Cela fait des année que je me dis qu’il faut absolument que j’aille en Ligure observer les baleines dans le golfe de Gênes. Mais pourquoi aller jusqu’à Gênes pour observer les baleines ? Allez-vous me demander, alors que je fais régulièrement des sorties depuis Sanary et qu’on y observe les mêmes espèces ? Est-ce juste pour dire que j’ai vu des dauphins en Italie ? Et bien non, figurez-vous qu’il y a un vrai intérêt d’aller jusqu’à Gêne pour faire une sortie en mer. Bon je ne vais pas faire durer le suspens tout jusqu’au bout de ce post. Le golfe de Gênes est l’un des meilleurs spots pour observer un cétacé rare et très discret : la baleine à bec de Cuvier, ziphius pour les intimes. Je vous explique tout ça.

Visiter Gênes en Deux jours : les incontournables

Aller voir les dauphins depuis Gênes, mais quelle idée ?! Aller visiter cette ville haut-lieu du commerce italien, active et chargée d’histoire, ça oui ! Capitale de Ligurie, le port de Gênes a joué un rôle central dans le commerce maritime pendant des siècles. Cela vaut vraiment le coup si vous êtes de passage ici de visiter la ville et de prendre le temps de flâner sur le port en dégustant les spécialités locales. Particulièrement active, on ne peut que tomber sous son charme ! Une partie importante de la ville est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Genes

En revanche, en voiture, c’est vite l’enfer. On peut certes trouver de nombreux parkings payants le long du port antique, mais cela ne veut pas dire que vous trouverez une place ! J’ai attendu près d’une heure pour accéder à l’entrée du parking dans lequel les voitures entraient au fur et à mesure que d’autres en sortaient. De même lors du départ, la sortie de Gênes a été très longue. Prévoyez donc d’arriver bien à l’avance pour trouver une place.

Mon parcours dans Gênes

En juin, je retourne à Gênes en mode Girls trip avec pour but de faire des sorties en mer. Les excursions ayant lieu l’après-midi, nous avons eu tout loisir de visiter la ville sur deux matinées et en soirée. Cela nous a semblé suffisant pour avoir une belle idée de Gênes. Logées au centre-ville dans un airbnb situé dans un palais du centre-ville, on ne pouvait rêver mieux ! Nous avons ainsi pu tout faire à pieds.

Commençons notre virée dans Gênes par la célèbre rue Garibaldi et ses palais aux entrées remarquables. Nous marchons jusqu’à la place Ferrari réputée pour sa fontaine entourée par des impressionnants bâtiments administratifs. De la place, descendez jusqu’à l’ancienne maison de Christophe Colomb pour remonter jusqu’à la Cathédrale.

En fin d’après-midi, direction le port et un peut tour dans l’ascenseur Bigo qui du haut de ses 40m donne une super vue sur la ville. Ne ratez pas non plus le bateau pirate près de l’aquarium.

Un tour sur les hauteurs en funiculaire

Le lendemain matin, direction le funiculaire. Où s’arrêter avec le funiculaire de Gênes ?

Etape 1 : Au départ de Zecca, je vous conseille d’aller jusqu’au terminus Righi. D’ici vous pouvez accéder au belvédère et admirer la vue sur les collines et leurs forts au nord de la ville.

Etape 2 : Redescendez par le funiculaire jusqu’à l’arrêt Madonnetta. Vous trouverez une église abritant une crèche. Mais les horaires ne sont pas clairs et elle était fermée à notre passage.

Etape 3 : Reprenez le funiculaire et arrêtez-vous à Carbonara. Direction le point de vue incontournable de Castelletto. D’ici, vous pouvez prendre un ascenseur pour rejoindre le centre-ville. Un beau tour sur les hauteurs de Gênes !

Tarif du funiculaire : 2€ pour 110mn

Gênes côté culinaire

Que manger à Gênes ? Ne ratez pas la spécialité locale : le pesto. Vous pouvez le tester dans les pâtes mais aussi dans la foccacia. Et qui dit Italie dit aussi glace. Vous trouverez dans le centre de nombreuses gelateria artisanales. J’ai testé la cremaria delle Erbe. Excellente !

Le golfe de Gênes : hotspot pour le whalewatching
Pourquoi le Golfe de Gênes est favorable aux cétacés ?

Le port de Gênes est aussi un point de départ intéressant pour l’observation des mammifères marins. Il est situé juste en face du Sanctuaire Pélagos, ce vaste triangle partagé entre la France et l’Italie et qui désigne une zone d’intérêt majeur pour les cétacés. Le golfe de Gênes est lui-même particulièrement propice pour l’observation. En effet, les deux rivières Bisagno et Polcevera qui se jettent dans la mer de Ligure ont creusé le canyon sous-marin le plus profond de Méditerranée. Il atteint 2400 mètres de profondeur, formant ainsi un milieu particulièrement propice pour les cétacés.

Quelles espèces peut-on observer dans le Golfe de Gênes ?

On peut ainsi rencontrer dans cette zone les les dauphins bleus et blancs, cachalots, dauphins de Risso mais aussi la rare et discrète baleine à bec de Cuvier. Les eaux calmes du golfe sont favorables à l’observation de ce cétacé dont la densité semble plus élevée ici. Pour en savoir consultez mon article les espèces du sanctuaire Pélagos.

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Dauphin de Risso
La baleine à bec de Cuvier : le fantôme de Méditerranée

La baleine à bec de Cuvier porte bien mal son nom. En effet, ce n’est pas une baleine mais un gros dauphin ! Les cétacés sont partagés en deux grands groupes : les cétacés à dents, appelés les odontocètes, et les cétacés à fanons appelés les mysticètes, les “vraies” baleines. La baleine à bec de Cuvier ne possède certes que deux dents à l’extrémité de sa mâchoire inférieure, mais cela reste des dents !

Seul représentant du genre, le ziphius est la baleine à bec la plus répandue dans le monde mais est très difficile à observer. Championne du monde en apnée, elle est le mammifère pouvant plonger le plus longtemps avec un record de 3h42 ! Dingue. Autant dire qu’il faut de la chance pour tomber dessus et aussi de très bonnes conditions d’observation. Lorsqu’elle reprend son souffle, elle affleure à peine. Elle peut pourtant mesurer 6 mètres pour un poids variant entre 2 à 3 tonnes.

A l’heure où j’écris cet article, ce fantôme de Méditerranée m’échappe toujours … Mais je n’ai pas dit mon dernier mot !

Choisir son opérateur au Golfe de Gênes

Voici deux opérateurs qui partent du porto antico de Gênes, juste en face de l’aquarium. Mais pour ma part, c’est en pleine mer que je préfère observer les animaux et les faire découvrir à mon petit gars que j’ai embarqué lors de ma première visite à Gênes.

Conseils pratiques
Durée des sorties : environ 4h30
Prix : 40€
Horaires : variables en fonction des prestataires
Réservation à l’avance
Apporter lors d’une sortie en mer
: chapeau, crème solaire, coupe-vent, lunettes de soleil, jumelles, appareil photo

Les sorties durent environ 4h30. Je suis partie avec Golfo Paradisio. L’approche des animaux était respectueuse et l’équipe prenait le temps de chercher et d’expliquer la biologie des espèces rencontrées, y compris les oiseaux et autres animaux. Je recommande.

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Sortie du 7 avril 2024

Le départ de la sortie était programmée le dimanche en début d’après-midi. C’était parfait pour faire une halte sur le retour des Cinque Terre. Mais nous ne pensions pas que ce serait si compliqué de se garer et nous arrivons tout juste pour embarquer avec Golfo paradisio depuis le porto Antico. Nous voilà partis et nous nous éloignons de la côte industrialisée et urbanisée, mais non sans charme, du golfe de Gênes. Nous longeons d’impressionnants porte-conteneurs à en donner le vertige. Enfin, nous voilà voguant sur les eaux calmes du golfe. S’il y a des cétacés, nous devrions les voir !

Un arrivage de vélelles

Le printemps est la période propice aux vélelles, ces animaux marins qui ressemblent aux méduses. Mais contrairement à ces dernières, elle n’est pas urticante. Elles peuvent former d’importants radeaux qui finissent par s’échouer sur les plages. Ces lignes sombres sont-elles de la pollution ? et non des vélelles !

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Ces concentrations sont une aubaine pour les animaux marins. Les poissons-lunes par exemple, raffolent de ces organismes qu’ils viennent gober en surface. Nous en observons de nombreux lors de notre sortie pour la plus grande joie de Manua qui les voient pour la première fois !

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Mais les poissons ne sont pas les seuls à profiter du festin. Les eaux clames nous permettent de détecter la présence d’une tortue caouanne. Et oui, on peut aussi observer des tortues marines dans les eaux de Gênes.

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Les dauphins bleu et blanc

Il nous faut patienter pour finalement tomber sur un groupe de dauphins. Il s’agit de dauphins bleus et blancs, l’espèce la plus commune du sanctuaire Pélagos. Le groupe, discret au départ, commence à s’agiter autour du bateau. Quelques individus se mettent à effectuer de jolis sauts sous les yeux émerveillés des passagers.

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Ils profitent de la vague arrière pour faire le spectacle, les “fous fous” comme dit Manua. C’est plus sympa de les voir s’amuser là que dans un aquarium non ?

C’est bien sympa tout ça mais bon … on n’est pas venu là pour voir du dauphin bleu blanc ! On quitte le groupe, nous sommes déjà loin du port, et nous faisons demi-tour. Je ne cesse de scruter l’horizon en espérant apercevoir un souffle, un petit aileron, qui signalerait la présence d’un ziphius … Mais non, à perte de vue des dauphins, qui discrets en début d’après-midi, semblent surgir maintenant de partout. Même si je suis habituée à observer cette espèce, c’est aussi agréable de changer de cadre et d’apercevoir derrière les sauts des cétacés la neige et les sommets alpins.

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Nous arrivons à l’entrée du port où une baleine à bec a été signalée. L’équipe se montre très professionnelle et prend le temps de chercher l’animal, dépassant même l’horaire. Mais nous n’aurons pas la chance de le voir réapparaître. Nous nous contenterons d’un macareux moine !

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Il y a des espèces comme ça qui nous échappent ! et heureusement ! la nature garde ses mystères et ses fantômes !

Sortie en mer vendredi 28 juin

J’étais un peu restée sur ma faim en avril. Du coup, me voilà de retour fin juin. Cette année, la météo est vraiment particulière et l’été semble avoir du mal à s’installer. Le temps alterne entre journées de vent et pluie. Par chance, nous avons une belle fenêtre météo et aujourd’hui le golfe s’étend devant nous comme un miroir.

Les richesses du Golfe de Gênes

Ces conditions d’observation optimales nous facilitent la tâche. Nous pouvons détecter sur de longues distances les moindres remous, la moindre vaguelette, le moindre aileron. Nous croisons ainsi la route de nombreux animaux pélagiques. Commençons par les oiseaux : plusieurs macareux moines, un fou de Bassan, des goélands leucophées et des puffins de Scopoli. Il n’est en effet pas rare d’observer des macareux sur nos côtes méditerranéennes. Il s’agit souvent d’immatures ou d’individus ayant échoué la reproduction. Plusieurs tortues caouannes signalent leur présence par leur carapace bombée et les brillances sous le soleil. Autre rencontre mémorable : celle d’un diable de mer, cette raie endémique de Méditerranée, cousine de la raie mata. Curieuse, elle s’approche tranquillement du bateau et se laisse dériver paisiblement survolant les profonds canyons du golfe.

Le festival des dauphins

Nous croisons enfin nos premiers cétacés. Il s’agit d’un groupe de dauphins bleu et blanc. Il s’agit de l’espèce la plus classique ici aussi. Tout comme sur nos côtes varoises, le dauphin commun n’est pas commun ! Ils s’activent à notre passage profitant des vagues créées par le navire pour s’amuser. C’est l’occasion de faire une série de photos. On ne se lasse pas de les voir ainsi bondir !

Enfin des baleines à bec !

Alors que nous observons le passage de la raie, j’aperçois sur l’horizon plusieurs dos s’arquer et disparaître. L’équipe prend leur direction et suspecte des baleines à bec de Cuvier. N’ayant encore jamais observé cette espèce, je ne me prononce pas. Mais il est clair que cela ne ressemblait pas au rorqual commun … Le problème avec cette espèce, c’est qu’il est très difficile de les détecter : souffle pratiquement inexistant, des ailerons peu marqués, peu de temps de respiration en surface et de longues apnées. Visiblement dans la zone elles sont soit courtes, environ 20 mn, soit longues et c’est parti pou 45mn. Impossible de savoir à l’avance. Nous finissons par arriver sur zone mais les cétacés ont disparu. Il ne reste plus qu’à patienter 20 mn … mais rien.

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Nous continuons la route pour observer les dauphins pour patienter et retourner sur zone. Il finissent par refaire surface au loin, et cette fois-ci ce sera la bonne et nous arrivons à nous mettre en parallèle. Il s’agit d’un groupe de 6 individus ! dont un vieux mâle identifié par l’équipe grâce à un programme de photo-identification. Les marques que l’on peut observer sur leur corps sont le résultats des interactions et des traces laissées par les deux dents portées par les mâles. Ils peuvent finir par être tout blanc comme les dauphins de Risso.

Je n’oublierai jamais ma première observation de baleine à bec !

Erreur de débutante !! A force de prendre des images toute l’après-midi, j’arrive au bout de ma carte mémoire juste au moment où l’une des baleine à bec saute à côté du bateau. Ce n’est pas un mais deux sauts qui provoquent les “hooo” et “haaaa” sur le bateau et un “arghhh !” du mien ! Un peu déçue de mon résultat photographique mais très heureuse de cette première observation mémorable de cette espèce mythique. Nous rentrons au port, on peut le dire, cette sortie était réussie.

Sortie en mer samedi 29 juin

Le lendemain, nous remettons ça. Nous voulions optimiser nos chances et avions réservé deux excursions avec deux compagnies différentes. Elles n’opèrent en effet pas le même jour. Mais aujourd’hui la météo semble tourner et c’est sous un ciel gris que nous quittons le port. Le calme avant la tempête ! Tout semble calme … un peu trop calme … pas d’oiseau, pas de dauphin. Nous traçons vers le large sans croiser un signe de vie. Mais où se sont-ils tous cachés ?

Nouveaux ziphius en vue !

Nous finissons par apercevoir le dos d’un ziphius. Ils sont effectivement bien nombreux dans la zone. Nous arrivons à le rejoindre. Cette fois-ci il s’agit d’un immature. Il finit par sonder et nous reprenons notre route. Nous ne tardons pas à apercevoir un second individu. Nouvelle observation bien sympa mais ces animaux ne restent vraiment pas longtemps en surface ! Nous revenons vers le premier individu qui cette fois-ci se montre très curieux et vient longer le bateau en prenant plusieurs fois son souffle. Une obs vraiment agréable et paisible !

Des dauphins pour la route

Le vent finit par forcir et la mer à se former. C’est terminé pour l’observation des ziphius. Nous croisons quelques dauphins qui accompagnent gaiement le navire remontant vers la côte.

Je réponds à vos questions ?

Si vous avez des questions sur comment organiser votre sortie d’observation des baleines et dauphins à Gênes, laissez-moi un petit commentaire, je me ferai un plaisir de vous répondre !

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