Balades naturalistes dans la péninsule ibérique. L’Espagne est double. Il y a l’Espagne des villes riches, des stations balnéaires et des soirées festives. Mais l’Espagne est aussi une terre sauvage aux espèces emblématiques. C’est cette Espagne que je vous invite à découvrir
Comme presque chaque année, nous profitons du week-end prolongé de Pâques pour nous rendre aux Aiguamolls, réserve naturelle catalane propice à l’observation des oiseaux migrateurs.
Samedi 26 mars. Il est encore tôt en saison et, au petit matin, le froid encore vif. L’hiver a été assez sec et les prairies accueillant d’habitude de nombreux limicoles sont moins attractives. Tandis que le soleil se lève et réchauffe l’atmosphère, les oiseaux s’activent. Ici un Rouge-gorge, là une Fauvette à tête noire.
Après avoir passé une semaine en Hongrie et avoir vécu de nombreuses péripéties dans les aéroports, un incendie s’étant déclaré dans celui de Rome … nous voilà à nouveau sur le route, cette fois-ci direction l’Espagne !
Les étangs de Villaüt
Arrivés en fin de matinée en Espagne en ce vendredi 08 mai, nous empruntons une petite route qui longe le massif des Albères. Malgré les heures chaudes, les oiseaux sont encore actifs. Un superbe mâle de Loriot chante depuis un arbre sec et se laisse observer, chose assez rare pour cette espèce au comportement si discret. La Pie-grièche à tête rousse, elle, fidèle à ses habitudes, reste perchée en évidence en haut d’un buisson. Une tache alaire blanche est nettement visible, il ne s’agit donc pas d’une badius. Les lézards ocellés sont aussi de sortie et semblent attirés par la route. Un gît écrasé tandis qu’un deuxième échappe de justesse à la mort en passant sous une voiture. Les Hypolais polyglottes sont bien arrivés et de nombreux chanteurs se font entendre le long de la route. Nous prenons le temps de nous arrêter le long d’un cours d’eau, ce qui nous permet de profiter du vol coloré d’une petite troupe de guêpiers tandis que sur les rochers près de la rivière, les Emydes lépreuses sont de sortie.
Et voilà le compte-rendu de notre dernière journée aux Aiguamolls. Lundi 06 avril : Cette dernière journée de notre week-end espagnol est consacrée pour partie au Cap de Creus, avec pour objectif photo deux espèces : la Fauvette à lunettes et le Lézard ocellé. Le vent qui devait tomber pour devenir négligeable souffle encore assez fort et le fond de l’air n’est pas si chaud que ça ! Au petit matin, avant le lever du jour, le thermomètre affiche à peine 4°C. Bref, ce ne seront pas les meilleures conditions pour observer des beaux ocellés ! En attendant que l’atmosphère se réchauffe, et dès les premiers rayons de soleil, nous sommes en place sur un secteur favorable aux Fauvettes à lunettes.
Continuons notre compte-rendu du week-end pascal aux Aiguamolls : Dimanche 05 avril. Nous décidons de commencer cette deuxième journée par un tour sur la plage. A cette époque de l’année, lorsque le vent est favorable, les arrivées de migrateurs au petit matin peuvent être impressionnantes. En cours de chemin, nous faisons un bref arrêt sur l’observatoire del Bruel, celui à partir duquel l’on peut voir le Cormoran pygmée. Pas de pygmée ce matin, seulement le dortoir de Grands cormorans qu’ils partagent avec plus de 80 Ibis falcinelles. C’est la première année que l’on atteint de tels effectifs sur les Aiguamolls ! Cette espèce autrefois rare, est en pleine expansion et elle est devenue, pour notre plus grand plaisir, quasiment classique en moins de 5 ans. Le long des buissons menant à la plage, les Pouillots fitis sont encore bien présents, signe que l’on est en plein pic de passage pour ce petit passereau. Sur la plage, la tour d’observation est bien là mais le vent du nord souffle trop fort. Nous nous contentons de rester sur la terre ferme pour observer les oiseaux qui, repoussés par le vent, croisent au large.