Bonifacio et les îles Lavezzi. Perchée sur d’impressionnantes falaises calcaires au sud de la Corse, la ville de Bonifacio offre un panorama spectaculaire sur les eaux turquoise des Bouches de Bonifacio. Sa citadelle médiévale, ses ruelles étroites et son port animé en font ainsi une destination incontournable entre patrimoine et nature. Au large, les Îles Lavezzi composent un archipel granitique sauvage aux formes sculptées par le vent et la mer. Classées en réserve naturelle, ces îles abritent en effet une biodiversité remarquable, tant terrestre que marine, avec des eaux cristallines idéales pour l’observation de la faune méditerranéenne. Entre falaises vertigineuses, plages secrètes et paysages minéraux uniques, Bonifacio et les îles Lavezzi constituent donc l’un des ensembles naturels les plus emblématiques et préservés de la Méditerranée.
Le camping de la Trinité
29 juillet. Après avoir fait notre balade le long de la côte du golfe de Valinco nous prenons finalement la direction grand sud pour découvrir les îles Lavezzi et Bonifacio le lendemain. Nous trouvons rapidement un camping pas très loin du site : le camping La Trinité. Par chance, il reste des emplacements et le cadre est vraiment top, surplombé par des rocheux rappelant les paysages du Spitzekoppe de Namibie !
D’ici nous jouissons d’une superbe vue sur les falaises de Bonifacio tandis que le soleil décline doucement à l’horizon.
30 juillet. Nous partons au petit matin pour arriver de bonne heure à Bonifacio. Démontage rapide des tentes et décollage dans la foulée … Mais une fois garés à Bonifacio, nous nous rendons compte qu’il manque … les chaussures de rando … placées la veille au soir sous la voiture … le coup classique ! Demi-tour, retour au camping, récupération rapide de ces outils indispensables et retour à Bonifacio.
Découverte en bateau des grottes de Bonifacio
Plusieurs opérateurs proposent différents types de balades. Nous avons choisi de partir avec la navette le Corsaire qui présente l’avantage de disposer d’un parking gratuit pour les clients. Nous avons donc choisi la formule aller îles Lavezzi – débarquement – retour avec « visite guidée » le long des falaises de Bonifacio et visite des grottes.
Malgré le petit contre-temps matinal nous parvenons à prendre la première navette sous un ciel un peu brumeux.
Une partie de l’archipel des îles Lavezzi a été classée en réserve dès 1982 avant d’être intégrée à la vaste réserve des Bouches de Bonifacio créée en 1999 et qui recouvre 300 ha pour sa partie terrestre et 79 000 ha en mer. Durant la traversée, malheureusement pas de grands dauphins, qui fréquentent pourtant régulièrement la zone, et assez peu d’oiseaux : quelques puffins de Scopoli (oiseaux qui ressemblent à des canards d’après le guide qui anime la visite et ne semblait pas du tout au courant que le Puffin cendré avait été splitté …) et quelques cormorans huppés.
Les îles Lavezzi
Situées au sud de la Corse, au cœur des Bouches de Bonifacio, les Îles Lavezzi forment ainsi un archipel granitique d’une beauté exceptionnelle, façonné par le vent et les embruns. Classées en réserve naturelle, ces îles sauvages offrent un paysage minéral unique, composé de blocs de granit aux formes arrondies, de petites criques aux eaux cristallines et d’une végétation rase typique du maquis littoral. Véritable sanctuaire de biodiversité, l’archipel abrite de nombreuses espèces d’oiseaux marins ainsi qu’une riche faune sous-marine, protégée au sein de la réserve des Bouches de Bonifacio. Très prisées pour la baignade et le snorkeling, les îles Lavezzi séduisent aussi par leur atmosphère préservée et leur caractère sauvage. Facilement accessibles en bateau depuis Bonifacio, elles constituent ainsi une excursion incontournable pour découvrir l’un des joyaux naturels les plus emblématiques de la Méditerranée.
Nous débarquons les premiers et avons l’île pour nous. Nous profitons donc d’en faire rapidement le tour au milieu d’un chaos granitiques, pour faire des images avant l’arrivée des hordes de touristes.
Le cimetière de Furcone accueille une partie des corps des hommes qui ont perdu la vie lors de la tragédie de la Sémillante, frégate de la marine nationale engagée dans la guerre de Crimée qui appareilla de Toulon 14 février 1855. Mais le lendemain, prise au milieu de la brume et du vent dans les bouches, elle percuta un rocher à la pointe du Briquet. 702 hommes perdirent la vie.
Observation de la faune
Les gobemouches gris sont omniprésents mais ne se montrent guère coopératifs … je les délaisse donc pour me consacrer aux lézards tyrrhéniens, espèce endémique à la Corse et à la Sardaigne.
Le tour de l’île est fait assez rapidement, les nuages matinaux ayant disparu, la chaleur se fait vite sentir. La végétation a nettement régressé au fil des années d’exploitation par l’homme et des incendies. Néanmoins, l’archipel accueille 239 espèces dont une quarantaine de rares et protégées.
L’eau d’un bleu turquoise invite d’ailleurs à la baignade. Je troque mes chaussures de marche contre mon attirail PMT, et c’est parti pour une petite séance snorkeling. Peu de poissons au final, mais des ambiances sympas malgré tout.
Tour de l’archipel
En début d’après-midi, nous sommes découragés par le monde et quittons l’île. C’est parti pour une visite guidée autour des îlots de l’archipel. Nous longeons un long moment l’île Cavallo, habitée par les milliardaires. Commentaires sur les différentes maisons … pas un grand intérêt naturaliste, mais je continue à scruter le large dans l’espoir d’apercevoir des ailerons … malheureusement que de grands oiseaux aux ailes grises … ceux qui ressemblent à des canards (oui la comparaison m’a marquée … entre nous, un puffin ça ressemble à tout sauf à un canard non ?) et quelques goélands d’Audouin. Nous finissons par reprendre la direction des hautes falaises de grès que nous longeons.
Ces falaises calcaires sont très originales en Corse qui, d’un point de vue géologique, est essentiellement composée de schistes et de granites. Les formation de Bonifacio sont liées à une sédimentation d’origine marine au miocène. Ce processus s’est fait sous l’influence des tempêtes et de forts courants entraînant des glissements de terrain. On peut retrouver les traces fossilisées de ces mouvements dans les grès plus ou moins fins en fonction de l’hydrodynamisme.
De larges grottes ont été creusées au fil du temps, assez grandes pour permettre aux navettes d’y pénétrer, non sans faire quelques manœuvres …
De retour au port, nous terminons la journée en visitant le village perché et en descendant jusqu’à la petite plage au pied des falaises. Le soleil déclinant, la blancheur des roches se fait plus douce, se teintant progressivement de doré.
« On ne saurait dire ce qui se passe en vous à de pareils spectacles : je suis resté une demi-heure sans remuer, et regardant comme un idiot la grande ligne blanche qui s’étendait à l’horizon ». G. Flaubert.






















