Observation des oiseaux dans les Dombes : quand partir et où observer les espèces sauvages.

Située entre Lyon et Bourg-en-Bresse, la Dombes est l’un des plus grands ensembles de zones humides d’Europe, célèbre pour son chapelet de plus d’un millier d’étangs. Ce paysage façonné par l’homme depuis le Moyen Âge constitue aujourd’hui un territoire majeur pour l’observation des oiseaux sauvages. Au fil des saisons, les étangs, roselières, prairies humides et boisements accueillent une avifaune d’une richesse exceptionnelle, faisant de la Dombes une destination incontournable pour les amateurs d’ornithologie et de nature.

Pourquoi la Dombes est un site majeur pour l’ornithologie

La spécificité de la Dombes repose sur la gestion traditionnelle des étangs, alternant périodes en eau et phases d’assec. Ce fonctionnement crée une grande diversité d’habitats favorables aux oiseaux d’eau, aux limicoles et aux passereaux des milieux humides. La tranquillité relative du territoire, en dehors des axes routiers, permet également l’installation d’espèces sensibles et favorise les haltes migratoires.

La Dombes
La Dombes sous un timide soleil

Meilleur moment pour observer les oiseaux dans les Dombes

Printemps (mars à mai) – la saison la plus riche

Le printemps est sans doute la période idéale pour l’observation des oiseaux dans les Dombes. Les étangs sont en eau, les oiseaux nicheurs s’installent et les migrateurs de retour d’Afrique font escale. Les parades nuptiales, les chants et les comportements territoriaux rendent l’observation particulièrement intéressante.

Espèces emblématiques du printemps :
  • Héron pourpré
  • Aigrette garzette
  • Guifette moustac
  • Grèbe huppé, grèbe à cou noir et grèbe castagneux
  • Rousserolle effarvatte
  • Bruant des roseaux
Grèbe à cou noir, étang dans la Dombes, avril 2017
Grèbe à cou noir, étang dans la Dombes, avril 2017
Été (juin à août) – discrétion et jeunes oiseaux

En été, l’activité est plus discrète, mais la saison permet d’observer les jeunes oiseaux et les espèces nicheuses. Certaines roselières restent très actives tôt le matin ou en fin de journée.

À observer en été :
  • Blongios nain
  • Busard des roseaux
  • Sterne pierregarin
  • Martin-pêcheur
  • Cisticole des joncs
Automne (septembre à novembre) – migrations et rassemblements

L’automne marque le retour des grandes concentrations d’oiseaux, notamment lors de la migration postnuptiale. Les étangs en cours de vidange attirent de nombreux limicoles.

Espèces visibles en automne :
  • Chevaliers (gambette, sylvain, aboyeur)
  • Bécassine des marais
  • Vanneau huppé
  • Canards de surface (sarcelle d’hiver, souchet, chipeau)
Hiver (décembre à février) – oiseaux d’eau et hivernants

L’hiver est propice à l’observation des canards et des oiseaux hivernants, parfois en très grands effectifs lorsque les étangs ne sont pas gelés.

Espèces hivernantes fréquentes :
  • Fuligule milouin
  • Fuligule morillon
  • Canard pilet
  • Grande aigrette
  • Cygne tuberculé

Les Dombes : une mosaïque de milieux

La Dombes
La Dombes
Les étangs et chemins communaux

La majorité des observations se font depuis les chemins bordant les étangs. Certains secteurs, peu fréquentés, offrent d’excellentes conditions d’observation à distance, sans déranger la faune.

La réserve naturelle nationale de la Dombes (secteurs autorisés)

Elle protège des milieux emblématiques du territoire et permet l’observation d’espèces rares, notamment dans les roselières et zones humides préservées.

Étangs en assec

Les étangs temporairement vidangés sont des sites clés pour les limicoles. Ils attirent une diversité d’espèces parfois difficile à observer ailleurs en région.

Lisières boisées et haies

En complément des zones humides, les haies, bosquets et lisières accueillent passereaux, rapaces et espèces forestières.

Étangs incontournables pour l’observation des oiseaux dans les Dombes

  • Étang de la Dombes (secteur Villars-les-Dombes – Bouligneux) : L’un des plus vastes étangs du territoire. Selon son niveau d’eau, il accueille de grandes concentrations d’oiseaux d’eau : canards, hérons, grèbes, guifettes et parfois des limicoles lors des assecs.
  • Étang Grand Birieux : Très connu des ornithologues, cet étang offre de vastes roselières et des zones ouvertes favorables aux oiseaux nicheurs et migrateurs. Printemps et automne sont particulièrement intéressants.
  • Étang du Chapelier : Apprécié pour son calme relatif et sa diversité d’habitats. Bon site pour observer hérons, aigrettes, rapaces des zones humides et passereaux paludicoles.
  • Étang de Rizan : Étang aux berges souvent favorables aux limicoles lors des niveaux bas. Intéressant en migration postnuptiale et en automne.
  • Étang de Beaumont : Grand étang ouvert, souvent fréquenté par les canards hivernants, les fuligules et les grands échassiers. Observation possible depuis les chemins périphériques.
  • Étang de la Tuillière : moins connu mais intéressant pour les roselières et les espèces discrètes. Bon site au printemps pour rousserolles, blongios et busards.
  • Étang de la Combe : Selon sa gestion annuelle, il peut devenir un excellent site pour les limicoles (bécassines, chevaliers, vanneaux), notamment lors des assecs.
Ma carte où voir les oiseaux dans les Dombes

Une journée printanière dans les Dombes

Samedi 1er avril. Temps assez maussade pour ce premier week-end d’avril. Mais ce n’est pas ces quelques goutes de pluie qu nous décourageront ! Direction le département de l’Ain pour découvrir la Dombes, vaste zone d’étangs (près de 1200 !) et de milieux agricoles. En cette période de migration, il serait bien possible de tomber sur de jolies surprises. Mais, parmi les innombrables routes qui sillonnent au milieu des étangs, pas facile de savoir par où commencer !

Un vrai labyrinthe et, qui plus est, mouvant : d’une année sur l’autre, les sites attractifs ne sont pas nécessairement les mêmes. L’étang propice à la reproduction des canards peut être un champ de maïs l’année suivante ! De même, au fil d’une saison, un étang peut s’avérer plus ou moins intéressant en fonction du niveau d’eau. Prenons donc la route et suivons notre chemin un peu au hasard des observations.

La Dombes
La Dombes
Autour de Versailleux

C’est par les étangs autour de Versailleux que débute cette virée. Le hasard fait bien les choses : sur les Feillets, parmi les nettes, les chipeaux et les milouins, un mâle de Fuligule nyroca s’éloigne tranquillement. Un peu à distance et peu de lumière, on aura seulement une photo « souvenir ».

Fuligule nyroca, étang dans la Dombes, avril 2017
Fuligule nyroca, étang dans la Dombes, avril 2017

Les observations de Fuligule nyroca sont en augmentation en Dombes. Des cas de reproduction étaient déjà occasionnellement notés pendant la première moitié du XX° siècle. Puis, après une période d’absence, l’espèce niche à nouveau et de façon régulière depuis le début des années 2000 (1 à 2 couples) sur les étangs de la Fondation P. Verots, gérés et protégés.  Le passage post-nuptial culmine entre novembre et décembre. A la fin du mois de janvier on atteint le pic de passage pré-nuptial qui peut se prolonger jusqu’à mi-avril. Les données d’estivage sont quant à elles irrégulières. (A. Bernard et P. Lebreton, Les oiseaux de la Dombes : une mise à jour. 2007 *).

A la recherche de la mésange des saules

La route traverse quelques bois humides où il est possible de contacter la Mésange boréale. Il ne s’agit pas de la même sous-espèce que celle que l’on observe dans les Alpes du Sud appelée Mésange alpestre, mais de la Mésange des saules. Une petite touche d’exotisme pour mon référentiel provençal. Malheureusement, elles ne se manifesteront pas, mais un Pic mar se montre un peu plus coopératif en poussant quelques cris avant de se percher quelques instants en évidence.

Forêt humide dans la Dombes
Forêt humide dans la Dombes
Le grèbe à cou noir

Chaque arrêt est l’occasion de faire de nouvelles observations. Grèbes huppés et à cou noir sont omniprésents.

Grèbe à cou noir, étang dans la Dombes, avril 2017
Grèbe à cou noir, étang dans la Dombes, avril 2017

Ce n’est qu’en 1909 qu’est noté le premier cas de reproduction du Grèbe à cou noir en Dombes. Depuis, les effectifs ont connu une nette augmentation, la population nicheuse étant estimée entre 200 et 250 couples en 2007 (*).

Vers midi nous avons droit à une rapide éclaircie qu malheureusement ne durera pas !

La Dombes
La Dombes
Les vasières

En cette période de migration, il est également intéressant de rechercher les étangs en cours d’assèchement, formant ainsi des vasières attirant les migrateurs en halte. De nombreux oiseaux s’activent sur l’étang du Grand marais. Au loin un groupe de 62 Combattants variés s’alimente et parmi les nombreuses Mouettes rieuses nous tombons sur une Mouette pygmée dont le passage en Dombes au printemps est régulier.

Vasières en Dombes
Vasières en Dombes
L’étang des Vavres

Sur l’étang des Vavres nous retrouvons un groupe de 93 Combattants variés ainsi que 6 Petits gravelots, 4 Barges à queue noire, 2 arlequins, 5 aboyeurs, 1 culblanc et notre premier Courlis corlieu de l’année au milieu d’un groupe de Courlis cendrés.

Groupe de Combattants variés, étang dans la Dombes, avril 2017
Groupe de Combattants variés, Etang des Vavres, Dombes, avril 2017

Parmi les migrateurs de passage, notons les observations assez régulières dans la journée de Sarcelles d’été.

Sarcelle d'été, étang dans la Dombes, avril 2017
Sarcelle d’été, étang dans la Dombes, avril 2017
La Dombes
La Dombes
La cigogne blanche, oiseau nicheur des Dombes

Le ciel s’assombrit et c’est sous la pluie que cette Cigogne blanche prendra la pause. La plupart d’entre elles sont d’ailleurs déjà au nid. Cela fait peu de temps que la Cigogne blanche niche en Dombes et le premier cas de reproduction avéré date de 1978. En 2006, la zone comptait 36 couples (*).

Cigogne blanche, Dombes avril 2017
Cigogne blanche, Dombes avril 2017

Ce n’est qu’en fin de journée que le soleil refera une timide apparition à travers les nuages, se reflétant sur les eaux calmes des marais. A refaire donc ! Mais sous le soleil si possible !

Un fuligule à bec cerclé

Samedi 8 avril 2017. Retour dans les Dombes cette fois-ci sous le soleil. Les passereaux migrateurs sont arrivés. Les chants des Fauvettes grisettes et babillardes retentissent dans les buissons. Malheureusement, de nombreux bassins sont à sec et les limicoles peu nombreux.

Prairies en Dombes
Prairies en Dombes
Cigogne blanche en Dombes
Cigogne blanche en Dombes

Direction l’étang de la Roncine où est signalé un Fuligule à bec cerclé depuis le 6 avril. En Dombes, les données de Fuligule à bec cerclé ne sont pas très fréquentes. Depuis 1989 A. Bernard et P. Lebreton ne relèvent que 9 mentions de l’espèce (Les oiseaux de la Dombes : une mise à jour). Il s’agit principalement de données hivernales et printanières, une seule concerne la période automnale, un individu ayant stationné du 6 au 8 novembre 1993 à Marlieux.

Mais depuis février 2002, aucune observation n’avait été notée. A notre arrivée sur le site, l’oiseau est toujours présent parmi les Fuligules morillons dont il se distingue par la forme triangulaire de sa tête, assez caractéristique. C’est la deuxième fois cette année que j’ai l’occasion d’observer cette espèce américaine ! (Le premier était sur des gravières près de Bordeaux en février). Nous avons de la chance car son stationnement ne durera pas longtemps et il ne sera plus revu les jours suivants.

Fuligule à bec cerclé, Dombes, avril 2017
Fuligule à bec cerclé à droite des Fuligules morillons, Dombes, avril 2017
Fuligule à bec cerclé en digiscopie, Dombes, avril 2017
Fuligule à bec cerclé en digiscopie, Dombes, avril 2017

Pas d’autre observation notable pour cette journée ensoleillée. Clôturons donc cet article sur cette petite image d’ambiance.

Champ de colza en Dombes
Champ de colza en Dombes

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