La sécheresse s’est abattue sur la Provence en cette fin d’été. La végétation desséchée et jaunie par le manque d’eau crée une ambiance désertique. En traversant la plaine de Crau, ce sont des images d’Afrique qui se raniment dans notre esprit. Nous voilà transportés dans les vastes étendues d’Etosha. Mais ici ni zèbre, ni grand fauve. La vie reste cachée à l’ombre des tas de pierres ou des murs des bergeries qui accueilleront bientôt les brebis de retour d’estive. Seuls quelques derniers Faucons crécerellettes s’activent. Mais, alors que le soleil décline, les oiseaux semblent s’éveiller de leur torpeur. Deux Alouettes calandrelles fouillent au milieu des galets à la recherche d’un quelconque insecte. Un petit cri plaintif attire notre attention : ils sont là, confiants dans leur camouflage, les Pluviers guignards.
Résumé de deux week-end en Camargue principalement orientés vers la recherche des petits passereaux, période de migration oblige. C’est en effet autour des 15-20 avril que se font habituellement les bonnes journées de migration lorsque les conditions météos sont favorables. Bonne journée de migration signifiant de beaux effectifs de passereaux dans les buissons mais aussi une belle diversité d’espèces. Il n’est pas forcément utile d’être dès l’aurore à l’agachon dans les buissons. Si une partie des oiseaux atteignent nos rivages en fin de nuit, d’autres arrivent seulement quelques heures plus tard. Il faut donc laisser aux buissons le temps de se « charger » en migrateurs.
Nous profitons des premières lueurs du jour pour détailler les limicoles qui se rassemblent dans les lagunes et tables salantes côtières. C’est le moment de la frénésie alimentaire. Recherchant inlassablement dans la vase les moindres animalcules, ils sont sans cesse en mouvement. Sur le qui-vive, tous les groupes disséminés dans les vasières s’envolent à la moindre alerte. Bécasseaux minutes et variables sont les plus nombreux, tandis que les premiers Bécasseaux cocorlis de la saison font leur apparition. Les Goélands railleurs participent également au festin.
19 mars 2016 Avant de nous rendre à la sortie en mer à la Grande-Motte, nous avons fait un petit tour matinal en Camargue. Une Huppe fasciée, fraichement arrivée de migration, se nourrit au bord de la piste. Dans les tamaris, de nombreux Pouillots véloces moucheronnent, certains, peu farouches, se perchent en évidence.
Lundi 21 mars. Enfin nos premières photos de Marouette ponctuée de l’année ! Oui, c’est vrai que cela fait déjà un moment qu’elles sont arrivées, la première ayant été observée le 1er mars à Marseille (donnée Faune PACA). Mais c’est dur d’être partout à la fois ! Enfin, lundi je disposais d’un créneau. Conditions météo agréables en fin d’après-midi, direction l’étang de Berre ! Quelques Rémiz pendulines poussent leur discret cri. Des roselières s’élève le chant des Lucinioles à moustaches. Je ne tarde pas à repérer une marouette s’alimentant en bordure de la végétation. Elle finit par se montrer totalement à découvert mais la lumière est encore dure … patience.
Dimanche 13 mars
Au petit matin, nous empruntons le sentier des salins de Badon qui permet de rejoindre les deux observatoires. Quelques Hérons cendrés s’envolent à notre passage. Il faut attendre les premiers rayons du soleil pour que les oiseaux s’activent. Les Fauvettes mélanocéphales et les Bouscarles de Cetti, ici aussi, sont omniprésentes. Quelques Troglodytes mignons poussent leur chant dissimulés au pied des tamaris. Un petit groupe de Rémiz penduline s’éveille. L’une d’elles se perche en évidence comme pour chauffer son plumage avant de se réfugier dans la roselière toute proche.