Chaque printemps, nous assistons au retour des hirondelles, grandes migratrices trans-sahariennes, qui, l’hiver venu, rejoignent des contrées plus clémentes où elles trouveront les ressources nécessaires pour s’alimenter. Aussi, avons-nous coutume d’interpréter nos premières observations comme le signe annonciateur des beaux jours. Pourtant … une hirondelle ne fait pas le printemps. Cette expression apparaît dans l’Ethique à Nicomaque d’Aristote, au livre…
Dimanche 08 mars
C’est décidé, ce matin, ce sera plage. Non pas farniente mais seawatch. Bon, c’est vrai, le littoral méditerranéen n‘est pas réputé pour l’observation de la migration active d’oiseaux marins mais il y a bien quelques hivernants en cette fin d’hiver qui trainent de-ci de-là. Avec un peu de chance, il y aura peut être un début de plumage nuptial. Après 30 minutes de marche, nous trouvons notre petite dune où nous nous installons. La plage est quasiment déserte, seuls quelques telliniers en combinaison draguent les fonds sableux à la recherche du fameux mollusque. La mer est parfaitement calme et la vue porte loin. A peine installés, les premiers Grèbes huppés remontent de leur apnée à quelques dizaines de mètres devant nous. Ils ne sont là qu’une petite poignée mais un tour rapide sur l’horizon permet d’en distinguer plusieurs dizaines plus au large. Au milieu, des premiers Grèbes, c’est un Plongeon catmarin puis un deuxième qui fait son apparition. Ils enchainent les apnées mais malheureusement s’éloignent assez rapidement du bord de côte. Côté est, c’est un canard au profil particulier qui se laisse observer à contre-jour. Pas de doute c’est un Eider à duvet, un mâle immature à la recherche des mollusques enfouis dans le fond sableux.

Samedi 7 mars, Vers 16 heures, nous arrivons sur le nord de la Camargue le long des Marais de Remoules salués par le passage d’un petit groupe de Grues cendrés en migration active vers leurs territoires de nidification. Nous sommes début mars et la migration des grues bat son plein. L’heure avance, un Faucon crécerelle part en chasse.

Dans les marais, l’activité est aussi intense. Une centaine de Vanneaux huppés se sont associés à une centaine de Grands Gravelots pour se nourrir.
Enfin nous avons réussi à les voir ! Il faut dire qu’ils ont été coriaces cette année ces Pipits de Richard, échappant plusieurs fois à notre regard lors de nos dernières visites. Depuis plus de 20 ans, une poignée de ces nicheurs sibériens se retrouvent chaque hiver dans les près du Mas Chauvet. Dès la fin octobre et jusqu’au mois de…
Los Monegros s’étend sur plus de 100 00 ha entre les région de Huesca et Saragosse. Cette zone présente de vastes steppes accueillant des espèces à haute valeur patrimoniale : le Ganga cata, le Ganga unibande, le Sirli de Dupont, l’Alouette calandre, le Faucon crécerellette.
Les steppes de Los Monegros
Ce site peut être découpé en 3 entités :
- La zone qui s’étend dans le triangle entre Fraga, Alcolea de Cinca et Candasnos est bordé à l’est par le rio Cinca et des falaises fréquentées par les Hirondelles de rochers. Une fois sur le plateau, s’étend une vaste steppe saline sillonnée par de nombreuses pistes qui permettent d’accéder aux champs et aux zones de végétation originelle. Dans ces milieux, les Gangas catas et unibandes sont relativement communs. Il est également possible de contacter le Sirli de Dupont. Les meilleurs endroits pour observer se situent le long de la route montant à Ontinena ainsi que sur la portion permettant de rallier Ballobar.
- Les Steppes autour de La Almolda, Farlete et Osera sont également excellentes pour observer le sirli et les gangas et ce dans un cadre exceptionnel !
- Enfin, la zone qui s’étend au sud de Bujaraloz jusqu’à Caspe présente des lagunes et des steppes très intéressantes pour le birdwatching. On y retrouve les espèces précédemment citées mais également la Grande outarde. Il s’agit également d’un site de halte migratoire pour le Pluvier guignard, aussi bien au printemps qu’à l’automne.
Mon carnet de voyage
25 février. Après avoir quitté la Catalogne, nous passons notre après-midi dans les steppes arides de l’Aragon. Malheureusement, le vent s’est à nouveau renforcé et l’observation peu aisée. Autant dire que pour repérer les sirlis, c’est perdu d’avance. Mais la beauté des paysages nous fait vite oublier ces aléas et nous profitons pleinement de notre balade au nord de Bujaraloz.
