Les Aiguamolls de l’Empordà constituent l’un des meilleurs sites d’observation ornithologique de Catalogne, grâce à une exceptionnelle diversité de zones humides littorales. Facilement accessibles, plats et bien aménagés, ils sont donc idéaux pour une première approche de l’ornithologie comme pour des observations plus pointues en période de migration.

Situation et accès
  • Localisation : entre Castelló d’Empúries et Sant Pere Pescador
  • Accès principal :
    • depuis Roses ou Figueres (15–20 min en voiture)
  • Parkings conseillés :
    • Parking El Cortalet (centre d’information)
    • Parking de la réserve de les Llaunes

Accès gratuit toute l’année

Voici ma carte des sites incontournables aux Aiguamolls pour observer les oiseaux

Statut et protection

Le parc naturel des Aiguamolls de l’Empordà bénéficie ainsi d’un statut de protection élevé qui témoigne de son importance écologique à l’échelle européenne et internationale. Classé parc naturel, il est également reconnu comme site Ramsar, soulignant la valeur majeure de ses zones humides pour la biodiversité et l’accueil des oiseaux d’eau. Le site est également intégré au réseau Natura 2000, qui vise à préserver les habitats et les espèces les plus remarquables d’Europe, et il est désigné Zone de Protection Spéciale (ZPS) au titre de la directive Oiseaux, garantissant une attention particulière à la conservation des nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs et nicheurs qui fréquentent les marais tout au long de l’année.

El Mata, Aiguamolls
Quelles espèces observer aux Aiguamolls ?
Une zone humide attractive
Canard souchet, Aiguamolls

Les Aiguamolls de l’Empordà constituent l’un des hauts lieux ornithologiques de Catalogne, avec une diversité remarquable tout au long de l’année. En période de reproduction (avril à juin), les marais accueillent des nicheurs emblématiques tels que l’échasse blanche, l’avocette élégante, le vanneau huppé, le busard des roseaux, le butor étoilé (discret mais régulier), ainsi que plusieurs ardéidés dont le héron pourpré et le blongios nain. Les roselières abritent également des passereaux spécialisés comme la rousserolle turdoïde, la rousserolle effarvatte et le panure à moustaches.

Lors des migrations prénuptiales (mars–mai) et postnuptiales (août–octobre), le site devient une zone de halte majeure pour les limicoles : bécasseau minute, bécasseau variable, chevalier aboyeur, chevalier sylvain, combattant varié, auxquels s’ajoutent également spatules blanches, ibis falcinelles et, certaines années, des espèces plus rares comme le flamant nain ou le phalarope à bec étroit.

En hiver (novembre à février), les plans d’eau et lagunes sont aussi fréquentés par d’importants contingents de canards de surface et plongeurs (sarcelle d’hiver, canard siffleur, pilet, nette rousse). Les zones ouvertes attirent enfin pluviers argentés, grands gravelots et rapaces hivernants tels que le busard Saint-Martin, le busard pâle et occasionnellement l’aigle criard.

Les milieux agricoles périphériques

Les zones agricoles périphériques des Aiguamolls, composées de prairies pâturées, de cultures céréalières extensives, de rizières et de friches, jouent un rôle clé pour de nombreuses espèces de milieux ouverts. Elles accueillent notamment une population remarquable de faucon crécerellette (Falco naumanni), espèce emblématique du secteur, observable principalement d’avril à septembre, période durant laquelle elle niche dans les villages et bâtiments agricoles alentour (Castelló d’Empúries, Sant Pere Pescador) et chasse activement insectes et petits vertébrés au-dessus des champs.

Ces espaces accueillent également une avifaune steppique et prairiale typique avec le busard cendré, le busard des roseaux en chasse, l’œdicnème criard, l’outarde canepetière (très localisée et irrégulière), ainsi que des densités intéressantes de cochevis huppé, alouette calandrelle et pipit rousseline.

En période migratoire, les labours et jachères attirent des rassemblements de bergeronnettes printanières, pipits farlouses et alouettes lulus, tandis que les haies, fossés et canaux servent de couloirs écologiques pour les pie-grièches, notamment la pie-grièche écorcheur au printemps et en été. L’ensemble de cette mosaïque agricole, étroitement liée aux zones humides du parc, constitue ainsi un habitat complémentaire indispensable au maintien d’une avifaune patrimoniale menacée à l’échelle méditerranéenne.

La talève sultane : une espèce emblématique ménacée

La talève sultane (Porphyrio porphyrio) a effectivement frôlé la disparition aux Aiguamolls de l’Empordà. Présente historiquement dans les marais littoraux catalans, l’espèce a subi un effondrement drastique de ses effectifs au cours du XXᵉ siècle, principalement en raison du drainage des zones humides, de la chasse et de la fragmentation des roselières. Dans les Aiguamolls, elle a longtemps été considérée comme quasi disparue, avec seulement quelques observations sporadiques et aucune reproduction régulière confirmée durant plusieurs décennies.

Les programmes de restauration hydraulique et de gestion des habitats menés depuis la création du parc ont permis une réapparition très ponctuelle, mais les effectifs restent extrêmement faibles et instables, souvent limités à quelques individus, voire à de simples tentatives de reproduction certaines années.

Aujourd’hui encore, la talève sultane y est considérée comme une espèce rare, localisée et vulnérable, bien loin des populations plus solides observées dans le delta de l’Èbre ou dans certaines zones humides andalouses. Sa présence aux Aiguamolls demeure donc irrégulière et fragile, fortement dépendante des niveaux d’eau, de la tranquillité des roselières et des connexions avec d’autres noyaux de population ibériques.

Les mammifères observables aux Aiguamolls

Les Aiguamolls de l’Empordà abritent une communauté de mammifères discrète mais diversifiée, étroitement liée à la mosaïque de zones humides, de canaux, de prairies inondables et de milieux agricoles périphériques. La loutre d’Europe (Lutra lutra), longtemps absente, a recolonisé le secteur depuis la fin des années 2000 à la faveur de l’amélioration de la qualité de l’eau et de la continuité écologique des cours d’eau ; sa présence est aujourd’hui attestée de manière régulière, bien que l’espèce demeure difficile à observer, principalement active à l’aube et au crépuscule.

La genette (Genetta genetta), plus terrestre, fréquente les lisières de roselières, les bosquets riverains et les zones agricoles peu intensives, où elle chasse micromammifères et oiseaux au sol, révélant la bonne fonctionnalité des corridors écologiques entre zones naturelles et paysages cultivés. À leurs côtés, on rencontre plusieurs espèces de chauves-souris (notamment Pipistrellus, Myotis et Rhinolophus), qui exploitent les milieux humides riches en insectes, ainsi que le renard roux, le blaireau, le sanglier et divers rongeurs semi-aquatiques comme le campagnol amphibie. => En savoir plus sur les mammifères semi-aquatiques

Cet ensemble faunistique, souvent invisible au premier regard, témoigne du rôle fondamental des Aiguamolls comme réservoir de biodiversité fonctionnel, à l’interface entre milieux aquatiques, agricoles et littoraux.

Des mammifères jardiniers
Daim (Aiguamolls, décembre 2013)

Aux Aiguamolls de l’Empordà, la présence de daims (Dama dama) et de chevaux ne relève pas d’un simple décor paysager, mais d’un véritable outil de gestion écologique. Les daims, introduits et suivis de près, participent au contrôle de la végétation en limitant l’embroussaillement des prairies humides et des zones ouvertes, favorisant ainsi le maintien d’habitats propices aux oiseaux d’eau et aux limicoles.

Les chevaux, utilisés dans le cadre d’un pâturage extensif, jouent un rôle complémentaire en créant une mosaïque de hauteurs de végétation, indispensable à la diversité floristique et faunistique. Leur action mécanique ouvre les milieux, limite l’expansion des roseaux et maintient des zones de gagnage pour de nombreuses espèces, faisant de ces grands herbivores de précieux alliés de la conservation dans un paysage humide façonné par l’homme autant que par la nature.

Balades et itinéraires recommandés
1. Itinéraire « Découverte des marais » – facile
  • Départ : Centre d’information El Cortalet
  • Distance : 2,5 km (boucle)
  • Durée : 1h30 à 2h
  • Dénivelé : nul

Points forts : Observatoires de la Massona et du Gall Marí

  • Idéal avec enfants ou débutants
2. Itinéraire ornithologique approfondi – intermédiaire
  • Départ : El Cortalet → lagunes de Vilaüt
  • Distance : 6–7 km
  • Durée : 3 à 4 h

Milieux traversés : Roselières, Prairies humides, Lagunes temporaires

3. Balade littorale et zones agricoles
  • Secteur : entre marais et plages , Intérêt : passereaux, rapaces, limicoles, Saisons idéales : printemps & automne
Quand venir ?
  • Mars–mai : migration prénuptiale (meilleure période)
  • Juin–juillet : nidification
  • Septembre–octobre : migration postnuptiale
  • Hiver : oiseaux d’eau hivernants
Conseils matériel
  • Jumelles 8×42 ou 10×42. N’hésitez pas à consulter mon article Bien choisir sa paire de jumelles
  • Longue-vue utile pour les lagunes ouvertes
  • Guide d’identification oiseaux d’Europe
  • Chapeau, eau, protection solaire
  • Vêtements discrets (couleurs neutres)
Castello d’Empuries

Pour compléter votre découverte ornithologique de la Catalogne, ne manquez pas le delta de l’Èbre, autre site majeur pour l’observation des oiseaux.

Toutes mes balades aux Aiguamolls

Bécassine sourde (Lymnocryptes minimus)

Petit retour en arrière … et oui nous avons du retard sur nos articles … Voici l’image d’une Bécassine sourde photographiée aux Aiguamolls le 6 avril 2015. Cette espèce hiverne principalement dans la zone subsaharienne. Cependant, d’autres sites d’hivernage se situent sur les côtes des pays occidentaux ainsi que, plus près de chez nous, en Camargue. Mais ses mœurs discrets…

Aiguamolls de l’Emporda : Jour 1

4 avril 2015. Le premier jour de notre week-end aux Aiguamolls débute sur les étangs de Vilaüt. Le soleil n’est pas encore levé mais déjà vers l’est, les crêtes du massif des Albères se détachent sur fond de ciel doré.  La zone humide de Vilaüt est située au creux d’une dépression parcourue par trois rivières quasiment parallèles. Différents types de…

Week-end de Pâques aux Aiguamolls

Week-end pascal en Catalogne partagé entre balades aux Aiguamolls et dans le parc du Cap de Creus. Nous avons eu droit à un beau soleil mais à pas mal de vent qui n’est tombé que le lundi en fin de journée. Cela n’a pas empêché la migration avec une belle tombée de Fauvettes passerinettes et de Pouillots fitis le samedi…

Week-end coches partie 2 : Le Fuligule à bec cerclé

Le Fuligule à bec cerclé (Aythya collaris) est également une espèce américaine observée occasionnellement en Europe. Un individu est signalé aux aiguamolls en Espagne depuis début janvier. Vu que nous étions déjà à Montpellier, pourquoi ne pas pousser jusqu’en Espagne ?

El Mata en janvier

Dimanche 5 janvier Après avoir passé une semaine en Andalousie, dernière étape avant le retour en France : les Aiguamolls. Peu de diversité mais de jolies ambiances au petit matin sur El Mata. Une centaine de Cigognes blanches s’alimentent au milieu des chevaux tandis que les Busards des roseaux s’activent et ne cessent de tourner au-dessus de la roselière. Peu…

Les Aiguamolls en décembre

Mercredi 25 décembre 2013 Après un copieux et délicieux repas de Noël, nous voilà en route pour l’Espagne. Nous arrivons aux Aiguamolls vers 21h et passons la nuit sur le parking du Cortalet alors qu’un vent très violent se lève. Jeudi 26 décembre Au petit matin, c’est comme si la tempête de la veille n’avait pas eu lien. Le thermomètre…

Oie des moissons de la toundra

L’Oie des moissons (Anser fabalis – Taiga Bean Goose) niche dans le Nord de la Scandinavie ainsi que dans la toundra sibérienne. Elle hiverne en Europe. L’Oie des moissons de la taïga (A. f. fabalis) hiverne surtout dans le nord de l’Europe (Suède, Danemark, Finlande), alors que l’Oie des moissons de la toundra (A. f. rossicus), qui vient pourtant de…

Aiguamolls : Vilaüt et El Mata

28 mars 2013 Arrivée en Espagne vers 17h30. Le ciel est couvert mais laisse cependant entrevoir les contreforts pyrénéens. Aux abords de la petite route qui mène de la Jonquera à Rosas, Bruants proyers, cochevis, serins et autres passereaux perchés dans les arbustes égayent notre chemin. Première halte à Delfia, petite ferme où se reproduit une petite population de Faucon…

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