Voici un article présentant quelques critères pour identifier la nageoire caudale des cétacés, rédigé suite au post de cette photo un peu « piège ». La caudale (ou nageoire caudale) est l’un des critères les plus fiables pour identifier les cétacés en mer, notamment lors des observations brèves en surface. Sa forme générale, la présence ou non d’une encoche médiane, la courbure des bords, ainsi que les motifs ou la manière dont elle est exposée avant la plongée permettent souvent de distinguer les espèces. Voici les caractéristiques des principales espèces que vous souhaitez comparer.
La caudale du globicéphale noir
Le globicéphale noir possède une caudale plus petite et plus trapue que celle des grandes baleines. Les bords sont convexes, avec une encoche médiane peu prononcée. Elle est uniformément sombre, sans marques visibles. Cette espèce montre rarement sa caudale en entier, car elle effectue des plongées moins profondes. L’identification repose donc davantage sur la silhouette générale et le comportement que sur la caudale seule.
Il s’agit donc ici d’un Globicéphale noir, plus précisément d’un jeune, qui donne effectivement l’impression de se prendre pour un cachalot lors de la sonde. Certes, l’image est un peu trompeuse car elle ne permet pas d’évaluer la taille de l’animal. Pour donner une idée, on peut dire que cet individu faisait la taille d’un gros dauphin. Les adultes quant à eux peuvent mesurer jusqu’à 5m pour les femelles et 6,5m pour les mâles (de bons gros dauphins donc !)
Quelques critères permettent tout de même d’exclure le cachalot :
- La couleur : le globicéphale est totalement noir alors que le cachalot est plutôt brun
- La forme de la caudale assez effilée chez le globicéphale, un peu en forme de cœur chez le cachalot.
- Le bas du dos « bosselé » chez le cachalot
La caudale du cachalot
La caudale du cachalot est très distinctive. Large et massive, elle présente des bords irréguliers et une encoche médiane bien marquée. Sa surface est souvent rugueuse, avec des contours dentelés, parfois abîmés. Avant une plongée profonde, le cachalot relève presque systématiquement sa caudale hors de l’eau, offrant une observation idéale. Elle est généralement sombre, sans motifs blancs, mais sa forme unique la rend facilement reconnaissable.
Pour comparaison, une image de cachalot prise également au large du Cap Sicié à la fin de l’été 2016. On note nettement que la queue est bien plus large.
Voici un autre individu photographié en 2015 :
La caudale du rorqual commun
Pour rajouter un peu de complexité voici une autre image :
Il s’agit cette foi-ci d’un Rorqual commun. En Méditerranée, les rorquals communs ne sortent la caudale que de façon exceptionnelle comme l’individu photographié ci-dessus. La forme de la nageoire est très différente de celle du cachalot. De plus, comme chez les baleines à bosses, la nageoire du rorqual est bicolore : le dessus est sombre, et l’intérieur blanc.
Cette espèce montre rarement sa caudale avant de plonger, ce qui limite son intérêt pour l’identification.
La caudale de la baleine à bosse
La baleine à bosse possède la caudale la plus spectaculaire et la plus utile pour l’identification. Très large, avec des bords fortement dentelés et une encoche centrale marquée, elle présente surtout une face ventrale souvent blanche ou contrastée, avec des motifs noirs uniques à chaque individu. Cette caudale est presque toujours visible avant une plongée profonde, ce qui en fait un critère clé pour l’identification individuelle et spécifique. La coloration du dessous peut être blanche mais parfois entièrement noire.



Reconnaissance individuelle chez la Baleine à bosse et le Cachalot
Chez la baleine à bosse, l’identification individuelle repose principalement sur la face ventrale de la caudale, dont les motifs noirs et blancs, les cicatrices et les découpes du bord sont uniques et stables dans le temps. Cette véritable “empreinte naturelle” est largement utilisée dans les programmes de photo-identification à l’échelle mondiale, permettant de suivre les individus au fil des années et de retracer leurs migrations entre zones d’alimentation et de reproduction.
Le cachalot, lui aussi, peut être identifié individuellement grâce à sa caudale, bien que les critères soient différents. Sa nageoire caudale ne présente pas de motifs contrastés comme chez la baleine à bosse, mais elle possède souvent des bords très irréguliers, marqués par des entailles, des cicatrices ou des déformations propres à chaque individu. La forme générale de la caudale, en particulier le contour du bord postérieur et la profondeur de l’encoche centrale, constitue une signature distinctive. Comme le cachalot relève presque systématiquement sa caudale avant une plongée profonde, ces caractéristiques sont régulièrement observables et exploitables en photo-identification. Cette méthode est aujourd’hui largement utilisée pour étudier la structure sociale des groupes, la fidélité aux zones de vie et les déplacements des populations.
Critères d’identification de la caudale des cétacés
| Espèce | Taille de la caudale | Forme des bords | Encoche centrale | Motifs / coloration | Fréquence d’observation |
|---|---|---|---|---|---|
| Rorqual commun | Grande, fine | Légèrement concave | Peu marquée | Uniforme sombre | Rare |
| Cachalot | Très large, massive | Irréguliers, dentelés | Très marquée | Sombre, sans motifs | Très fréquente avant plongée |
| Globicéphale noir | Moyenne, trapue | Convexe | Peu marquée | Uniforme sombre | Rare |
| Baleine à bosse | Très large | Très dentelés | Marquée | Blanc/noir contrasté, unique | Très fréquente |
J’espère que ces quelques infos vous seront utiles, si vous avez des précisions à apporter ou des questions à poser, n’hésitez pas à les laisser en commentaire !
🔎 Pour en savoir plus, consultez mon article sur l’observation des cétacés au départ de Sanary






