Les Fjords du Nord-Ouest, ou Westfjords, comptent parmi les régions les plus sauvages et les moins fréquentées d’Islande. Isolée, découpée par d’innombrables fjords, battue par les vents et façonnée par l’océan, cette péninsule offre un terrain de jeu exceptionnel pour un road-trip hors des sentiers battus. Ici, la route devient une expérience en soi, entre falaises vertigineuses, vallées désertes, plages infinies et colonies d’oiseaux marins.

Le Vestfirdir

Mercredi 20 juillet : Les fjords du Nord-Ouest

Piste dans les fjords du Nord-ouest, Islande 2011
Piste dans les fjords du Nord-ouest, Islande 2011

Nous quittons le camping vers 7 h 15 (la nuit fut bien courte !) pour traverser le Vestfirdir. Les paysages sont plus magnifiques les uns que les autres et nous donnent envie de revenir passer plus de temps ici. Le temps est splendide, mais nous avons beaucoup de route à faire. Nous avons la chance d’observer un renard arctique sur la piste en quittant le camping de Breidavik.

fjords du Nord-ouest, Islande 2011
fjords du Nord-ouest, Islande 2011
Une cascade monumentale au cœur des Westfjords

Dynjandi se situe au fond de l’Arnarfjörður, un fjord profond et sauvage. Haute d’environ 100 mètres, elle s’élargit progressivement de la base vers le sommet, évoquant la forme d’un voile ou d’un escalier géant. Son nom signifie « tonitruante » ou « retentissante », en référence au grondement puissant de l’eau qui se répercute dans le fjord.

La cascade est alimentée par un vaste bassin versant issu des plateaux environnants, ce qui lui assure un débit régulier, particulièrement impressionnant au printemps et en début d’été, lors de la fonte des neiges.

fjords du Nord-ouest, Islande 2011
fjords du Nord-ouest, Islande 2011
Une succession de chutes à découvrir à pied

Dynjandi se compose en réalité de sept cascades, la plus grande portant le nom de Dynjandi, les autres étant souvent regroupées sous le nom de Fjallfoss. Un sentier aménagé permet de remonter progressivement le long des chutes, offrant à chaque palier un point de vue différent sur la cascade, le fjord et les montagnes environnantes.

La marche est accessible à la majorité des visiteurs et constitue une immersion progressive dans le paysage, entre embruns, tapis de mousse, roches volcaniques et silence ponctué par le bruit de l’eau.

fjords du Nord-ouest, Islande 2011
fjords du Nord-ouest, Islande 2011
fjords du Nord-ouest, Islande 2011
fjords du Nord-ouest, Islande 2011
fjords du Nord-ouest, Islande 2011
Isafjördur et le musée de la sorcellerie

Nous continuons la piste pour arriver à Isafjördur, petite ville de 2540 habitants où nous nous ravitaillons et prenons notre repas. Capitale culturelle des Fjords du Nord-Ouest, Ísafjörður est une petite ville nichée au fond d’un fjord spectaculaire, entourée de montagnes abruptes et de pentes enneigées une grande partie de l’année. Fondée au XVIᵉ siècle, elle conserve un remarquable ensemble de maisons en bois parmi les plus anciennes d’Islande, témoins de son passé marchand.

Escale suivante : Holmavik où nous visitons le petit musée de la Magie et de la Sorcellerie. L’accueil au musée est très sympa, pour un café acheté, on vous offre une énorme part de gâteau : le Sukkuladikaka !

À quelques kilomètres, le Musée islandais de la sorcellerie et de la magie (Icelandic Sorcery & Witchcraft Museum) plonge le visiteur dans un pan méconnu et sombre de l’histoire locale : celui des croyances magiques et des procès en sorcellerie qui marquèrent l’Islande aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. Manuscrits anciens, talismans gravés, runes magiques et récits de sortilèges y racontent une tradition où la magie était surtout pratiquée par des hommes, à des fins de protection ou de pouvoir, dans un environnement rude et isolé. Entre patrimoine urbain et folklore mystique, Ísafjörður offre ainsi une lecture fascinante de l’âme des Westfjords.

fjords du Nord-ouest, Islande 2011
fjords du Nord-ouest, Islande 2011
fjords du Nord-ouest, Islande 2011
fjords du Nord-ouest, Islande 2011
Colonie de phoques veau marin

Nous revoilà repartis le ventre bien plein avant une nouvelle halte pour photographier des phoques veau marin dans un fjord.

Phoque veau-marin
Phoque veau-marin
Goéland bourgmestre - Islande juillet 2012
Goéland bourgmestre – Islande juillet 2012

Nous finissons par quitter les fjords de l’Ouest et faisons un détour par Hindisvik dans l’espoir d’observer à nouveau des phoques, mais c’est marée haute et les quelques individus présents restent à bonne distance de l’objectif malgré le détour par les quelques propriétés …

Fulmar boréal, Hindisvik, Islande 2011
Fulmar boréal, Hindisvik, Islande 2011
Où voir les phoques dans les fjords du Nord-Ouest
Rauðasandur

C’est l’un des sites les plus fiables. Sur cette immense plage de sable ocre, surtout à marée basse, on observe régulièrement des phoques communs et parfois des phoques gris, allongés sur les bancs de sable ou nageant près du rivage. L’endroit est vaste, silencieux et peu fréquenté, idéal pour une approche discrète.

Falaises et anses de Látrabjarg

Plus connues pour les oiseaux marins, les zones rocheuses au pied des falaises abritent aussi des phoques, visibles depuis certains points de vue côtiers ou en longeant la mer à distance. Ils se reposent sur les rochers isolés, surtout par mer calme.

Breiðafjörður (îles et îlots)

Entre les Westfjords et la péninsule de Snæfellsnes, ce large fjord parsemé de milliers d’îlots est un habitat majeur pour les phoques. Depuis la côte ou lors d’excursions en bateau (notamment autour de Flatey), on peut observer plusieurs colonies, souvent mêlées à une riche avifaune.

Hvítanes et environs de Bíldudalur

Moins connus, ces secteurs côtiers tranquilles offrent aussi de belles chances d’observation, notamment à marée descendante. Ici, la discrétion est la clé : jumelles indispensables et approche à distance.

📅 Meilleure période pour observer les phoques
  • Mai à septembre : période idéale, avec des animaux plus visibles au repos.
  • Juin-juillet : mise bas des phoques communs, moment sensible → observation à grande distance uniquement.
Hindisvik, Islande 2011
Hindisvik, Islande 2011

Il nous reste encore beaucoup de route à faire et nous gagnons la région des plaines parcourues par les chevaux.

Cheval islandais
Cheval islandais

Nous n’arriverons pas ce soir à Myvatn et passons la nuit dans l’un des campings le long de la route 752, non loin de Varmahlid.

 🚗 Road-trip de 2 jours dans les Fjords du Nord-Ouest

De Brjánslækur à Hólmavík – falaises, fjords et bout du monde

Piste au nord de l'Islande, 2011
Piste au nord de l’Islande, 2011

Ce parcours traverse l’ensemble des Westfjords du sud au nord, en reliant les paysages les plus emblématiques : plages désertes, falaises à oiseaux, fjords profonds et villages isolés.

🗓️ Jour 1 – De Brjánslækur à Patreksfjörður via Látrabjarg
1. Arrivée à Brjánslækur (ferry du Breiðafjörður)

Point d’entrée idéal dans les Westfjords.

  • Premiers paysages ouverts et lumineux
  • Sensation immédiate d’isolement
  • Observation possible d’oiseaux marins dès l’arrivée
2. Brjánslækur → Rauðasandur (40 km)

Route spectaculaire à flanc de montagne.

  • Vue plongeante sur des fjords peu fréquentés
  • Arrêts panoramiques fréquents
Rauðasandur
  • Immense plage de sable rouge-orangé
  • Phoques communs et gris visibles à marée basse
  • Limicoles, sternes, eiders

👉 L’un des meilleurs sites nature des Westfjords.

3. Rauðasandur → Falaises de Látrabjarg (30 km – piste lente)

Route plus exigeante, mais incontournable.

Falaises de Látrabjarg

  • Plus grande falaise à oiseaux d’Europe
  • Macareux, guillemots, pingouins torda, fulmars
  • Observation à très courte distance (prudence absolue)

👉 Prévoir du temps : c’est un site majeur.

4. Látrabjarg → Patreksfjörður (60 km)

Retour par des paysages volcaniques austères.

  • Cascades visibles depuis la route
  • Peu de circulation
  • Lumières magnifiques en fin de journée

Nuit à Patreksfjörður

  • Petit port calme
  • Bonne base pour récupérer après une journée dense
🗓️ Jour 2 – De Patreksfjörður à Hólmavík
5. Patreksfjörður → Bíldudalur (60 km)

Route côtière sinueuse et spectaculaire.

  • Fjords encaissés
  • Pentes abruptes plongeant dans la mer
  • Possibilités d’observer des phoques depuis la route

Bíldudalur

  • Petit village discret
  • Point de pause conseillé sans s’attarder
6. Bíldudalur → Þingeyri (60 km)

Traversée du Dýrafjörður, l’un des plus beaux fjords.

  • Grandes perspectives
  • Cascades se jetant dans le fjord
  • Ambiance très sauvage

Arrêts panoramiques avant Þingeyri, sans forcément entrer dans le village.

7. Þingeyri → Ísafjörður (50 km)

Route spectaculaire entre montagnes et mer.

  • Multiples points de vue
  • Oiseaux marins fréquents
  • Lumière changeante selon la météo

👉 Ísafjörður marque une transition vers des fjords plus habités.

8. Ísafjörður → Hólmavík (140 km)

Longue mais superbe étape finale.

  • Fjords ouverts
  • Routes souvent désertes
  • Paysages de plus en plus rudes et minéraux

Arrivée à Hólmavík

  • Porte d’entrée du Strandir
  • Ambiance mystérieuse et isolée
  • Lien naturel avec l’histoire de la sorcellerie islandaise
ℹ️ Infos pratiques essentielles

Faune : oiseaux marins, phoques, renards arctiques occasionnels

Distance totale : ~500 km

Véhicule : voiture classique possible par temps sec, 4×4 conseillé

Routes : gravier fréquent, vitesse réduite

Meilleure période : juin à début septembre

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