Plus grand étang salé d’Europe occidentale, l’étang de Berre est un vaste espace lagunaire aux multiples visages. Longtemps marqué par les activités humaines le site est aujourd’hui en pleine évolution écologique. Ses rives, ponctuées de roselières, de sansouïres et de zones humides, offrent des habitats essentiels pour de nombreuses espèces d’oiseaux. Flamants roses, canards, foulques, grèbes, limicoles et rapaces y trouvent refuge, notamment lors des périodes de migration et d’hivernage. Malgré les pressions passées, l’étang de Berre demeure un territoire clé pour la biodiversité méditerranéenne.

Accés

Depuis Salon de Provence, aller au Sud en direction de Saint Chamas par la D70 (palous). A gauche au croisement (D10) et 2 kilomètres après, un petit chemin sur la droite (signalé un muret en pierres), mène à un parking en contrebas. Pour se rendre ensuite aux Salins de Berre, à partir des palous de St Chamas. Prendre à droite en sortant de la piste et continuez sur la D10. A 4 ou 5 km, prendre à droite la D21 b direction Berre l’étang.

Une fois la ville atteinte, suivre « centre ville » puis direction Port du Passet qui vous conduira jusqu’aux salins en prolongeant votre route. De Berre, prendre direction Rognac par la D21. Suivre Marignane et traverser la ville en direction de Châteauneuf les Martigues par la D9. A la sortie de la ville, prendre la première route à droite après le pont (chemin des macreuses) sur le canal du Rove.

Carte

Les Palous de Saint-Chamas

Saint Chamas

A chercher dans la roselière des Palous : en hiver, Rémiz penduline (Remiz pendulina), Panure à moustaches (Panurus biarmius), Lusciniole à moustache (Acrocephalus melanopogon),Gorgebleue (Luscinia svecica), Bouscarle (Cettia cetti). Aux passages, Marouette poussin (Porzana parva) (régulière), ponctuée (P. porzana), Râle (Rallus aquaticus), Hérons pourprés (Ardea purpurea), bihoreaux (Nycticorax nycticorax)… sont visibles sur le site.

Marouette ponctuée, Étang de Berre

Les salins de Berre

Les 300 ha des Salins de Berre se trouvent coincés entre les raffineries et l’Etang de Berre. A l’entrée du complexe des Salins de Berre, les ruines à votre droite hébergent quelques Etourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris). Depuis la route il est facile de voir les colonies de Sternes pierregarins (Sterna hirundo) et naines (S. albifrons) tandis que les îlots avoisinants accueillent les Chevaliers gambettes (Tringa totanus) nicheurs.

Salins de Berre

Les Sternes caugeks (Sterna sandvcencis) présentent en fin d’été, parfois en nombre, ne se reproduisent pas sur place mais viennent profiter des ressources alimentaires du site. Les adultes accompagnés des jeunes se sont déplacés depuis la Camargue voisine. Pour les mordus, les différentes sous-espèces de Bergeronnettes printanières (Motacilla flava), la Sterne caspienne (Sterna caspia) ou le Phalarope à bec étroit (Phalaropus lobatus) sont à rechercher lors du passage en avril/mai.

Le Bruant des neiges (Plectrophenax nivalis), se glisse parfois dans les troupes de fringilles, il fait partie des occasionnels hivernants. Plus courants l’hiver, sont les Macreuses (Melanitta sp) ou le Plongeon arctique (Gavia arctica). Les regroupements de laridés sont ici importants. Parmi les Mouettes rieuses et les Goélands leucophées, il n’est pas rare d’observer durant la saison hivernale le Goéland cendré (Larus canus) et la Mouette mélanocéphale (Ichthyaetus melanocephalus).

Goéland cendré – Berre 2014

Paluns de Marignane

Cette zone de marais située entre Marignane et Martigues est agréable à prospecter. Elle est composée d’une série d’étangs : le Bolmon et le Barlatier. Blongios nains (Ixobrichus minutus), Échasses blanches (Himantopus himantopus), Nettes rousses (Netta rufina), Canard chipeau (Anas strepera) et Bergeronnettes printanières (Motacilla flava) sont quelques unes des espèces nicheuses sur le secteur. En migration, les près avec les taureaux attirent de nombreux petits passereaux et parfois une Glaréole à collier (Glareola pratincola) s’arrête quelques heures avant de poursuivre sa migration. En mars, ouvrez l’œil ! il n’est pas rare d’observer des marouettes en halte migratoire en bordure des roselières.

Les Salins du Lion

Ces salins situés près de l’aéroport de Marignane accueillent de nombreuses espèces d’oiseaux d’eau : hérons, tadornes …

Salins du Lion, 13.

Les étangs intérieurs

Ce secteur enclavé entre collines, zones industrielles et l’étang de Berre est composé d’une série d’étangs et de salins : l’Estomac, Rassuen, Lavalduc, le Citis et le Pourra. Ces dépressions d’origine éolienne situées en zone littorale accueillent de nombreux oiseaux. Près de 200 espèces ont en effet été recensées dont 44 patrimoniales. Ceci a justifié la classification du site en zone Natura 2000 et la désignation d’une zone spéciale de protection (ZPS).

Du point de vue ornithologique, les étangs les plus intéressants sont l’Estomac, le Citis et le Pourra. Ils accueillent de nombreux oiseaux d’eau hivernants représentant 97% des effectifs de l’ensemble de la zone. Mais les zones humides ne constituent pas le seul intérêt naturaliste du site. Les collines et les parcelles agricoles qui s’intercalent entre les étangs abritent des espèces typiquement méditerranéennes comme les fauvettes.

Les espèces d’oiseaux que l’on peut observer autour de l’étang de Berre

1. Les oiseaux hivernants

L’étang de Berre constitue un site stratégique pour de nombreuses espèces d’eau hivernantes. Ils exploitent les vasières, les eaux libres et les zones littorales peu perturbées. Les canards tels que le colvert (Anas platyrhynchos), le siffleur (Anas penelope), la sarcelle d’hiver (Anas crecca) et le canard souchet (Anas clypeata) se rassemblent sur les bras secondaires et les vasières pour se nourrir de plantes aquatiques et d’invertébrés. Les plongeons, incluant le plongeon arctique (Gavia arctica), le plongeon catmarin (Gavia stellata) et le plongeon imbrin (Gavia immer), sont également réguliers en hiver, utilisant les zones d’eau libre pour se reposer et se nourrir par plongée. Le grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis) complète cette communauté hivernale sur les plans d’eau calmes. Ces populations hivernantes sont sensibles aux variations de niveau d’eau et aux perturbations humaines. Ceci qui fait de l’étang un site clé pour leur suivi et leur conservation.

Grèbe à cou noir – Camargue
2. Les oiseaux en passage migratoire

L’étang de Berre constitue un relais important pour les oiseaux migrateurs. Les roselières et vasières accueillent temporairement plusieurs limicoles et échassiers pendant les migrations de printemps et d’automne. Les marouettes poussin (Porzana pusilla) et ponctuée (Porzana porzana), généralement furtives, peuvent être détectées à la faveur de leurs chants discrets. Ces périodes de transit sont cruciales pour permettre aux oiseaux de reconstituer leurs réserves énergétiques et d’assurer le succès de leur migration, rendant les observations particulièrement intéressantes pour le suivi des flux migratoires et des effectifs saisonniers.

3. Les oiseaux nicheurs

Les roselières, vasières et zones humides périphériques de l’étang de Berre constituent des habitats de reproduction essentiels pour plusieurs espèces méditerranéennes. Le lusciniole à moustache (Acrocephalus melanopogon) niche dans les roselières denses, émettant son chant caractéristique et se nourrissant principalement d’insectes au cours de la période de reproduction (avril-août). L’avocette élégante (Recurvirostra avosetta) utilise les vasières et les îlots vaseux pour sa nidification, souvent en colonies lâches. Ces espèces nicheuses présentent des comportements alimentaires et reproducteurs très spécifiques, et leur suivi permet de mesurer l’état de conservation des habitats lagunaires.

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