Le rorqual commun (Balaenoptera physalus) est le deuxième plus grand animal ayant jamais vécu sur Terre, juste après la baleine bleue. Présent dans tous les océans du globe, ce cétacé impressionnant est reconnaissable à sa silhouette élancée et à sa nage rapide. Discret mais majestueux, il fait partie des espèces emblématiques.
Description du rorqual commun
Comment reconnaître le rorqual commun ? Le rorqual commun peut atteindre une longueur de 20 à 24 mètres, pour un poids pouvant dépasser 70 tonnes. Son corps long et fuselé lui vaut le surnom de lévrier des mers, car il est l’un des plus rapides des grands rorquals.
Ses caractéristiques principales :
- dos gris brun à gris foncé
- ventre clair
- nageoire dorsale falciforme, située très en arrière
- asymétrie de coloration au niveau de la mâchoire inférieure : blanche à droite, sombre à gauche (un trait distinctif unique)

Il possède de nombreux plis ventraux, qui lui permettent d’engloutir de grandes quantités d’eau et de proies lors de l’alimentation. Contrairement à certaines baleines qui sortent la queue lors de la sonde, le rorqual commun ne la sort que très rarement. Il ne saute que très rarement, le voir entièrement hors de l’eau est donc un très gros coup de chance !
Le souffle : un critère distinctif essentiel

Le souffle du rorqual commun se distingue par sa hauteur impressionnante, atteignant généralement 5 à 6 mètres, et par sa forme étroite et verticale, souvent comparée à une colonne de vapeur. À titre de comparaison, le souffle de la baleine bleue est encore plus massif et légèrement plus large, pouvant dépasser 8 à 9 mètres, tandis que celui du rorqual boréal est un peu plus bas et plus diffus. Le petit rorqual, quant à lui, produit un souffle beaucoup plus discret, souvent difficile à voir à distance. Cette différence de hauteur et de netteté fait du souffle du rorqual commun un indice clé d’identification, surtout lorsqu’il est observé avant l’apparition du dos long et élancé à la surface.
Alimentation
Le rorqual commun est un baleinoptère filtreur, se nourrissant principalement de :
- krill
- petits poissons grégaires (harengs, capelans, sardines)
- parfois de calmars
Il se nourrit en ouvrant largement la bouche pour engloutir des bancs de proies, puis filtre l’eau grâce à ses fanons. Cette stratégie est particulièrement efficace dans les zones riches en nutriments, comme les mers froides et tempérées.
Où voir le rorqual commun ? Distribution et habitat
Répartition géographique
Le rorqual commun possède une distribution quasi mondiale :
- océans Atlantique, Pacifique et Indien
- mers froides, tempérées et parfois subtropicales
Il effectue de longues migrations saisonnières, passant l’été dans les zones riches en nourriture des hautes latitudes et l’hiver dans des eaux plus chaudes pour la reproduction.
Où voir le rorqual commun ?
On peut par exemple observer le rorqual commun :
- en Norvège (y compris dans le nord, selon les saisons). Il est possible par exemple de le voir depuis Tromso en hiver. Pour en savoir plus je vous invite à lire mon article consacré au whalewatching depuis Tromso.

- en Islande
- en Écosse
- au large du Canada
- en Méditerranée occidentale (population résidente)
Une population endémique de Méditerranée.
La Méditerranée abrite une population endémique et génétiquement distincte de rorquals communs, isolée des populations de l’Atlantique. Ces rorquals fréquentent principalement le bassin nord-occidental de la Méditerranée, notamment le sanctuaire Pelagos, où ils trouvent des concentrations importantes de krill. Les individus méditerranéens présentent une taille moyenne légèrement plus petite, atteignant généralement 18 à 20 mètres, probablement en lien avec des ressources alimentaires plus limitées. Les estimations de population restent incertaines, mais les scientifiques évaluent leurs effectifs à quelques milliers d’individus seulement, souvent estimés à moins de 3 000 rorquals, ce qui en fait l’une des populations de grands cétacés les plus vulnérables au monde, fortement exposée aux collisions avec les navires, à la pollution et au bruit sous-marin.
Les sorties de Whalewatching organisées depuis Sanary à bord de La Croix du Sud V auxquelles je participe régulièrement comme observatrice sont un bon moyen pour observer les baleines en Méditerranée tout en respectant les animaux. Pour en savoir plus sur ces sorties je vous invite à lire mon article sur observer les baleines et les dauphins au large de Sanary.

Statut de conservation et menaces
Le rorqual commun est actuellement classé Vulnérable (VU) sur la Liste rouge de l’UICN. Bien que les populations se reconstituent lentement depuis la fin de la chasse industrielle à la baleine, l’espèce reste fragile.
Principales menaces
- Enchevêtrement dans les engins de pêche
- Pollution sonore sous-marine, perturbant la communication
- Pollution chimique et plastique
- Changement climatique, qui affecte la distribution du krill et des poissons
La protection des habitats, la régulation du trafic maritime et la réduction du bruit sous-marin sont essentielles à la conservation de cette espèce.
Un géant discret à préserver
Symbole de la puissance et de la fragilité des océans, le rorqual commun incarne à lui seul les enjeux de la conservation des grands cétacés. Son observation en milieu naturel reste un moment rare et impressionnant, rappelant l’importance de préserver les écosystèmes marins dont il dépend.