Observation des oiseaux et des dauphins dans le Mor Braz. Cela faisait longtemps que je souhaitais faire une sortie en mer avec Faune Océan.
Direction le Mor Braz
Le Mor Braz, littéralement « grande mer » en breton, désigne la vaste baie ouverte qui s’étend au large de Vannes, entre la presqu’île de Rhuys et celle de Quiberon. Prolongement naturel du Golfe du Morbihan vers l’océan Atlantique, il forme un espace maritime spectaculaire. Les courants, les marées et les vents sculptent en permanence les paysages.
Ce vaste plan d’eau ponctué d’îles et d’îlots, dont Houat, Hoëdic et Belle-Île-en-Mer, offre une grande diversité de milieux. Hauts-fonds sableux, herbiers marins, récifs rocheux et zones de nourricerie pour de nombreuses espèces. C’est un territoire privilégié pour la navigation, la pêche et l’observation de la faune marine. Le site est ainsi particulièrement intéressants pour les oiseaux pélagiques, les limicoles en halte migratoire et, au large, les dauphins.
À la croisée des influences océaniques et littorales, le Mor Braz constitue donc un espace naturel d’une grande richesse écologique. Mais c’est aussi un paysage emblématique de la Bretagne sud. L’horizon s’ouvre largement sur l’Atlantique. Sauvage et changeant, il incarne cette rencontre entre la terre et le large qui façonne l’identité maritime du Morbihan.

Quelle est la meilleure période pour une sortie dans le Mor Braz ?
La deuxième quinzaine d’août est la meilleure période pour faire une sortie en mer dans le Mor Braz, surtout si vous êtes ornitho. En effet, c’est le début de la migration postnuptiale. C’est à ce moment que vous aurez le plus de chance d’observer la plus grande diversité d’oiseaux. Certaines espèces rares comme l’océanite de Wilson ou la mouette de Sabine peuvent alors être croisées.
Carnet de bord
25 août 2025. J’embarque à Locmariaquer pour ma première sortie avec Faune Océan. Habituée aux sorties en Méditerranée, je dois avouer que je suis très excitée à l’idée de partir découvrir le large des côtes bretonnes. Ce sera en effet l’occasion d’observer enfin quelques spécialités locales. Cocheuse un jour, cocheuse toujours. La météo s’annonce belle, tout est donc parfait ! Après avoir récupéré les autres passagers à Arzon, nous nous éloignons des côtes du Morbihan, direction le Mor Braz.
A la recherche des rassemblements d’oiseaux.
La méthode de prospection que cela soit ici ou en Méditerranée est la même. On recherche les rassemblements d’oiseaux pour trouver les dauphins. Viser les bateaux de pêche est alors une bonne méthode car ils attirent de nombreux oiseaux lorsqu’ils relèvent leurs filets. En voici un en pleine action de pêche. Autour de lui des goélands, argentés, bruns et marins. Mais pas la plume d’un oiseau plus emblématique.

Seul un jeune cormoran huppé nous fait l’honneur d’un rapide passage à portée d’objectif. C’est bon, il est dans la boîte !

Le bateau continue à s’éloigner de la côte pour s’approcher de centrale d’éoliennes en mer. C’est dans cette zone qu’un gros groupe de dauphins communs (près d’une centaine) se livre à une partie de pêche. On voit d’ailleurs quelques ailerons sur la photo.

Des groupes de dauphins communs
Nous croiserons ainsi plusieurs groupes de dauphins le reste de la journée. Rapides et joueurs, certains n’hésitent pas à venir jouer à l’étrave.

Le dauphin commun est facilement reconnaissable à ses motifs jaunes sur le côté. Il est ici, comme son nom l’indique, le dauphin le plus commun. Contrairement aux côtes provençales où il est occasionnel, c’est le dauphin bleu et blanc qui prend la relève. N’hésitez pas à lire mon article sur l’observation des dauphins au large de Sanary-su-mer pour en savoir plus.

Pas toujours facile de saisir en plein vol ces flèches !

Malheureusement pour nous, ce sera la seule espèce de cétacé du jour. Un peu maigre étant donné le potentiel du site. Lors de certaines sorties dans le Mor Braz, 3 espèces sont observées : le marsouin, le grand dauphin et le dauphin commun. Les aléas de la nature !
Les oiseaux marins
Mais c’est bien gentil de s’amuser avec les dauphins, c’est pas la raison essentielle de la venue sur ce trip. C’est surtout les oiseaux que je voulais voir. Parmi les goélands, vous le voyez sur le droite, nous croisons enfin un puffin cendré. Je le rajoute ainsi à ma liste France (oui oui je fais une liste).

J’avais déjà vu cette espère ailleurs mais pas encore sur la façade atlantique française. En Méditerranée il est en effet exceptionnel, remplacé par une espèce proche : le puffin de Scopoli. Autrefois, les deux espèces étaient d’ailleurs considérées comme une seule. Puis elles ont été scindées. Aujourd’hui leur distinction est encore discutée et j’avoue avoir perdu le fil des distinctions !

Une autre espèce de puffin est régulière au large des côtes bretonnes : le puffin anglais. Bien plus petit que l’espèce précédente, il forme de grands radeaux. La météo est aujourd’hui au beau fixe et il n’y a pas de vent. Pour ces oiseaux marins qui misent sur les vagues pour se déplacer en économisant leur énergie, ce n’est pas optimal. Mieux vaut pour eux attendre des conditions plus favorables pour prendre leur envol.
Mais il faut ouvrir l’oeil, parmi ces puffins des Anglais, nous détectons quelques puffins des Baléares, au plumage plus uni. Cette espèce menacée niche plus au sud. On l’observe dans l’Atlantique nord en période de migration. Je vous en dis plus un peu plus bas dans la présentation des espèces.

A la recherche des océanites
Mais les stars incontestées de ces sorties dans le Mor Braz sont les océanites. Il s’agit de petits pétrels sombres. L’espèce la plus classique est l’océanite tempête. Elle est d’ailleurs régulière en cette saison. En revanche, la seconde moitié du mois d’oût constitue un pic de passage pour une espèce plus rare : l’océanite de Wilson. Lui, je ne l’ai encore jamais vu. Ni en France, ni ailleurs. Alors, au moindre passage d’un océanite, voilà tous les ornithos du bateau, armés de leurs jumelles, qui scrutent les critères.

Les deux principales caractéristiques de l’océanite de Wilson sont ses barres plus claires sur le dessus des ailes et les pattes longues qui dépassent de la queue. Nous croisons de nombreux groupes d’océanites mais seulement des tempêtes. Enfin, un oiseau attire l’attention de tous, c’est validé, je coche mon premier océanite de Wilson. Au final, je pourrai en voir 3 sur l’ensemble de la journée. La sortie est réussie pour moi !
L’océanite de Wilson

C’est un petit oiseau marin gracieux et discret, caractéristique des eaux tempérées et subtropicales de l’Atlantique. Il mesure seulement 16 à 18 cm pour une envergure d’environ 40 cm. Son plumage sombre est brun-noir sur le dessus et plus clair en dessous, avec un croupion blanc qui tranche légèrement lors du vol. Ses ailes sont longues et étroites. Il présente deux barres alaires plus claires caractéristiques. Son vol est rapide et ondulant au ras de l’eau. Autre caractéristique : ses pattes dépassent de sa queue légèrement fourchue. Son comportement en mer est typique : il semble « danser » au-dessus des vagues. Il effleure parfois la surface de ses pattes pour capturer plancton et petits crustacés.
Sur les côtes bretonnes, l’Océanite de Wilson est principalement observable de juin à octobre avec un pic durant la seconde quinzaine d’août. Cette période correspond à sa migration depuis ses zones de reproduction dans l’hémisphère sud. Il fréquente les eaux pélagiques du large, notamment dans le Mor Braz et en mer d’Iroise. Il est souvent mêlé aux océanites tempête.
Un poisson lune
Dernière rencontre sympa lors de cette sortie : un poisson-lune. Un peu moins exotique pour moi habituée à croiser cette espèce dans le sanctuaire Pélagos.

Le Poisson-lune est l’un des poissons les plus surprenants et emblématiques des eaux tempérées et subtropicales. Il est facilement reconnaissable grâce à sa forme aplatie et ronde, presque discoïdale. Il peut atteindre plusieurs mètres de long et peser plus d’une tonne. Ce qui en fait l’un des plus gros poissons osseux au monde. Son corps est dépourvu de queue traditionnelle, remplacée par une clavus arrondie. Ses nageoires dorsale et anale très développées lui donnent un profil caractéristique en forme de « disque » vertical. Le corps est gris argenté avec parfois des taches plus claires. La peau rugueuse est souvent couverte de parasites externes.
Il se nourrit principalement de méduses et autres organismes gélatineux. Mais complète son régime avec de petits poissons et crustacés. Il nage lentement, souvent près de la surface, ce qui le rend relativement facile à observer depuis un bateau. Il adopte parfois une posture caractéristique « sur le flanc », exposant une nageoire dorsale hors de l’eau. Ce comportement lui permet de réguler sa température et d’attirer des oiseaux nettoyeurs.
En Bretagne, le Poisson-lune est principalement observable de mai à septembre. C’est alors que les eaux se réchauffent et que les courants amènent abondance de nourriture. Il fréquente le large, le Mor Braz et les secteurs côtiers plus ouverts, souvent solitaire ou en petits groupes.
Les sorties de Faune Océan
Organisées par Sylvain Reyt, naturaliste, excellent ornithologie et photographe, les sorties faune océan sont un incontournable lors d’un voyage nature en Bretagne. Deux types de sorties sont organisées : dans le Mor Braz (celle que je vous ai présentée ici) et une au large de l’île de Groix. J’espère pouvoir la tester une prochaine fois.
Ces sorties sont certes naturalistes mais pas réservées uniquement aux spécialistes ou ornithologues. Si vous aimez la mer, êtes curieux d’en apprendre plus sur les espèces de Bretagne ou tout simplement si vous avez envie de voir des dauphins, c’est une expérience géniale.
Je vous invite à faire un tout sur le site de Faune océan pour en savoir plus et voir leur galerie photo. Cela vous donnera surement l’envie de prendre le large !
💡 Bien entendu, n’oubliez pas de prendre vos jumelles ! J’ai pu testé les jumelles stabilisées et pour les observation en mer c’est vraiment génial. Je vous en dis plus ici : Bien choisir sa paire de jumelles.
Quelles espèces peut-on espérer observer au large des côtes bretonnes
Les oiseaux
Le fou de Bassan

Le plus grand oiseau marin nicheur d’Europe et l’une des silhouettes les plus emblématiques du large breton. Avec une envergure pouvant atteindre 1,80 mètre. Il se reconnaît à sa silhouette fuselée, ses longues ailes étroites et pointues et son vol puissant alternant battements profonds et longs planés rigides au ras des vagues. L’adulte présente un plumage blanc éclatant contrastant avec les extrémités noires des ailes. Sa tête est légèrement teintée de jaune pâle. Son long bec gris bleuté est en forme de poignard.
Les jeunes oiseaux, plus sombres, arborent un plumage brun fortement moucheté de blanc. Ils le conserveront plusieurs années avant d’acquérir progressivement la livrée immaculée des adultes. Mais c’est surtout son comportement de chasse qui facilite l’identification. Le Fou de Bassan effectue des plongeons spectaculaires en piqué. Il se laisse tomber presque à la verticale depuis plusieurs dizaines de mètres pour capturer les poissons sous la surface.
Sur les côtes bretonnes, l’espèce est particulièrement visible du printemps à la fin de l’été. C’est durant cette période qu’il se reproduit. Il forme de grandes colonies comme celle des Sept-Îles. Vous pouvez d’ailleurs lire mon article sur La colonie des sept îles. De mars à septembre, les allers-retours incessants entre les zones de pêche et les sites de nidification rendent l’oiseau fréquent au large des pointes rocheuses et en mer d’Iroise comme dans le Mor Braz. En automne et en hiver, il demeure présent au large mais se disperse davantage, offrant des observations plus ponctuelles.
Le Puffin cendré

D’une envergure pouvant atteindre 1,20 mètre, ce grand oiseau marin se distingue par sa silhouette élancée, ses longues ailes fines légèrement arquées et son vol souple alternant battements lents et planés rasants au-dessus des vagues. Son plumage apparaît brun-gris sur le dessus et plus clair dessous. Le contraste est bien visible lorsque l’oiseau vire au ras de l’eau. Le bec, long et jaunâtre, est robuste, adapté à la capture de poissons et de céphalopodes. En mer, il adopte un vol dynamique, utilisant les vents et les reliefs des vagues. Il donne ainsi l’impression de « glisser » sans effort à quelques mètres seulement de la surface.
Sur les côtes bretonnes, le Puffin cendré est principalement observable de mai à octobre. C’est à ce moment qu’il se reproduit. Après la nidification, de nombreux individus transitent au large de la Bretagne avant de rejoindre leurs quartiers d’hivernage dans l’Atlantique sud. Il est particulièrement visible lors des passages migratoires estivaux et en début d’automne. On peut alors l’observer depuis les pointes exposées aux vents d’ouest ou lors des sorties en mer dans le Mor Braz et en mer d’Iroise.
Le Puffin des Baléares

Oiseau marin discret et menacé, considéré comme l’un des oiseaux les plus rares d’Europe. Plus petit et plus sombre que le Puffin cendré, il mesure environ 35 à 40 cm de longueur pour une envergure proche de 90 cm. Sa silhouette est compacte, aux ailes relativement étroites et droites. Son vol est rapide, alternant battements nerveux et courts planés au ras de l’eau. Son plumage est brun sombre, parfois légèrement plus clair sur le dessous. Il donne un aspect assez uniforme et peu contrasté, ce qui peut compliquer l’identification par mer agitée. La tête paraît ronde, le bec fin et sombre.
En comparaison avec les autres puffins observables en Bretagne, il paraît plus petit, plus trapu et plus sombre que le Puffin cendré, et plus grand et plus massif que le Puffin des Anglais.
Espèce endémique des îles Baléares où elle niche au printemps, le Puffin des Baléares quitte la Méditerranée après la reproduction. Il remonte alors en Atlantique. On peut alors l’observer au large des côtes bretonnes principalement de mai à octobre. Le pic de présence est en été et au début de l’automne. Il fréquente les zones riches en poissons, souvent en petits groupes mêlés à d’autres oiseaux marins. Espèce en danger critique d’extinction à l’échelle mondiale, sa présence au large de la Bretagne constitue un enjeu de suivi et de conservation majeur.
Le puffin des Anglais

le plus petit des puffins régulièrement observés au large des côtes bretonnes, mais aussi l’un des plus caractéristiques. D’une envergure d’environ 75 à 90 cm, il présente une silhouette fine, aux ailes longues et étroites. son vol est très dynamique. Il alterne séries de battements rapides et planés rasants au-dessus des vagues. Son plumage est nettement contrasté. Le dessus est noir brunâtre, le dessous blanc éclatantL La démarcation franche est ainsi bien visible même à distance lorsque l’oiseau bascule dans le vent. La tête est sombre avec les joues blanches, le bec fin et sombre.
En mer, il donne l’impression de « cisailler » la surface, volant en ligne droite au ras de l’eau, profitant des creux des vagues pour se dissimuler momentanément.
Sur les côtes bretonnes, le Puffin des Anglais est ainsi observable principalement d’avril à septembre, période correspondant à sa reproduction dans les colonies des îles Britanniques et d’Irlande. Après la nidification, il migre vers l’Atlantique sud, jusqu’au large de l’Amérique du Sud. En Bretagne, on le rencontre ainsi surtout lors des passages migratoires et durant l’été, notamment depuis les caps exposés aux vents d’ouest ou lors de sorties en mer dans le Mor Braz et en mer d’Iroise.
L’océanite tempête
le plus petit oiseau marin d’Europe, une silhouette délicate et fascinante du grand large. D’à peine 15 à 16 cm de longueur pour une envergure d’environ 40 cm, il évoque une petite hirondelle sombre virevoltant au ras des vagues. Son plumage est entièrement brun noirâtre, à l’exception d’un croupion blanc nettement visible, critère essentiel pour l’identification. Les ailes sont longues et fines, la queue légèrement échancrée.
En Bretagne, l’espèce niche dans quelques îlots rocheux isolés, notamment dans l’archipel des Sept-Îles et en mer d’Iroise. Elle est principalement observable en mer de mai à septembre, période correspondant à la reproduction. Il est très discrète près des colonies, où il ne revient qu’à la tombée de la nuit pour éviter les prédateurs. Mais il est plus facilement détecté au large lors de sorties en bateau, en particulier par vents soutenus. En dehors de la saison de reproduction, il passe l’hiver au large de l’Atlantique tropical.
Les cétacés
Le grand dauphin

Le Grand dauphin, également appelé dauphin souffleur, est le cétacé le plus connu et le plus régulièrement observé le long des côtes bretonnes. Mesurant entre 2,5 et 4 mètres pour un poids pouvant dépasser 300 kg, il se distingue par son corps robuste, son front arrondi formant un « melon » bien marqué et son rostre court et épais. Sa nageoire dorsale, large et falciforme, est implantée au milieu du dos. Sa coloration varie du gris clair au gris ardoise, avec un ventre plus pâle.
À la surface, son identification repose sur sa taille imposante, ses souffles puissants et son comportement souvent démonstratif : il nage en petits groupes sociaux, effectue des sauts hors de l’eau et peut venir étraver les bateaux. Contrairement aux dauphins plus pélagiques, le Grand dauphin fréquente volontiers les zones côtières, les estuaires et les secteurs riches en poissons.
En Bretagne, l’espèce est présente toute l’année, avec des populations résidentes notamment en mer d’Iroise et dans certains secteurs du Mor Braz. Ces groupes côtiers présentent une forte fidélité à leur territoire, utilisant les baies, les plateaux rocheux et les zones de courants pour chasser mulets, bars et céphalopodes. Sociable, intelligent et parfaitement adapté aux eaux tempérées de l’Atlantique nord-est, le Grand dauphin constitue l’un des mammifères marins les plus emblématiques et les plus recherchés lors des sorties naturalistes au large des côtes bretonnes.
Le dauphin commun

l’un des cétacés les plus élégants et les plus rapides observables au large des côtes bretonnes. De taille moyenne, il mesure entre 1,7 et 2,4 mètres pour un poids pouvant atteindre 130 kg. Sa silhouette est élancée, avec un rostre long et fin bien distinct du front, et une nageoire dorsale haute, triangulaire et légèrement incurvée. Son critère d’identification le plus marquant est son motif en « sablier » sur les flancs : une zone jaunâtre à l’avant et gris clair à l’arrière, contrastant avec le dos sombre et le ventre clair. Ce dessin latéral caractéristique permet de le distinguer rapidement du Grand dauphin.
Espèce très grégaire, le Dauphin commun se déplace souvent en groupes importants pouvant compter plusieurs dizaines, voire centaines d’individus. Il est réputé pour sa vitesse et son comportement spectaculaire : sauts, vrilles et longues courses à l’étrave des bateaux sont fréquents. Contrairement au Grand dauphin, il est davantage pélagique, préférant les eaux du large et les zones riches en poissons liées aux fronts thermiques et aux courants.
En Bretagne, il est observable toute l’année, avec une présence particulièrement marquée au large du Finistère, en mer d’Iroise et dans le Mor Braz, surtout lorsque les ressources alimentaires sont abondantes. Migrateur partiel, il peut effectuer des déplacements saisonniers en fonction de la température de l’eau et de la disponibilité des proies.
Le marsouin commun
Le Marsouin commun est le plus petit cétacé régulièrement observé au large des côtes bretonnes et l’un des plus discrets. Il mesure généralement entre 1,4 et 1,9 mètre pour un poids compris entre 45 et 70 kg, avec un corps trapu, arqué et un rostre très court, presque inexistant. Sa nageoire dorsale est triangulaire et peu élevée, située au milieu du dos, et son dos présente une teinte gris foncé contrastant avec un ventre plus clair. Son comportement, souvent furtif, le rend difficile à observer : il émerge rarement complètement et laisse apparaître seulement le dos et la nageoire dorsale lors de ses souffles courts et rapides.
Le Marsouin commun vit principalement en petits groupes familiaux, souvent de 2 à 6 individus, et reste proche des côtes mais aussi sur les plateaux continentaux peu profonds. Il est discret, silencieux et très mobile sous l’eau, utilisant des plongées brèves pour se nourrir de petits poissons et de céphalopodes.
En Bretagne, il est présent toute l’année, avec une plus forte probabilité d’observation au large du Finistère, en mer d’Iroise et dans le Mor Braz. Sa discrétion et sa petite taille rendent l’observation difficile, mais il constitue un indicateur précieux de la santé des écosystèmes marins côtiers et de la richesse biologique de la région.
Le petit rorqual
Le Petit rorqual est le plus petit des grands cétacés observables au large des côtes bretonnes, mais reste néanmoins impressionnant par sa vitesse et son agilité. Il mesure généralement entre 6 et 9 mètres pour un poids pouvant atteindre 5 à 7 tonnes. Sa silhouette est fine et élancée, avec un dos légèrement arqué et une nageoire dorsale petite mais bien visible, placée sur la partie arrière du corps. Sa tête est effilée avec une mâchoire supérieure marquée par de nombreuses fanons, permettant de filtrer le plancton et les petits poissons lors de la nourriture. Le dos est gris foncé et strié longitudinalement, tandis que le ventre est plus clair, créant un contraste subtil mais caractéristique.
Le Petit rorqual est un nageur rapide et actif, capable d’atteindre des vitesses impressionnantes et d’effectuer des plongeons brefs mais profonds pour se nourrir. Il se rencontre souvent en petits groupes, parfois mêlés à d’autres cétacés, et est très mobile en fonction des concentrations de nourriture.
En Bretagne, le Petit rorqual est présent toute l’année au large, mais les observations sont plus fréquentes de mai à septembre, lorsque les eaux se réchauffent et que les bancs de poissons et de plancton attirent ces grands migrateurs. On peut l’apercevoir depuis les pointes exposées ou lors de sorties en mer dans le Mor Braz et la mer d’Iroise. Plus discret que le rorqual commun ou le cachalot, il incarne la présence régulière mais subtile des grands cétacés dans les eaux atlantiques bretonnes.
Je reviendrai !
Que l’on soit passionné de nature, photographe ou simple curieux, chaque sortie est une invitation à la découverte, à la contemplation et au respect de cet environnement fragile. En quittant le rivage, on emporte le souvenir de vastes horizons, du ballet des oiseaux marins et de la vitalité des eaux atlantiques, une expérience qui rappelle à quel point le Mor Braz est un joyau naturel à préserver et à apprécier avec attention. Il est évident que c’est avec un grand plaisir que je reprendrais le large avec Faune Océan. Pour couronner le tout, cette sortie a été l’occasion de croiser des copains de longue date que je n’avais pas vu depuis longtemps. C’était bien sympa de partager ce moment !
🔎 Pour en savoir plus sur l’observation des dauphins en Bretagne, je vous ai préparé un article tout spécialement : Où observer les dauphin en Bretagne.