Enfin, après plusieurs week-end de vent, nous pouvons prendre la mer avec l’équipe de Découverte du vivant ! Les conditions sont idéales : une mer lisse, un soleil au beau fixe et des températures agréables. Les conditions d’observations sont parfaites ! La journée est prometteuse ! Les yeux fixés dans les jumelles, nous scrutons l’horizon à la recherche d’un souffle ou d’un aileron. De nombreux splatchs attirent l’attention des observateurs … des thons. La migration des thons bat son plein en cette fin du mois de septembre attirant également de très nombreux oiseaux profitant de la panique semée dans les petits poissons chassés par les thons et repoussés vers la surface. Attaqués depuis les profondeurs et les airs, il ne leur reste pas beaucoup de chance ! Des groupes de goélands et de sternes et des radeaux de puffins sont disséminés sur l’étendue marine, attendant qu’une pêche se déclenche. Il y a de la vie en mer aujourd’hui, c’est bon signe ! Le premier souffle est rapidement repéré, un Rorqual commun, la deuxième plus grande baleine au monde …

Ce premier individu semble également se livrer à une partie de pêche, ne cessant de tourner sur lui-même, il ne facilite pas la tache du pilote.




Après deux sondes, nous le laissons à ces occupations, et reprenons la route au milieu des oiseaux.


La chance nous sourit, nous repérons assez rapidement deux autres baleines, faisant route assez paisiblement. L’une des deux sonde de façon étrange en arquant particulièrement son dos.



Elles disparaissent près de 10 mn avant de refaire surface assez près du bateau pour nous permettre d’entendre leur souffle.


Elles sondent à nouveau et nous en profitons pour quitter la zone. Derrière nous, encore un souffle ! mais cette fois-ci il est moins haut, en buisson et sur le côté … pas de doute, il s’agit d’un cachalot ! Moins grand que le Rorqual commun, les mâles peuvent mesurer jusqu’à 16m, et même si sur les côtes provençales il est rare de voir des individus atteignant ces tailles, ils n’en restent pas moins impressionnants ! Malheureusement, nous apercevons sa queue avant d’arriver à sa hauteur : il a sondé, et nous devons patienter près de 50 mn pour le voir apparaître à nouveau. Mais l’avantage avec le cachalot, c’est qu’il ne ressort jamais très loin. Ces géants se nourrissent de calmars qu’ils pêchent en profondeur en plongeant « en canard » grâce au spermaceti, organe aidant la flottabilité. Avant la plongée, l’eau froide entre dans l’organe et la substance cireuse se solidifie. L’augmentation de la densité permet à l’animal de plonger avec moins d’effort. Au cours de la chasse, la consommation d’oxygène produit de la chaleur qui fait fondre le spermaceti, ce qui augmente la flottabilité et permet au cachalot de remonter à la surface plus facilement. Il ne nous reste plus qu’à attendre. Nous nous éloignons et tombons sur une nouvelle baleine. Au final, nous aurons observé 6 rorquals communs sur la journée ! Pas mal pour une fin de saison ! La mer est toujours belle ce qui nous permet d’observer deux Poissons lune dont un particulièrement imposant ainsi que les élégantes méduses surnommées “oeuf au plat” et répondant au nom scientifique de Cotylorhiza tuberculata.


L’heure tourne. Nous regagnons la zone où le cachalot avait sondé et scrutons la mer. 55 mn, souffle, le cachalot est ponctuel. Cette fois-ci, l’observation est de qualité. Il ventile en surface quelques minutes avant de retourner, majestueusement, vers les profondeurs.




Et c’est reparti pour une heure. Nous longeons le canyon de Cassis à la recherche des dauphins, mais, malgré les conditions, nous ne croisons que quelques groupes très discrets, des femelles et leurs jeunes, semblant peu intéressés par le bateau et continuant leur route.

Les oiseaux, en revanche, sont toujours aussi nombreux. Un petit groupe de sternes, 2 pierregarins et une caugek, se laissent tranquillement dériver sur un bois flotté abritant quelques daurades coryphènes.


Nous observons une dernière fois notre cachalot, semblant poser devant un ferry comme pour dénoncer les menaces de collisions engendrées par l’intensification du trafic maritime.



Notre dernière observation de sonde pour la journée …

