Niché au cœur du massif du Mercantour, le petit hameau de Casterino est l’un des points de départ privilégiés pour découvrir les paysages sauvages du Parc national du Mercantour en hiver. Pendant trois jours, une randonnée en raquettes permet d’explorer vallées enneigées, forêts de mélèzes et plateaux d’altitude dans une atmosphère de haute montagne préservée. Entre panoramas grandioses sur les sommets frontaliers avec l’Italie, traces d’animaux dans la neige et silence hivernal, cette immersion offre une expérience unique au cœur de l’un des massifs les plus sauvages des Alpes du Sud. Un séjour idéal pour s’initier ou se perfectionner à la raquette tout en découvrant la richesse naturelle et la faune discrète de ce territoire d’exception.
Le lac des Grenouilles

Niveau : Facile
Départ : Castérino
Distance : 9,5 km
Durée : 4h30
Dénivelé : +450 m
Itinéraire
Ascent/Descent: | Distance: 9.37 km |
Nous commençons le week-end par une petite mise en jambes. C'est sous un ciel bien gris que nous entamons la boucle au départ de Castérino en début d'après-midi. Nous grimpons au milieu de la forêt en direction du refuge des Merveille en longeant le vallont de Fontanalbe. Les oiseaux sont plutôt discrets mais les espèces forestières classiques sont présentes : mésanges noires, bec-croisés des sapins, roitelets huppés, grives draines ...

Nous faisons un détour jusqu'au lac des grenouilles entièrement recouvert par la neige. Le ciel est entièrement blanc lui aussi. Difficile de faire la démarcation avec le paysage.

Depuis le lac, nous récupérons le sentier balisé qui redescend tranquillement au hameau. Nous finissons par récupérer la large piste où retentit le cri d'un pic noir. Il ne tarde pas à montrer le bout de son bec et finit par disparaître dans sa loge.

Ce parcours bien marqué et accessible ne présente pas de difficulté. Idéal pour une balade en famille ou pour découvrir la randonnée en raquettes.
Le Mont Chajol et la cime de Gratin

Niveau : difficile
Départ : Castérino
Dénivelé : 1100 m
Distance : 12 km
Itinéraire
Ascent/Descent: | Distance: 12.41 km |
Pour le deuxième jour, on passe aux choses sérieuses avec deux sommets : le Mont Chajol et la cime de Gratin.
Ascension du Mont Chajol
Nous attaquons par la montée bien balisée depuis le hameau en direction de la baisse de Peyrefique. La première partie de l'itinéraire s'élève au milieu de la forêt qui s'éveille. Le cri d'un pic vert retentit au loin tandis que les mésanges noires s'affairent. Le paysage finit par se dégager et dévoile les pics de la vallée des Merveilles d'un côté et l'Italie de l'autre.

Avant d'arriver à la baisse, nous grimpons directement en direction du mont Chajol en suivant le cheminement déjà tracé. La pente est vraiment raide et permet d'accéder à une crête vertigineuse. Elle se déroule en serpentant sous nos yeux.

Les versants plongent de part et d'autre. Ames sensibles s'abstenir ! Nous croisons d'ailleurs deux Italiens qui choisissent de faire demi-tour. Ce sont d'ailleurs les seuls randonneurs que nous croiserons aujourd'hui.

Nous finissons par arriver au sommet. Le sentier s'arrête ici. Deux chamois profitent tranquillement du soleil en contre-bas au milieu des rochers acérés. Nous les imitons pour profiter du cadre et prendre un café.

En direction de la baisse de Peyréfique
Demi-tour, nous redescendons la crête en direction de la baisse de Peyréfique.

Depuis la baisse, le sentier prend la direction d'une ancienne caserne avant de remonter le long d'un sentier qui passe devant un refuge. L'ascension est à nouveau raide et finit par rejoindre une crête. Il est possible de continuer l'ascension en direction du lac de Peyréfique mais pour nous ce sera direction la cime de Gratin à 2133 m.

Au loin, sur les pentes déjà déneigées exposées au soleil, de nombreux chamois broutent tranquillement. Je n'en croise qu'un seul, en dessous de la crête, au milieu de la forêt.




Retour à Castérino

Nous avons fait un bon tour, il est temps maintenant de reprendre la direction de la baisse en longeons la crête. Le sentier passe devant d'anciens bunkers, rappels de la triste histoire des cette zone frontalière. Un groupe de chocards à bec jaune, auxquels se sont mêlés quelques craves à bec rouge, s'élève dans les airs. Ils brisent le silence des cimes.

Nous finissons par rejoindre la baisse. La boucle et bouclée, et empruntons le même itinéraire qu'à aller au milieu de la forêt. En cette fin d'après-midi, les oiseaux se montrent un peu plus actifs, en particulier ce petit groupe de mésanges noires épluchant les cônes. De retour au village, nous nous réfugions dans une auberge pour déguster un chocolat chaud bien mérité.

Le vallon de la minière
Dernier jour de randonnée à Castérino. Après avoir bien marché la veille, nous optons pour un itinéraire moins exigeant mais qui nous surprendra par sa beauté.

Départ : lac des Mesches
Dénivelé : 350 m
Distance : 9 km
Itinéraire
Ascent/Descent: | Distance: 9.66 km |
Le lac des Mesches
Ce site paisible constitue aujourd’hui l’un des points de départ privilégiés pour les randonnées vers la célèbre Vallée des Merveilles. Mais au-delà de son cadre naturel, le lac est aussi lié à l’histoire de l’exploitation hydraulique dans le massif du Mercantour. Dès le XXᵉ siècle, les ressources en eau de la région ont été aménagées pour produire de l’électricité, avec la construction de barrages, de conduites forcées et de centrales destinées à valoriser la force des torrents alpins. Le lac des Mesches et les cours d’eau voisins participent ainsi à ce réseau hydraulique qui témoigne de l’importance de l’hydroélectricité dans le développement des vallées alpines.




L'exploitation minière
le Vallon de la Minière doit son nom à l’importante activité minière qui s’y est développée pendant plusieurs siècles. Le site est surtout connu pour la Mine de Vallauria, où l’on exploitait principalement des minerais de plomb et d’argent. Active dès le Moyen Âge et développée notamment aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, cette mine faisait partie des exploitations métallifères les plus importantes des Alpes du Sud. Aujourd’hui, les vestiges des installations minières — galeries, bâtiments et anciennes infrastructures industrielles — témoignent de cette intense activité passée au cœur de la montagne.

Sentier dans le vallon de la minière
Le sentier est bien balisé et grimpe au milieu de la forêt. Les oiseaux classiques sont toujours présents : bec-croisés, mésanges noires, huppées, bleues, à longue-queue ... Un cassenoix pousse au loin son cri rauque.

Nous finissons par arriver au lac de la minière. Il est en partie gelée et quelques canards colverts baladent sur la glace. Un couple de cincle plongeur parade. Il finissent par décoller pour remonter le torrent. Je les croiserai à plusieurs reprises au fil de la balade.



Au bout du vallon, le sentier continue en direction du refuge des Merveilles. C'est ici que nous le quittons pour rejoindre l'autre rive et redescendre en direction de la mine. Cette partie de l'itinéraire est un peu moins bien marquée. Mais il suffit de suivre plus ou moins la rivière pour retrouver le balisage.

Nous retrouvons le lac de la minière puis traversons les bâtiments de la mine. La piste qui redescend à la route et large et bien marquée et nous ne tardons pas à revenir à la voiture.

Randonner en raquettes dans le parc national du Mercantour : quelques conseils
Randonner en raquettes dans le Parc national du Mercantour est une expérience unique pour découvrir les paysages alpins en hiver. Les vallées enneigées, les forêts de mélèzes et les grands plateaux d’altitude offrent un terrain idéal pour la pratique de la raquette. Cependant, cette période est aussi particulièrement sensible pour la faune de montagne, notamment pour le Tétras lyre et le Lagopède alpin, deux espèces fragiles qui doivent économiser leur énergie pour survivre aux conditions hivernales.

Préparer sa randonnée en hiver
Avant de partir, il est essentiel de bien préparer sa sortie. Renseignez-vous sur les conditions météorologiques, le risque d’avalanche et l’état de l’enneigement. Équipez-vous de matériel adapté : raquettes, bâtons, vêtements chauds et imperméables, ainsi qu’un équipement de sécurité en terrain enneigé (DVA, pelle et sonde si vous évoluez hors itinéraire sécurisé). Il est également conseillé de prévoir une carte détaillée et de privilégier les itinéraires balisés ou connus.
Respecter la faune hivernante
En hiver, de nombreuses espèces réduisent leurs déplacements pour économiser leur énergie. Le tétras lyre et le lagopède alpin passent souvent la nuit dans des abris creusés sous la neige. Un dérangement peut les contraindre à s’envoler, ce qui leur fait perdre une énergie précieuse. Pour limiter l’impact sur la faune, il est recommandé de rester discret, de marcher calmement et d’éviter les zones de quiétude.
Les zones refuge hivernales
Dans plusieurs secteurs du Mercantour, des zones refuge pour la faune ont été mises en place afin de protéger les habitats hivernaux du tétras lyre et du lagopède alpin. Ces espaces sont généralement signalés sur le terrain et sur certaines cartes par des panneaux ou des balisages spécifiques. La réglementation demande aux randonneurs de ne pas pénétrer dans ces zones, afin de garantir la tranquillité des oiseaux pendant la période la plus critique de l’année.
Quelques règles essentielles
- rester sur les itinéraires recommandés ou balisés ;
- contourner les zones refuge signalées ;
- tenir les chiens en laisse ;
- éviter de traverser les pentes boisées ou les zones d’hivernage connues ;
- limiter le bruit et les regroupements importants.
En respectant ces principes simples, les randonneurs contribuent à préserver l’équilibre fragile des écosystèmes hivernaux du Parc national du Mercantour, tout en profitant pleinement de la beauté sauvage de la montagne enneigée.