Le parc national de Dovrefjell : royaume du bœuf musqué en Norvège. Situé au cœur de la Norvège, le parc national de Dovrefjell-Sunndalsfjella est l’un des espaces naturels les plus emblématiques du pays. Réputé pour ses hauts plateaux sauvages, ses paysages minéraux et sa faune exceptionnelle, il est surtout connu comme le dernier refuge européen du bœuf musqué et des rennes sauvages. Moins spectaculaire à première vue que les fjords, Dovrefjell offre une expérience unique de nature brute, silencieuse et authentique, idéale pour les amateurs de randonnée et de grands espaces.
- Présentation générale du parc national de Dovrefjell
- Activités à faire dans le parc national de Dovrefjell
- Biodiversité et faune emblématique
- Comment se rendre au parc national de Dovrefjell
- Informations pratiques pour visiter Dovrefjell
- Mon carnet de voyage au Dovrefjell
- Road trip pour le Dovrefjell
- Halte à Steinvikholmen
- Au coeur de la forêt de Hjerkinn
- Trajet en navette pour Snohetta
- Au cœur des étendues sauvages
- Bœuf en vue
- Le bœuf musqué : géant de l’ère glaciaire
- Les dernières populations de rennes sauvages en Norvège
- Perdus en terrain militaire
- Observation des oiseaux dans la forêt de Hjerkinn
Présentation générale du parc national de Dovrefjell
Le parc national de Dovrefjell-Sunndalsfjella couvre une superficie d’environ 1 693 km² et s’étend entre les régions de Dombås, Oppdal et Sunndalsøra. Il est caractérisé par de vastes plateaux d’altitude, des vallées glaciaires, des sommets arrondis et un climat rude.
Ce massif joue un rôle écologique majeur : il constitue une zone de transition entre le sud et le nord de la Norvège, tant sur le plan climatique que biologique. Dovrefjell est également un territoire chargé d’histoire, traversé autrefois par d’anciennes routes commerciales et militaires.
Activités à faire dans le parc national de Dovrefjell
Le parc est un paradis pour les amateurs de plein air :
- Randonnée sur les hauts plateaux : nombreux sentiers balisés, accessibles à différents niveaux
- Observation du bœuf musqué : activité phare, uniquement avec guides locaux recommandés
- Photographie de paysages : grands espaces, lumière changeante, ambiance alpine
- Ski de randonnée et raquettes en hiver, pour les randonneurs expérimentés
- Observation de la faune : rennes sauvages, oiseaux de montagne, renards arctiques
La présence d’animaux sauvages, notamment du bœuf musqué, impose de respecter strictement les distances de sécurité.
Biodiversité et faune emblématique
Le Dovrefjell est l’un des sites naturels les plus importants de Norvège pour la biodiversité de montagne. Il abrite :
- le célèbre bœuf musqué, espèce emblématique revenue d’ère glaciaire
- des rennes sauvages, élans et gloutons (plus discrets)
- une riche avifaune alpine, dont le lagopède, le pluvier doré et des rapaces
La flore est composée de plantes arctiques et alpines, parfaitement adaptées aux vents forts et aux températures extrêmes.
Comment se rendre au parc national de Dovrefjell
Le parc est facilement accessible grâce à sa position centrale :
- En voiture : via la route E6 reliant Oslo à Trondheim
- En train : gare de Dombås, située aux portes du parc
- En avion : aéroports les plus proches à Oslo ou Trondheim, puis train ou voiture
Plusieurs points d’accès permettent de rejoindre rapidement les sentiers de randonnée.
Informations pratiques pour visiter Dovrefjell
- Meilleure période : de juin à septembre pour la randonnée
- Conditions météo : très changeantes, même en été
- Sécurité : distance minimale de 200 mètres avec les bœufs musqués
- Hébergement : refuges de montagne, cabanes DNT, hôtels à Dombås et Oppdal
- Camping sauvage : autorisé selon le droit d’accès à la nature (Allemannsretten)
Mon carnet de voyage au Dovrefjell
Road trip pour le Dovrefjell
Dimanche 12 août : Retour au Dovrefjell
Nous nous réveillons de bonne heure pour continuer notre route vers le sud. C’est l’occasion pour faire quelques observations le long de la route.
Route : Chevalier guignette (1), Pinson des arbres (6), Pigeon ramier (5), Pie bavarde (5), Garrot à œil d’or (11), écureuil (1).
Trondelag : Pouillot fitis (4), Garrot à œil d’or (12), Bergeronnette printanière (5), Grue cendrée (26), Bergeronnette grise (3), Tarier des prés (>10), Tarin des aulnes (7), Pipit des arbres (4), Bruant jaune (1), Pic épeiche (1), Grive musicienne (1), Grosbec casse-noyaux (1), Bruant des roseaux (5), Grive mauvis (11), Hirondelle rustique (5), Bernache du Canada (21), Corneille mantelée (2), Grive litorne (1), Fuligule morillon (69), colvert (7), Grèbe esclavon (27), Autour des palombes (1Mjuv), Plongeon catmarin (1), chevreuil (1F+3J).
Steinkjer : Grand corbeau (3), Corneille mantelée (1), Choucas des tours (10), Etourneau sansonnet (2), huîtrier (1).
Stjordal : huîtrier (>20).
Halte à Steinvikholmen
Nous faisons notre pause repas au bord d’un fjord à Steinvikholmen, en face du fort. Le soleil est au RDV et la température idéale. Nous profitons de notre dernier arrêt en bord de mer !
Steinvikholmen : Moineau domestque (>10), Bruant jaune (3), Gobemouche gris (8), Pouillot fitis (3), Mésange chrabonnière (1), Goéland marin (2), Goéland argenté (1), Huîtrier pie (5), Corneille mantelée (2), Grand corbeau (2), Hirondelle rustique (1), Bec-croisé des sapins (1), Bergeronnette printanière (4), Etourneau sansonnet (>150), Chevalier guignette (1).
Nous continuons notre route vers le Sud. C’est notre plus chaude journée et la température avoisine les 24°. Nous finissons par arriver à Hjerkinn en fin de journée.
Nous nous rendons dans la petite réserve naturelle sur la route de Folldal (E29). D’après les panneaux d’information à l’entrée de la réserve, la forêt boréale abrite la Mésange lapone, mais nous n’en contactons pas. En revanche, la Mésange boréale est bien présente et se manifeste par ses petits cris.
Espèces observées dans la forêt de Hjerkinn : Grive litorne (3), Grive mauvis (1), Merle noir (1), Pouillot fitis, Autour des palombes (1), Mésange boréale (6), Pipit farlouse (2), Rougegorge familier (2), Gobemouche gris (4), Goéland cendré (2), Héron cendré (1), Chevalier gambette (1).
La météo est très favorable et nous passons la nuit en espérant qu’il en sera de même pour le lendemain. L’objectif : le Bœuf musqué.
Au coeur de la forêt de Hjerkinn
Lundi 13 août
Nous nous levons à 4h30, la température extérieure est de 4°. Il semble faire beau mais de grandes nappes de brume recouvrent le paysage. Nous espérons que, de bon matin, les oiseaux seront plus actifs dans la forêt que la veille. La navette pour le Snohetta ne quitte Hjerkinn qu’à 8h.
Nous parcourons à nouveau le petit sentier qui traverse la réserve. La brume se lève petit à petit mais les oiseaux ne semblent s’activer qu’avec les premiers rayons du soleil. Nous surprenons un chevreuil au détour du sentier tandis que les mésanges commencent à s’animer. La forêt séveille de sa torpeur. Un mâle de Bruant lapon, en plumage de transition, fait sécher ses plumes encore humides de la nuit, avant de prendre son envol.
Non loin, un jeune rougegorge, peu farouche, se balade dans la végétation basse. Le temps passe vite et nous retournons au parking. Ici aussi les oiseaux, encore endormis lors de notre départ, semblent s’être éveillés. Gorgebleues, bruants des roseaux, pinsons du nord … sautillent de branche en branche ou de buisson en buisson. Nous reviendrons le lendemain matin pour mieux prendre le temps, mais l’appel des hauts plateaux se fait sentir et nous partons à Hjerkinn.
Espèces observées dans la forêt de Hjerkinn : Bruant des roseaux (1), Bruant lapon (1M), Grive litorne, Gobemouche gris, (1), Rougegorge familier (2), Mésange charbonnière (1), Mésange charbonnière (>10), Pipit farlouse, Pipit des arbres (1), Pinson du Nord (2), Gorgebleue à miroir (1), Grand corbeau (1), Grue cendrée ( ?), Pie bavarde (2), pic sp, Pouillot fitis, Tarin des aulnes (1), Sizerin flammé (2), Rougequeue à front blanc (2).
Trajet en navette pour Snohetta
Quand nous arrivons au parking du village, enfin c’est vite dit, du lieu-dit, enfin bref, au parking entre les deux bâtiments (un hôtel et la maison du renne) de Hjerkinn, de nombreux randonneurs attendent déjà la navette.
Espèces à Hjerkinn : Martinet noir (2), Sizerin flammé (4), Grive musicienne (1), Verdier d’Europe (3)
Le bus finit par arriver et tous se précipitent pour y grimper. Les places assises sont bien entendu prises d’assaut, et nous voilà debout, esquichés comme des sardines, le voyage de 15 km jusqu’au refuge promet d’être assez drôle ! Nous qui pensions faire nos premières obs depuis le car, tranquillement assis. Il n’en sera rien, pas l’ombre d’un bœuf jusqu’au refuge ! et les étendues que nous traversons sont immenses ! La tâche s’annonce plutôt difficile !
Contents de descendre du bus, nous contemplons le paysage de lacs et de montagnes. Deux grands gravelots parcourent les berges du lac juste devant le refuge. Tandis que tous les randonneurs prennent la direction des sommets, nous faisons demi-tour, en direction de là où nous venons, en coupant à travers la toundra dans la zone où semblent être faites la majorité des observations de Bœuf musqué.
Au cœur des étendues sauvages
Nous nous retrouvons alors vite seuls, au milieu d’étendues sauvages, où alternent lichens, névés, lacs, tourbières et saules rampants. L’ambiance est assez similaire au parc de Hardangervidda : la saison de reproduction est maintenant bien terminée et les oiseaux plutôt rares, pas une seule harelde, ni phalarope. Quelques passereaux ponctuent notre avancée, comme un jeune Bruant des neiges ou quelques motteux. Mais le paysage reste silencieux. Perchés depuis les crêtes nous inspectons les alentours aux jumelles quand des formes sombres sont repérées dans des névés au loin. Il s’agit bien d’un groupe de bœufs, probablement 3 adultes et leurs jeunes au nombre de 3. Mais il nous faut au moins deux heures de marche pour les rejoindre ! En avant ! Nous prenons la direction du petit groupe assez loin sur les hauteurs. Par chance, nous ne tardons pas à apercevoir un nouvel individu, plus proche, également étendu dans la neige.
Bœuf en vue
C’est vrai qu’il fait beau et bon maintenant ! Trop chaud pour un Bœuf musqué ! Nous nous en approchons un peu plus et faisons la pause de midi sur la pente d’en face. Une rivière nous sépare. Le Bœuf ne bouge pas et nous en profitons pour inspecter aux jumelles les environs. La ramure d’un renne se dessine à l’horizon, jolie observation, certes un peu lointaine, mais nous en profitons avec joie. Le bœuf finit par se lever. Nous choisissons d’en faire autant et tentons de le rejoindre. Assez farouche, l’animal s’éloigne. Le temps de descendre la pente, de traverser la rivière à pieds et de remonter …
le bœuf est passé de l’autre côté de la bute et a disparu. Nous ne le retrouvons pas ! Comment perdre un animal de cette taille ! Après l’avoir cherché, nous reprenons le chemin vers le premier groupe observé. Mais une fois arrivés sur la plaque de neige, il n’y a plus personne.
Le bœuf musqué : géant de l’ère glaciaire
Le bœuf musqué est l’animal emblématique du parc national de Dovrefjell et l’un des derniers grands mammifères hérités de l’ère glaciaire encore présents en Europe. Malgré son nom, il est plus proche des chèvres et moutons que des bovins. Pouvant peser jusqu’à 400 kg, il est parfaitement adapté aux conditions extrêmes grâce à son pelage extrêmement isolant, l’un des plus chauds du règne animal. Introduit en Norvège au XXᵉ siècle, le bœuf musqué a trouvé à Dovrefjell un habitat idéal, avec de vastes plateaux ouverts. Espèce impressionnante mais imprévisible, il peut se montrer dangereux s’il se sent menacé, d’où l’importance de garder une distance minimale de 200 mètres et de privilégier les sorties accompagnées de guides locaux.
Les dernières populations de rennes sauvages en Norvège
La Norvège abrite encore aujourd’hui des populations de rennes sauvages (Rangifer tarandus), principalement dans les massifs montagneux du sud du pays et certaines zones alpines isolées. Ces rennes vivent en groupes fragmentés dans des zones comme Hardangervidda, Reinheimen, Rondane, Snøhetta et Setesdal-Ryfylke, souvent séparés les uns des autres par des vallées ou des infrastructures humaines. Au total, on estime qu’il y a environ 30 000 à 35 000 rennes sauvages répartis en une vingtaine de populations distinctes, ce qui en fait l’une des dernières concentrations de cervidés véritablement sauvages d’Europe.
Ces effectifs contrastent fortement avec les quelque 250 000 rennes semi-domestiqués présents en Norvège dans le cadre de l’élevage traditionnel samí, qui sont gérés et déplacés par les éleveurs plutôt que vraiment « sauvages ».
La survie des populations de rennes sauvages est fragile, car elles sont souvent limitées à des espaces de haute montagne difficilement accessibles, avec des défis liés à la reproduction, à la disponibilité des pâturages et à la fragmentation des habitats par les infrastructures humaines.
Perdus en terrain militaire
L’heure avance et nous sommes encore bien loin de notre point d’arrivée. Nous reprenons notre route à travers ces étendues désolées et traversons les zones militaires. Un dernier bœuf est aperçu mais il est encore très loin et ce détour nous rallongerait bien trop. Nous rejoignons la piste initiale parcourue seulement par les engins de travaux à pilotage automatique. Nous finissons tout de même par croiser une voiture.
Le conducteur s’arrête à notre niveau et parvient par se faire comprendre : pour résumer, nous n’avons rien à faire là, il s’agit d’un terrain militaire interdit au public, nous devoir monter dans véhicule et retour case départ. Vraiment ! Un terrain militaire ? C’était donc ça les bunkers ? Effectivement ça rappelait un peu Canjuers. Nous voilà donc dans le véhicule du vigile et nous arrivons en quelques minutes à l’entrée de la piste. Cela nous aura épargné quelques kms à pieds ! C’est ainsi que s’achève notre périple dans le Dovrefjell, bien contents d’avoir pu croiser la route de ces animaux aux allures préhistoriques !
Espèces dans le Dovrefjell : Traquet motteux, Pipit farlouse, Grue cendrée (2), Pluvier doré (2), Gorgebleue à miroir (>4), Grand corbeau (3), Bruant des roseaux (1), Bruant des neiges (1j), Pouillot fitis (2), Grand Gravelot (2), au total 8 Bœufs musqués et un renne.
Nous reprenons la route en direction de Foldall et nous passerons la nuit près d’une rivière, goûtant à un repos bien mérité.
Espèces sur la route de Foldall : Mésange boréale, Tarin des aulnes (7), Grue cendré (6), Grive litorne, un chevreuil.
Observation des oiseaux dans la forêt de Hjerkinn
ardi 14 août : Nous retournons de bon matin dans la forêt de Hjerkinn. La veille nous avait malgré tout laissé un goût d’inachevé. Enfin, nous avons la chance d’observer le Mésangeai imitateur, aux cris si étranges mais capable également de se faire très discret. Trois individus se déplacent dans la partie basse de la forêt avant d’aller se percher dans les arbres. Nous ne regrettons pas d’être venus une troisième fois sur le site ! Mais dès 9h, l’activité cesse et la forêt semble s’endormir à nouveau. Il faut vraiment savoir saisir le kairos !
Espèces dans la forêt de Hjerkinn : Pic épeiche (1), Pigeon ramier (5), Grive mauvis (2), Grive litorne (2), Mésange charbonnière (1), Mésange boréale, Pouillot fitis, Rougegorge familier (4), Mésangeai imitateur (3), Pinson des arbres (1), Pinson du Nord (6), Bruant des roseaux (1), Pipit farlouse, Pipit des arbrs (4), Goéland cendré (1), Bec-croisé des sapins (1), Ecureuil roux (1).














