vancouver. J’ai eu la chance de passer 3 semaines sur la côte ouest du Canada au mois d’août. Je vous raconte ici mon expérience et mes conseils pour observer les orques : Où observer les orques en Colombie Britannique ?
- Islande : de juin à août pour les harengs. Les orques peuvent arriver plus tôt; dès février – mars, en fonction des déplacements des poissons.
- Antarctique : novembre à février pour les phoques et jeunes manchots
Les orques dans le détroit de Gibraltar
Le détroit de Gibraltar abrite une petite population d’orques relativement rare et mobile, observée principalement en été et en automne. Ces orques, souvent des transitoires ou écotypes côtiers, profitent de la migration saisonnière des thons rouges et d’autres poissons migrateurs qui passent entre l’Atlantique et la Méditerranée. Elles suivent ces bancs de poissons pour se nourrir, adoptant des stratégies de chasse opportunistes et parfois spectaculaires.
Contrairement aux populations résidentes comme celles de Colombie-Britannique, ces orques ne forment pas de pods stables et sont peu connues, avec des observations sporadiques. Leur présence souligne la forte dépendance des orques aux mouvements saisonniers de leurs proies, faisant du détroit de Gibraltar un lieu privilégié pour observer ces prédateurs dans un contexte migratoire unique.
Des sorties d’observation sont organisées l’été depuis Tarifa. Je vous raconte tout ça ici : Observer les orques à Gibraltar

Populations et migrations
Les orques ne forment pas une population uniforme et sont regroupées en écotypes, adaptés à leur régime alimentaire, leur habitat et leur culture sociale. Chaque écotype possède des techniques de chasse, vocalisations et comportements spécifiques. Parmi les principaux :
- Écotypes résident, transitoire et offshore (Pacifique Nord, notamment Colombie-Britannique) :
- Résidentes : se nourrissent principalement de poissons, vivent en pods stables et sont peu migratrices.
- Offshore : populations plus nomades, se nourrissant de poissons et calmars, souvent loin des côtes.

- Écotypes antarctiques : plusieurs populations distinctes sont présentes autour de l’Antarctique, chacune spécialisée selon la disponibilité des proies : certaines se nourrissent principalement de phoques et manchots, d’autres de poissons et calmars. Leur répartition et leur comportement restent encore partiellement étudiés, mais ils montrent une grande adaptabilité aux conditions polaires.
- Autres écotypes mondiaux : des populations côtières et offshore sont également décrites en Norvège, en Islande, au large de la Patagonie et en Nouvelle-Zélande, avec des comportements et régimes alimentaires spécifiques à chaque région.
Ces écotypes illustrent la plasticité écologique et culturelle de l’orque, un prédateur capable de s’adapter à des écosystèmes très différents, du froid polaire aux eaux tropicales.
Statut de conservation et menaces
L’orque est classée Quasi menacée (NT) ou Préoccupation mineure selon les populations, mais certaines populations locales sont en danger, notamment : les Orques résidentes du Pacifique Nord-Ouest.
Menaces principales
- Pollution chimique (PCB et métaux lourds)
- Réduction des proies (surpêche du saumon)
- Bruit sous-marin et perturbation des comportements sociaux
Une espèce fascinante et complexe
L’orque est à la fois un prédateur redoutable et un animal social exceptionnel. Son intelligence, ses stratégies de chasse et ses liens familiaux font d’elle l’un des cétacés les plus admirés au monde. Observer des orques dans leur habitat naturel reste une expérience inoubliable, soulignant l’importance de protéger ces océans et leurs habitants.
